En Alsace, enseignants et parents favorables au retour à l'école, mais avec plus de moyens

Les élèves de maternelle et de primaire doivent reprendre le chemin de l'école lundi 26 avril, dans un contexte épidémique toujours tendu. Malgré leurs inquiétudes, les syndicats d'enseignants et de parents souhaitent le retour à l'école. Mais continuent d'exiger plus de moyens.

Les inquiétudes restent nombreuses avant le retour en classe des élèves d'élémentaire et de maternelle annoncé pour le 26 avril, puis des collégiens et lycéens le 3 mai, mais en Alsace, enseignants et parents jugent indispensables que l'enseignement se poursuive en classe et non plus derrière les écrans.
Les inquiétudes restent nombreuses avant le retour en classe des élèves d'élémentaire et de maternelle annoncé pour le 26 avril, puis des collégiens et lycéens le 3 mai, mais en Alsace, enseignants et parents jugent indispensables que l'enseignement se poursuive en classe et non plus derrière les écrans. © Lionel Vadam/MaxPPP

Après trois semaines à la maison - une consacrée à l'enseignement à distance et deux de vacances scolaires -, écoliers et professeurs des écoles devraient retourner en classe dès lundi 26 avril, comme doit le confirmer le Premier ministre lors de sa conférence de presse de ce jeudi 22 avril. 

Le contexte épidémique reste tendu et des voix s'élèvent pour dire l'inquiétude de renvoyer les enfants dans un milieu scolaire où le protocole sanitaire reste compliqué à appliquer. "Nous l'avons vu, avec les absences d'enseignants, habituelles pendant l'hiver, mais plus nombreuses encore avec le Covid, les personnes fragiles, les malades, il y a eu des brassages de groupes et de classes ces dernières semaines, explique Géraldine Delaye, professeure des écoles dans le Bas-Rhin et co-secrétaire départementale du syndicat majoritaire pour le premier degré, le SNUipp-FSU. La cantine reste un endroit de contamination également, nous le savons. Et puis les consignes varient d'un territoire à l'autre : les autorités sanitaires ferment des classes ici, pas là... Le protocole continue de manquer de transparence."

Les collégiens en demi-groupe?

En dépit de ce constat, le syndicat reste sur sa position, favorable au maintien des enfants en classe. En demi-groupe de préférence pour les collégiens, qui devraient être de retour en cours, en même temps que les lycéens, le 3 mai.

Sur ce sujet, comme sur tous, le syndicat du second degré SGEN-CFDT veut surtout faire entendre son impatience à avoir des informations claires. "Nous reprenons lundi et nous ne savons rien. Nous avons les informations en même temps que le grand public et ce n'est pas normal, déplore son secrétaire général pour l'Alsace, Laurent Gomez. Quel protocole va être appliqué? Quand et comment les classes, les écoles, vont être fermées, en cas de contaminations? Comment font les enseignants de primaire qui ont des enfants au collège, en distantiel la semaine prochaine?"

Autant de questions qui devront trouver réponses avant la reprise. "De principe, nous ne sommes pour ou contre rien, mais nous voulons discuter, être consultés... Nous sommes plutôt favorables à la présence des enfants en classe, mais il y a des choses bien à faire en distantiel, notamment avec les plus grands - les lycéens sont bien équipés sur le plan informatique, dotés par la région, et plus autonomes. Même avec les collégiens, on peut travailler, il faut se préparer, anticiper, ce qui n'est pas le cas."

Un enseignement à distance peu efficace pour les plus jeunes 

En primaire, c'est plus difficile, estime en revanche le SNUipp-FSU. "Le distantiel, notamment dans les petites classes, ce n'est pas une solution. Comment voulez-vous qu'un élève de CP apprenne à lire derrière un écran? Le  niveau des élèves souffre de ces périodes d'enseignement à distance, constate Géraldine Delaye. Chaque élève doit pouvoir aller en classe, mais avec un enseignant face à lui."

Et c'est ce que réclame d'une seule voix tout le milieu scolaire : des embauches, des moyens supplémentaires, demandés bien avant la crise, mais d'autant plus criants depuis un an. "Nous réclamons des embauches pour soulager les enseignants, pour pouvoir organiser le travail en groupes réduits... Nous réclamons des investissements dans les établissements pour améliorer les conditions sanitaires. Qu'en est-il par exemple des purificateurs d'air, testés dans certaines écoles ou cantines? L'Education nationale ne nous fait aucun retour, nous n'avons aucune réponse!"

Plus de personnel dans les établissements scolaires 

Florence Claudepierre est en colère. La représentante de la fédération des parents d'élèves (FCPE) pour le Haut-Rhin ressent l'urgence à s'occuper d'une jeunesse qui souffre des restrictions sanitaires, et en premier lieu du manque d'école. "Les collégiens sont stressés, c'est un âge difficile. Les lycéens s'inquiètent et leurs parents aussi, notamment ceux qui passent le bac. Ce sont les retours que nous avons des parents.

Il faut que les lycéens puissent tous retourner en cours eux aussi. A l'approche des examens, le présentiel est indispensable.

Nous ne pouvons pas, même pour sauver des vies, martyriser ainsi notre jeunesse

Florence Claudepierre, FCPE 68

La FCPE propose une embauche massive de jeunes, pour accompagner la fin de l'année scolaire, puis éventuellement venir en appui des collectivités pendant l'été. "Il y a plein de jeunes en souffrance, qui ont dû arrêter leurs études. Donnons-leur un emploi! Ils pourraient soulager les enseignants en cette fin d'année, ou aider au nettoyage, à la désinfection, pour améliorer les conditions sanitaires d'accueil des enfants. Et faire de même cet été, dans les structures qui prennent en charge les enfants pendant les vacances."

Les idées ne manquent pas mais les moyens, oui, continuent de dénoncer les syndicats. "Nous réclamions des embauches avant la crise, et ce que nous voyons, c'est que le gouvernement ne change pas ses priorités", dénonce Géraldine Delaye, pour le SNUipp-FSU 67.

Sur le strict volet sanitaire, le syndicat attend toujours que la vaccination s'intensifie pour que les enseignants volontaires y aient accès au plus vite.

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