Insolite - Les basketteurs de Furdenheim transforment un site abandonné en terrain de sport en une seule journée

A l'initiative du président du club, Jean Kohler, les basketteurs de Furdenheim ont posé et peint en une seule journée un sol synthétique en gerflor sur un vieux terrain macadamé laissé à l'abandon. Une aventure collective pour des jeunes amoureux de balle orange mais privés de salle. 

Jean Kohler (qui enlace sa fille) et les jeunes basketteurs qui ont aidé à la réhabilitation du city stade de Furdenheim ont achevé leur oeuvre peu avant 19h le vendredi 2 avril.
Jean Kohler (qui enlace sa fille) et les jeunes basketteurs qui ont aidé à la réhabilitation du city stade de Furdenheim ont achevé leur oeuvre peu avant 19h le vendredi 2 avril. © Jean Kohler.

A "Fufu" on est un peu foufou, et on le revendique. Construire un terrain de basket soi-même demande déjà une sacrée prise limitative. Le faire en une seule journée, en mobilisant au débotté une vingtaine de jeunes sur le site d'un city stade laissé à l'abandon relève carrément de l'exploit.

C'est pourtant ce qu'est parvenu à réaliser Jean Kohler, président de Furdenheim, au côté de jeunes licenciés ce vendredi 2 avril. Pose de lames de gerflor rouges et bleues, une surface synthétique qui sera utilisée cet été aux Jeux de Tokyo, installation de nouveaux paniers et marquage au sol: des opérations minutieuses réalisées en un temps record et presque sur un coup de tête.

Le semi-remorque en route avant le feu vert de la mairie

"On porte avec la mairie un projet de terrain extérieur, à côté des écoles et de la salle polyvalente, depuis le début de la deuxième vague de covid. Ça met du temps à se mettre en place et la crise sanitaire n'arrange rien, explique Jean Kohler. J'ai donc eu l'idée de réhabiliter le vieux terrain macadamé du village pour que nos jeunes puissent continuer à faire du basket en extérieur puisqu'ils sont privés de gymnase. L'idée, c'était de tout faire nous-mêmes"

Une vingtaine d'ados et de jeune joueurs ont mis la main à la pâte. Une belle aventure collective.
Une vingtaine d'ados et de jeune joueurs ont mis la main à la pâte. Une belle aventure collective. © Jean Kohler.

Ni une, ni deux, le président passe commande auprès d'une entreprise lyonnaise spécialisée dans le gerflor, un sol synthétique, avant même le feu vert de la mairie. Le conseil municipal, réuni dans l'urgence lors d'une séance extraordinaire, valide ensuite le projet à l'unanimité. "Le semi-remorque était déjà en route au moment de la réunion, mais on ne pouvait pas nous refuser une telle initiative", ajoute-t-il tout sourire.

Une demande de mobilisation générale reçue 5 sur 5

Seule condition, le nouveau city stade doit rester accessible à tous, y compris aux footballeurs. Tout s'enchaîne ensuite très vite. Les membres du club reçoivent le mercredi 31 mars au soir dans leur boîte mail un message qui appelle à la mobilisation générale. "On a tous été étonnés, confie Niels Walter, 18 ans, qui évolue dans la catégorie juniors, parce que le président demandait à ceux qui le pouvaient d'être présents deux jours plus tard."

Une vingtaine de basketteurs, encadrée par une poignée d'adultes, répond présent. "On était vraiment enthousiastes, explique Niels. Pour ma part, je n'ai pas rejoué au basket avec d'autres personnes depuis le mois d'octobre. Ça fait tellement de bien de retrouver des gens."

C'est dur et amortissant en même temps. Pour les appuis, c'est parfait"

Niels Walter, 18 ans, licencié à Furdenheim

Après une journée de travail à poser et clouer les éléments au sol, à 19h, juste avant le buzzer du couvre-feu, le chantier est terminé. Du rouge et du bleu au sol, des lignes tracées grâce à l'aide d'un peintre et de nouveaux panneaux installés en lieu et place des anciens, du vrai travail de pro et une belle aventure collective. "On a joué tout le week-end de Pâques. La surface est top en plus. C'est dur et amortissant en même temps. Pour les appuis, c'est parfait", assure Niels.

16.000 euros "seulement", de quoi donner des idées?

En tout, l'opération express aura coûté 16.000 euros au club de l'ACSL Furdenheim, une "somme raisonnable" qui pourrait donner des idées à d'autres clubs de la région, voire de France. "Le gerflor, c'est deux fois moins cher que du macadam, glisse Jean Kohler. Et si l'épidémie venait à se prolonger pendant encore quelques mois, ça nous offre un réel outil pour permettre aux jeunes de jouer au basket et de vivre leur passion."

Une fierté légitime. Ça valait un "Fufu" peint en blanc et en lettres capitales au centre du terrain. Un rectangle qui deviendra sans doute très vite the place to be pour beaucoup de jeunes basketteurs du secteur en manque de balle orange.

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