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Hausse du prix du fioul domestique : pourquoi certains ne pourront pas se chauffer correctement cet hiver

Fioul trop cher / © Claude Prigent/Max PPP
Fioul trop cher / © Claude Prigent/Max PPP

Le carburant est en hausse oui, mais le fioul aussi et de façon encore plus drastique… et douloureuse pour certains foyers modestes. Actuellement, il faut débourser presque 1.000 euros pour 1.000 litres, soit 300 euros de plus qu'en  l’année dernière à la même époque.

 

Par Catherine Munsch

Tout le monde parle de la hausse du diesel à la pompe, pendant que le fioul domestique augmente, en toute discrétion. Sauf pour ceux qui passent commande ces jours-ci, les prix ont grimpés considérablement par rapport à 2017. Pour se chauffer au fioul, il faut débourser actuellement près de 1.000 euros pour 1.000 litres, soit 300 euros de plus qu'il y a un an, à la même époque.


Trois raisons à cette hausse des prix 

Une raison régionale : la sécheresse ; une raison européenne : le prix élevé du baril de brent, (le fioul originaire de la mer du nord qui sert de référence en Europe) et une raison internationale, notamment liée l'impact des déclarations de Donald Trump sur la géopolitique mondiale. 

 
  • La sécheresse

Le déficit en pluies des derniers mois a entraîné une baisse importante du niveau du Rhin. Au point où certains bateaux ne peuvent plus naviguer du tout, et d'autres avec des cales beaucoup moins pleines. Histoire d'être moins lourds et ne pas "racler" le lit du fleuve. En fin d'année, le niveau du Rhin se situe normalement à plus de deux mètres de hauteur. Actuellement il est descendu à moins d'un mètre cinquante à Coblence par exemple.

Conséquence : plus de bateau ou presque dans le port de Strasbourg. Ceux qui circulent encore ne sont que "légèrement" chargés, au quart de leur possibilité parfoisD'où un manque d'approvisionnement en Alsace. Désormais, certains camions vont chercher du fioul en Franche-Comté ou même jusqu'à Lyon. Conséquence : les prix grimpent et tout le quart Nord-Est de la France est touché.

A partir de quand un retour à la normale est-il possible? La réponse dépend des pluies à venir, ce dernier week-end d'octobre puis des pluies et chutes de neige pendant les mois d'hiver. A défaut de suffisamment de précipitations hivernales, certains craignent qu'il faille attendre le printemps pour que les bateaux cargos puissent à nouveau naviguer en cales pleines. 

 
  • Le prix élevé du baril de brent

"Le brent, du nom du gisement de pétrole de la mer du Nord qui alimente l'Europe, est de 76 euros en cette dernière semaine d'octobre 2018, selon le créateur de la plateforme nationale de vente de fioul, fioulmoinscher.fr, Christian Mongas, soit 10 euros plus cher que le baril de "WTI", le pétrole brut qui sert de référence au reste du monde, et qui est, lui, à 66 euros. Toutefois, ce prix est déjà de nouveau à la baisse par rapport à la semaine précédente. - 0.62%, une pente encourageante, qui annonce un retour vers les 900 euros les 1.000 litres."

 
  • Les déclarations du président américain

Plus inattendue comme raison de la flambée des prix: la situation géopolitique mondiale et les déclarations du président Donald Trump. Lorsqu'il s'exprime, il souffle "le chaud et le froid" sur le marché pétrolier et, par conséquent, du fioul. Par exemple, quand il veut boycotter les Iraniens, qui exportent plus de 3 millions de litres de fioul par jour, ces quantités manquent sur le marché mondial et font flamber le prix au litre. Autre incidence sur ce marché, la crise diplomatique et ses conséquences économiques suite à l'assassinat du journaliste dissident Jamal Khashoggi en Arabie Saoudite, grande exportatrice de pétrole.
 

Alors on achète ou on attend?

Distributeurs et clients s'interrogent "faut-il attendre pour acheter son fioul pour l'hiver" ou "faut-il au contraire acheter quand-même avant que Donald Trump ne fasse une nouvelle déclaration qui entraîne une augmentation des prix encore plus importante?" Dans tous les cas, les uns et les autres sont dans l'expectative. Certains clients préfèrent attendre, d'autres "ont tendance à vouloir passer au gaz, mais ignorent que celui-ci est aussi indexé sur le prix du baril de pétrole, et qu'il augmentera d'ici six mois" précise Christian Mongas.

Dans la société de Combustibles Gaber, de Betschdorf, la cogérante explique les diverses réactions rencontrées sur le terrain et les conséquences pour la société : "Nombre de nos clients ont attendu tout l'été que le prix du fioul baisse. Ce qui ne s'est pas passé. Alors entre mi-septembre et mi-octobre, nous avons subi une forte demande de leur part. Et puis, il y a ceux qui veulent encore attendre, alors ils ne font remplir leur cuve que partiellement." Et croisent les doigts.

 

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