Dieselgate: le PDG d'Audi, Rupert Stadler, incarcéré en Allemagne

Le patron d'Audi, filiale de Volkswagen, a été arrêté et emprisonné en Allemagne dans le cadre de l'enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués. Le parquet estime qu'il y a un risque de "dissimulation de preuves".
Rupert Stadler, le PDG d'Audi.
Rupert Stadler, le PDG d'Audi. © AFP. Christof Stache
Rupert Stadler, le PDG du constructeur Audi, filiale de Volkswagen, a été arrêté et placé en détention en Allemagne dans le cadre de l'enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé lundi le parquet de Munich. Le parquet, qui avait mis en cause fin mai pour fraude le patron d'Audi ainsi qu'un autre membre du directoire, estime qu'il existe un "risque de dissimulation de preuves" justifiant l'incarcération. Il s'agit de la première incarcération d'un très haut responsable dans l'enquête tentaculaire autour du "dieselgate" qui empoisonne l'automobile allemande depuis près de trois ans.


Le conseil de surveillance de Volkswagen a décidé lundi de suspendre lRupert Stadler, remplacé par le Néerlandais Bram Schot. Audi a confirmé l'arrestation de son dirigeant sans donner plus de détails, rappelant uniquement la présomption d'innocence concernant M. Stadler. L'agence fédérale de l'automobile KBA avait ordonné début juin le rappel de quelque 60.000 Audi A6 et A7 après la découverte d'un "logiciel illicite" capable de fausser les niveaux d'émissions de gaz polluants.


Logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution

Des perquisitions avaient eu lieu fin mai aux domiciles des deux suspects après des perquisitions en février, mars et avril de domiciles et lieux de travail de responsables d'Audi en Allemagne, dont le siège du constructeur à Ingoldstadt. Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l'équipementier Bosch.

L'ancien PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn, et son successeur Martin Müller, mais aussi l'actuel chef du conseil de surveillance du groupe, Hans Dieter Pötsch, et l'actuel président de VW Herbert Diess, sont visés par des investigations. Le scandale a éclaté en septembre 2015, après que l'agence américaine de l'environnement (EPA) eut accusé VW d'avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées.
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