Des lanternes et des contes de Noël aux Ateliers de la Seigneurie d'Andlau

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Rund Um. La lumière et les belles histoires sont deux éléments intimement liés à Noël. C'est pourquoi le centre d'interprétation du patrimoine d'Andlau, les Ateliers de la Seigneurie, a proposé un après-midi de fabrication de lanternes suivi d'une veillée avec le conteur Gérard Leser.

Les Ateliers de la Seigneurie d'Andlau, c'est un musée pas comme les autres. Sept cents mètres carrés de parcours interactif et ludique pour tout apprendre sur le patrimoine régional alsacien : la structure des maisons à colombages, la construction des châteaux forts, les métiers artisanaux traditionnels, les religions présentes en Alsace, et plein d'autres choses.

Il y a aussi des expositions temporaires, des ateliers participatifs et des temps particuliers à vivre en famille. C'était le cas mercredi 8 décembre, où parents et enfants ont pu fabriquer des lanternes. Pour, ensuite, se rendre en cortège à la salle où les attendait le narrateur Gérard Leser, pour les plonger dans l'ambiance des veillées d'antan.

Des lanternes à colorier, découper et coller

Les crayons et les feutres virevoltent, grands et petits s'appliquent. Dans l'une des salles des Ateliers de la Seigneurie, une dizaine d'enfants et leurs parents colorient un dessin imprimé sur du papier calque. "On doit tout colorier, et ensuite on colle et on assemble tout" explique Thibault, 9 ans. Son frère Gabin, 10 ans, reconnaît que "le plus compliqué, c'est de ne pas dépasser, et bien découper."

A côté d'eux, leur maman orne son œuvre de petits cœurs. "Rouges, parce que c'est en lien avec Noël" précise-t-elle, tout aussi joyeuse et concentrée que ses fils. Elle ajoute : "J'aime faire des activités avec les enfants. D'autres font des bredele, et nous, nous bricolons ensemble pour préparer Noël."

A la table voisine, un papa aide ses enfants à plier le dessin achevé, en marquant bien les coins. Et Anna, 9 ans, s'efforce de bien "coller les languettes" en y superposant un carré de papier blanc pour le fond.

Marilou, 3 ans et demi, et son frère Samuel, 5 ans et demi, eux, viennent de terminer leur bricolage. Ne reste plus qu'à ajouter une baguette et une bougie – led, pour ne pas risquer de mettre le feu.

Joliment illuminées de l'intérieur, les lanternes ressemblent à de petites maisons avec des tourelles. Et à y regarder de plus près, leur tracé correspond à la silhouette du splendide bâtiment Renaissance qui abrite les Ateliers de la Seigneurie.

 Toucher et expérimenter pour mieux apprendre

D'autres familles arrivent dans la salle, et celles qui ont terminé partent faire un tour au centre d'interprétation. L'équipe des médiateurs y propose régulièrement des visites guidées. Mais les familles peuvent aussi déambuler seules, à leur rythme. Car tout récemment, le parcours a été agrémenté de nouveaux jeux et de nombreuses manipulations qui permettent de s'informer tout en s'amusant.

Léa, 7 ans et demi, découvre le lieu et ses merveilles avec son petit frère et sa grand-mère. Elle aime particulièrement le jeu qui consiste à reproduire les marques des tâcherons. Elle explique : "C'est des signatures des personnes qui font les murs, et tout. Donc ils signent dans la pierre."

"Ce qu'on apprend ici donne les clés pour comprendre les bâtiments et le patrimoine de toute l'Alsace" précise Franck Burckel, le directeur des Ateliers de la Seigneurie. A titre d'exemple, il montre un beau puzzle en bois, en 3D, "la reproduction d'une poterie, du style de celles que les archéologues trouvent dans les latrines" raconte-t-il. "Nous l'avons faite en bois, c'est plus agréable au toucher, pour les enfants. Chaque morceau est équipé d'un aimant. Et comme des archéologues, les enfants doivent tenter de reconstituer la poterie."

A l'étage, une belle maquette en bois du château du Haut-Andlau peut être démontée et remontée, afin de bien visualiser les différentes étapes de construction de ce château médiéval. Mais ce genre de manipulations est réservé aux médiateurs des Ateliers. En revanche, les enfants - et les adultes - peuvent faire un puzzle qui permet de déterminer l'ordre d'intervention des artisans qui ont œuvré pour créer la forteresse.

Entretemps, les dernières lanternes sont terminées, et la nuit est tombée. Les familles se retrouvent dans la cour, et font, en procession, le tour du pâté de maison avant de retrouver le conteur Gérard Leser.

Les histoires sont liées à Noël

Les enfants s'installent par terre, les parents sur des chaises. La lueur des lanternes fait briller les yeux. Et la magie opère. Le narrateur captive son jeune public avec une demi-douzaine de légendes de la région. Il y est question de petits nains aux pieds bizarres, d'un diable, de sorcières, mais aussi de sapins de Noël, de bonté et de générosité.

 "J'aime bien entendre les choses, les légendes. Comment il raconte l'histoire" reconnaît Paul, 9 ans. Ce moment hors du temps rappelle que, depuis toujours, les narrations font partie de la période de Noël. "Les gens se retrouvaient autour du Kàchelofe. Sans télé, ils n'avaient que des histoires à partager, qui se sont transmises oralement" précise Gérard Leser. "On en racontait beaucoup, certaines directement en lien avec la Nativité, et d'autres qui parlent d'amour et de justice, de bonheur et de lumière." D'ailleurs, "l'histoire de Noël, la naissance de Jésus, avec les mages venus d'Orient, c'est aussi une forme de légende qu'on se raconte." 

Et le narrateur de conclure par une histoire strasbourgeoise en alsacien, qui reprend la tradition selon laquelle les animaux retrouvent la parole durant la nuit de Noël : "Le coq s'écrie : Christus natus est" (Christ est né). "La vache demande : Wo ? Wo ?" (Où ? Où ?) "Et la chèvre bêle la réponse : A Béééééthléem, à Béééééthléem."