Discord, Tinder, Instagram, ces logiciels et applications qui s'intéressent de plus en plus aux langues régionales

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Sujet Rund Um en alsacien sous-titré ©France Télévisions

Echanger en alsacien, en corse, en créole ou en breton sur les plateformes numériques n'est plus un problème. Au contraire, la démarche est très en vogue même auprès de ceux qui ne pratiquent pas réellement la langue.

Tinder, plateforme de rencontres, a noté que selon une étude, de plus en plus de gens entre 18 et 25 ans sont fiers de dire qu'ils sont par exemple Bretons ou Alsaciens. L'entreprise a donc décidé de permettre à ses membres d'échanger dans plusieurs langues régionales. Si c'est d'abord une opération marketing, cela reste une bonne chose pour le dialecte alsacien. Une langue qui s'étend globalement
sur les réseaux sociaux auprès d'un large public.

Quand Lucile et Nathanaël (24 ans) papotent, ils le font naturellement en alsacien. Des jeunes très présents aussi sur les réseaux. Lucile, par exemple, s'amuse à poster des mots ou des expressions qu'on n'entend pas souvent "pour montrer que modernité et alsacien ne sont pas incompatibles. On peut parler des réseaux sociaux en alsacien, et on peut aussi parler l'alsacien sur les réseaux sociaux."

Pour elle, comme pour son copain d'université, il n'y a pas de honte ni de frein à parler et écrire l'alsacien. Cette langue fait partie de la vie courante, comme toutes les autres langues. Ainsi, Nathanaël a décidé de créer un serveur dédié à l'alsacien sur le célèbre logiciel Discord, qui fonctionne un peu comme un forum. "Je me suis inscrit en 2016. J'ai trouvé ça chouette. Ce serveur me permettait d'échanger avec des copains. À cette période, je me suis davantage intéressé à la langue alsacienne. Car en habitant Strasbourg la semaine, j'étais moins à la maison et parlais moins l'alsacien. Ça me manquait. J'ai pensé que ce serait top de pouvoir discuter en alsacien aussi durant la semaine."

 L'alsacien, une langue de communication sur les réseaux

Directrice du département de dialectologie à l'Université de Strasbourg, Pascale Erhart travaille actuellement sur l'utilisation de l'écriture dialectale sur le web. Des recherches dans lesquelles elle constate que "les gens n'ont pas appris à lire et à écrire en alsacien. Quand on les questionne, ils disent toujours que c'est difficile de lire l'alsacien. Certains disent même qu'on ne peut pas l'écrire. Et pourtant, on l'écrit."

Ce qui l'intéresse, elle, "c'est de voir comment les gens se débrouillent avec leurs connaissances de l'alsacien, de l'allemand et du français. Car tous ont appris à écrire le français à l'école, la plupart aussi l'allemand. Mais là, il est intéressant de constater qu'ils n'utilisent finalement ni l'allemand ni le français. Ils s'efforcent d'écrire en alsacien, alors qu'ils ne l'ont jamais appris. Ça veut bien quelque chose." Et de conclure qu'une langue qui a une utilité, sert à quelque chose et si elle sert à quelque chose, elle est toujours vivante.

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