Elle remonte pour la première fois sur un cheval depuis qu'elle est dans un fauteuil roulant : "il y a des sensations qu'on retrouve"

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En situation de handicap, Éloïse Ward remonte pour la première fois sur un cheval ©Éric Vial, France Télévisions

Elle s’appelle Eloïse Ward. Elle a 22 ans. C’est une brillante étudiante. Depuis 2016, en raison de son handicap, elle utilise un fauteuil roulant. Auparavant, l’équitation était sa passion. Grâce à l’association Horse’up située à Wolfisheim (Bas-Rhin), elle va pouvoir remonter pour la première fois sur un cheval.

"Rendre l’équitation accessible à tous, en particulier aux personnes en situation de handicap", c’est l’objectif de l’association Horse’ up qui siège depuis 2019, au centre Les Plaisirs Equestres de Wolfisheim (Bas-Rhin). "Nous sommes capables de prendre en charge tous les types de handicap pour que les personnes découvrent le plaisir de la relation avec le cheval" explique l’éducatrice équestre du jour, Agnès Prudhomme.

 "Horse’ up est une association de droit local Alsace-Moselle qui est née en 2012 à Kleinfrankenheim (Bas-Rhin). Elle a été fondée par Jenny d’Arcy qui était éducatrice spécialisée pour les personnes handicapées. C’est une amoureuse du cheval. Elle voulait faire profiter de son amour du cheval aux personnes qu'elle côtoyait dans sa vie professionnelle. Jenny était certaine que la relation avec le cheval pouvait améliorer la qualité de vie des personnes handicapées. Elle avait raison", poursuit calmement Agnès.

Une communion s'opère avec le cheval

 Aujourd’hui, c’est Eloïse, une jeune étudiante franco-irlandaise de l'Université d'Edimbourg, qui prend un cours d’équitation. Elle est en stage à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. C’est la première fois qu’elle remonte sur un cheval depuis 2016, l'année où débute son invalidité. C’est une amie, Juliette, qui lui a parlé de l'association.

"Avant tout ça, j’étais galop 4" (ce qui correspond à un assez bon niveau d’équitation), précise Eloïse à l'équicienne. "Nous allons donc te donner un grand cheval si tu es d’accord ?", réagit Agnès qui dans chacun de ses mots se montre rassurante et prévenante.

La jument Dolly est présentée. Il a fallu aller la chercher au pré. Très rapidement, une communion s'opère entre le cheval et la jeune cavalière. Dolly est très calme, très câline. Elle se laisse dorloter et caresser.

« Je te propose d’aller maintenant dans la sellerie choisir ta selle. Tu verras, il en existe plusieurs sortes afin que chaque personne puisse être convenablement maintenue, je vais t’aider dans tes choix, j’ai l’habitude » précise l'équicienne.

"Est-ce que toutes les personnes porteuses d'un handicap peuvent venir ? Oui, oui, et oui !"

Agnès Prudomme

Equicienne

Premières inquiétudes ? 

Dans son fauteuil roulant, la tension monte peu à peu, premières inquiétudes ? L'étudiante pend son temps, hésite. Elle pose une multitude de questions à Agnès qui répond : "Ne t’inquiète pas Eloïse, je serai tout le temps avec toi. Si la selle que tu choisis ne convient pas, on viendra en chercher une autre, aucun problème".

Comme dans un cours traditionnel, il est important "de brosser le cheval" pour "se familiariser à lui". Eloïse semble ne pas avoir perdu la main. Ses gestes sont habiles et sûrs. Elle utilise les bonnes brosses. Elle cure également les pieds de Dolly avec l’aide de la monitrice : "N’oublie pas de bien enlever les cailloux dans la fourchette".

"C'est parti !"

Le cheval est enfin prêt. Il montre des signes d'impatience pour aller travailler en faisant du bruit sur le sol avec ses sabots.

Pour son handicap, Eloïse a besoin d’un lève-personne, une sorte de petit ascenseur que l'on trouve couramment dans les hôpitaux. Agnès glisse sous Eloïse un harnais. Voilà qu’elle décolle de son fauteuil. Le cheval ne montre aucune difficulté à se placer sous elle, aucun geste brusque. "Tous les chevaux qui participent à nos cours ont été longuement éduqués pour qu’ils n’aient pas peur ni des lève-personnes, ni des fauteuils roulants. Tout ce que nous faisons est testé en amont durant de longues périodes d’apprentissage pour le cheval comme pour les éducateurs. Cela demande beaucoup de travail" précise Agnès. Et c’est vrai que la jument ne montre aucune anxiété particulière.

 "Et voilà, c’est parti !" annonce Agnès. "Je te propose pour ce premier cours que nous restions au pas". Eloïse est aux anges. Son sourire est radieux. Sa posture sur le cheval est impeccable. Elles partent toutes les deux se balader dans la forêt alsacienne. Plus tard, nous apprendrons qu'Eloïse a réservé une deuxième séance "pour dans quinze jours"

 De l’équithérapie

L’association Horse’up rend la relation avec le cheval accessible à toutes les personnes en situation de handicap physique, intellectuel ou psychique. Elle propose une gamme complète d'activités équestres adaptées, dès l'âge de quatre ans, allant de l'équithérapie à l'éducation équestre traditionnelle. "Il n’y a pas forcément de monte. Parfois, il s’agit juste d’une rencontre entre l’homme et l’animal qui peut amener à briser l’isolement des personnes en difficulté. Cela relève des envies et des désirs de chacun" indique Agnès Prudomme. "Ce qui est étonnant, c’est que chaque moment est magique. Ce n’est que du bonheur"

La thérapie équine vise à améliorer la confiance en soi des personnes porteuses d’un handicap. "Le cheval, lui, ne fait aucune différence entre une personne valide et invalide". Cette relation peut permettre d’améliorer les difficultés psychologiques, le retard intellectuel, celui du langage, l’anxiété etc… Mais l'équitation reste un sport, comme tous les handisports, comme pour les personnes valides ou invalides, il permet également des bénéfices physiques pour l’équilibre, la motricité générale, la tonicité des muscles, ou la posture.

Les quatre éducatrices de Horse’ up cumulent toutes des certifications et des diplômes requis pour s’occuper aussi bien des chevaux que des personnes en situation de handicap. L’association est membre de la Fédération Française d’Equitation (FFE) et est devenue un acteur majeur de l’équithérapie en Alsace. Elle est hélas encore mal connue du grand public.

Il existe d’autres associations, ou des équithérapeutes professionnels, en Alsace et en France qui proposent de l’équithérapie. Tous ne sont pas forcément équipées pour recevoir tous les types de handicaps. Le mieux est de se renseigner : Le centre équestre des Papillons à Brumath (Bas-Rhin), éQibiémo à Guevenatten (Haut-Rhin), Hopla Geiss à Chavannes-sur-l’Étang (Haut-Rhin), Poney Parc à Blodelsheim (Haut-Rhin), Equitation Passion à Chèvremont (Territoire-de-Belfort) …

Le tarif d’une séance individuelle au centre équestre de Wolfisheim est de 50 € (42 € pour les membres de l’association).

 

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