Hollande à Florange : “J'ai tenu mes engagements“. ”Faux”, disent CGT et FO

Lundi 24 novembre 2014, des syndicalistes de FO tractent devant les Grands Bureaux d'ArcelorMittal à Florange. / © France 3 Lorraine
Lundi 24 novembre 2014, des syndicalistes de FO tractent devant les Grands Bureaux d'ArcelorMittal à Florange. / © France 3 Lorraine

François Hollande qui se rendait en fin de matinée lundi 24 novembre 2014 aux grands bureaux d'ArcelorMittal à Florange (Moselle) pour y rencontrer direction et syndicats, a évité lundi les manifestants de FO et de la CGT qui l'attendaient à la porte principale.

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

Lors de la précédente visite du président à Florange en septembre 2013, le convoi présidentiel était entré sur le site par l'entrée principale, sous les huées de manifestants. Mais ce lundi 24 novembre 2014, le président est entré par une autre porte.

Il a ainsi évité la petite centaine de personnes, dont une trentaine de syndicalistes CGT, qui l'attendaient face à l'entrée des Grands Bureaux.

"Passer par la petite porte, c'est un manque de respect. Ne pas faire face à une centaine de salariés et une trentaine de syndicalistes, ça résume bien l'état d'esprit." Lionel Burriello, de la CGT Florange.


Lionel Buriello (CGT) : "Il y a de véritables problèmes à Florange"

Les manifestants brandissaient quelques drapeaux CGT, ainsi que des pancartes proclamant: "La décomposition des promesses du parti socialiste, c'est le terreau du FN" et "Sarkozy hier, Hollande aujourd'hui se prosternent devant les patrons".

A quelque 500 mètres à vol d'oiseau des grands bureaux d'ArcelorMittal, des agriculteurs en colère ont répandu du fumier sur une dizaine de mètres sur une route, bloquée par une trentaine de CRS.
Une épaisse fumée grise se dégageait d'un feu de pneus placé au milieu du fumier et se propageait dans le ciel de Florange.

Troisième visite en 3 ans

Pour la troisième fois en trois ans, François Hollande s'est rendu dans ce haut-lieu de la sidérurgie marqué par l'extinction de ses hauts-fourneaux en avril 2013, mais dont le chef de l'Etat promet d'assurer l'"avenir industriel".

Pour Lionel Burriello, la fermeture des hauts-fourneaux "a entraîné un génocide social dans la vallée" de la Fensch. "Et au-delà de ça, de ces politiques dramatiques, la commune d'Hayange ou sont situés les hauts-fourneaux a viré Front national. En tant qu'enfants d'immigrés, c'est affligeant d'en arriver là".

Selon lui, "Hollande et son gouvernement sont coresponsables de la montée du FN, en tout cas dans notre vallée".

Pour le délégué CGT, "ça fait 3 ans que ce dossier est uniquement géré sur le plan de la communication. Ils essaient de trouver à tout prix une porte de sortie : un centre de recherche, 30 CDI... Ce n'est plus seulement une trahison mais un manque de respect vis-à-vis du monde ouvrier, des salariés de Florange".
Seule la CGT avait appelé à manifester contre la venue de M. Hollande. FO avait appelé ses adhérents "à l'indifférence". Les autres syndicats d'ArcelorMittal n'avaient pas donné de consigne particulière.
Le président y a rencontré la direction, des représentants du personnel et une poignée d'anciens salariés des hauts-fourneaux reclassés au sein du groupe ArcelorMittal.


 

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