Bas-Rhin. Les pompiers alsaciens engagés en Gironde sont de retour : "fatigués, très fatigués mais satisfaits du travail accompli"

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Écrit par Cécile Poure .

Ils étaient partis le 15 juillet dernier épauler leurs collègues de Gironde : 18 pompiers bas-rhinois sont revenus ce matin de l'enfer landais. Affectés à la protection du secteur de Landiras, ils reviennent fatigués, très fatigués mais heureux d'avoir accompli leur mission.

Ils ont les traits tirés mais le sourire de ceux qui ont fait le job. Las et serein. Ils viennent de faire ce samedi 23 juillet 12h de route et une semaine d'intenses efforts. Huit jours durant ces 18 pompiers bas-rhinois ont lutté toutes les nuits contre le feu dans le secteur de Landiras (Gironde). Comme une soixantaine d'autres pompiers du Grand Est engagés dans la colonne Alpha.

Alors, ce matin, à la caserne de Wolfisheim, le gris des cendres fait place aux arcs-en-ciel. Et les gestes techniques aux serre-mains. A chacun sa manière de saluer ses héros.

Le commandant Hervé Claudon (SDIS 67) raconte devant un auditoire captivé cette expérience technique et humaine rare dans une carrière. "Je ne vous cache pas que nous sommes fatigués, très fatigués même mais satisfaits du travail accompli. Pas de blessé, quelques intoxiqués sans gravité, pas de casse matérielle non plus. Nous nous en sommes bien sortis."

Nous avons travaillé entre douze et quatorze heures par jour, essentiellement la nuit où on ne peut pas se permettre de laisser filer le feu.

Hervé Claudon, Sdis 67

La mission était pourtant périlleuse. "Nous avons travaillé entre douze et quatorze heures par jour, essentiellement la nuit où on ne peut pas se permettre de laisser filer le feu. Des vacations de 16h à 7h du matin, un cycle particulièrement délicat en termes de sommeil."

Affectés dans le secteur de Landiras les hommes de la colonne Alpha devaient créer des lignes d'appui pour barrer le feu et protéger les habitations. "L'intensité du feu était assez importante. D'une telle ampleur avec une surface de 20 hectares j'en avais jamais vu encore."

Solidarité

Hervé Claudon n'est pas facilement impressionnable, pourtant là-bas, au milieu du brasier, son cœur a fondu.  "Il y a eu à notre égard un élan de solidarité de la population incroyable. Les gens nous donnaient de l'eau, des fruits, nous ont applaudis, encouragés. Ca a été exceptionnel humainement parlant."

Il y a eu à notre égard un élan de solidarité de la population incroyable. Les gens nous donnaient de l'eau, des fruits, nous ont applaudis, encouragés. Ca a été exceptionnel humainement parlant.

Hervé Claudon / SDIS 67

Voilà les images que le commandant gardera en tête, la reconnaissance de la population et "plus technique la ligne d'appui que nous avons réalisée pour tenir la pinède de jeunes pins. On était avec la Charente maritime, nos personnels ont été exceptionnels. On a enrayé la propagation du feu et sauvé des centaines d'hectares de pins. "

La mission de Hervé Claudon n'est pas encore tout à fait terminée. Il faut désormais nettoyer les véhicules afin qu'ils soient opérationnels en cas d'urgence. Celle de quatorze autres pompiers du Bas-Rhin vient, elle, tout juste de commencer. Partis hier pour l Sud Ouest relayer leurs collègues. "Le feu est contenu mais pas fixé. la situation est plutôt favorable mais il faut rester vigilants"

Ainsi les effectifs départementaux n'ont jamais été aussi bas. L'année est exceptionnelle à maints égards et la solidarité nationale tourne à plein régime. "A la demande de l'Etat on peut projeter des hommes et du matériel pour la solidarité nationale, c'est un engagement en cas de crise. Dans les 4 à 6h heures quand on a le demande, les gens doivent être partis" explique Colonel Bruno Cesca, directeur adjoint SDIS 67.

"C'est une année particulière : par les feux de forêt d'une ampleur exceptionnelle, jamais connue en France et par les évènements climatiques classiques mais violents comme les orages avec la grêle comme demain dans le Doubs où partent certains de nos hommes. Nous avons beaucoup de moyens engagés en dehors du département certes mais le jour où nous aurons besoin de nos collègues ils seront là." 

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