A Nanterre, la justice déboute les associations écologistes sur le potentiel géothermique de Bure

© France 3 Limousin
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Les juges ont estimé que seul l'Etat était légitime pour mettre en cause les décisions de l'Andra, agence de l'Etat.

Par Lionel Gonzalez

Dans un communiqué commun du Réseau "Sortir du nucléaire" et des associations ASODEDRA, BureStop55, CEDRA, Les Habitants Vigilants du canton de Gondrecourt-le-Château et MIRABEL - Lorraine Nature Environnement en date du 26 mars 2015 les associations demandaient à l'État d'invalider le périmètre d'implantation de Cigéo.

Ce communiqué indique que "pour pouvoir implanter Cigéo, ce centre d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux, l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a occulté un important potentiel géothermique présent dans le sous-sol. Ce faisant, elle a « oublié » de se mettre en conformité avec les critères de sûreté."

Ce jeudi 26 mars, le Tribunal de grande instance de Nanterre a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra dans sa mission d'information, en déclarant que les associations n'avaient pas d'intérêt à agir. Les associations Réseau "Sortir du nucléaire", Bure Stop 55, le CEDRA, l’ASODEDRA, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et MIRABEL Lorraine Nature Environnement, à l’origine du recours contre l’Andra, refusent de s’en tenir là.

Toujours selon ce communiqué commun : "Le périmètre d’implantation de Cigéo ayant été déterminé sur des bases erronées qui niaient la ressource géothermique, elles demandent à l’État l’abandon du projet.
Ces déchets radioactifs resteront dangereux pour des centaines de milliers d’années. Pour déterminer un lieu destiné à leur enfouissement, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en place des critères officiels : entre autres, ne pas enfouir de déchets à l’aplomb d’une ressource géothermique présentant un intérêt particulier. Une fois le site construit, l’ASN reconnaît le risque d’une perte de mémoire de celui-ci, qu’elle situe « raisonnablement au-delà de 500 ans ». Si la ressource géothermique venait à être exploitée dans plusieurs siècles, les conséquences de la perforation des alvéoles de stockage et, de ce fait, des conteneurs de déchets seraient gravissimes pour la santé et la sécurité des populations."

Les associations envisagent de faire appel.


Pour mémoire, en 2010, la « Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie » (ZIRA), cette zone choisie pour implanter le centre d’enfouissement Cigéo, avait été validée par l’État sur la base d’un avis rendu par l’IRSN en 2009. Cet avis se fondait lui-même sur les résultats présentés par l’Andra qui niaient la ressource géothermique de Bure, concluant donc que « le forage traversant le Trias réalisé au centre de la zone permettait de confirmer l’absence de potentiel géothermique exploitable à son aplomb ». Depuis, suite au travail mené par les associations, de nouveaux rapports et expertises sont venus contredire cet avis. En 2013, l’IRSN lui-même est revenu sur ses affirmations en admettant que « la formation argilo-gréseuse du Trias inférieur présente donc un potentiel géothermique » et reconnaissant la possibilité de son exploitation.

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