Strasbourg : les équipements sportifs d'extérieur en question

Dans un appel lancé sur Facebook le mardi 23 février, Julien Oliveira, étudiant en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à Strasbourg (Bas-Rhin), plaide pour plus d'équipements sportifs en plein air. Sur le campus, mais pas que : tout le monde en profiterait.

Situés sur le quai en contrebas des Halles, ces agrès sont sur le circuit des Vitaboucles Glacis et Centre-ville.
Situés sur le quai en contrebas des Halles, ces agrès sont sur le circuit des Vitaboucles Glacis et Centre-ville. © Vincent Ballester, France Télévisions

Julien Oliveira est un étudiant de 21 ans en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), plus précisément en marketing du sport. S'il a su médiatiser sa recherche de stage, il a aussi fait connaître au plus grand nombre son désir de sport en extérieur. Pour cela, il a lancé un appel sur le groupe Facebook "Étudiants de Strasbourg", qui a remporté une certaine adhésion. Il y partage son constat sur le manque d'équipements sportifs en plein air sur le campus de Strasbourg (Bas-Rhin). C'était le mardi 23 février 2021, et depuis, il a obtenu une soixantaine de retours allant dans son sens.

Contacté par France 3 Alsace le lundi 1er mars, il se décrit comme un "Troyen footeux et passionné de sport [qui] donne son ressenti après être passé par d'autres villes, d'autres campus". Qu'il va comparer à la situation de Strasbourg (évaluable sur la carte ci-dessous d'après les données du service des sports). "J'ai envie d'apporter quelque chose de nouveau à Strasbourg, mais je ne me sentais pas assez crédible pour le faire tout seul. C'est pour ça que j'ai demandé l'avis d'autres personnes, pour pouvoir ficeler un projet qui soit légitime à présenter. Ça me semble être une bonne idée."
 


L'idée part d'un constat, qui a suivi l'arrivée de l'étudiant à Strasbourg. "Sur ce très grand campus de l'Esplanade, on a de grands espaces verts, mais peu ou pas d'équipements sportifs extérieurs. Par la suite, je me suis rendu compte qu'il y avait peu de ces équipements en ville. J'ai voulu mettre en avant ce qui se faisait dans d'autres campus, d'autres villes, et me suis dit que ce serait intéressant de sonder la ville et l'université."

Le problème de ce campus, c'est qu'il "n'y a rien en extérieur alors qu'il pourrait y avoir de la place pour un plateau sportif. Ce serait pratique et idéal pour tous les étudiants qui voudraient faire un peu de sport pendant leur pause, ou entre midi et deux. On a un magnifique campus, ça lui donnerait encore plus d'attractivité et de convivialité. Je sais bien qu'on y trouve déjà des salles de sport, mais on ne peut plus y aller à cause du covid."
 

Sur le campus de Bobigny, un équipement sportif complet à la disposition des étudiantes et étudiants.
Sur le campus de Bobigny, un équipement sportif complet à la disposition des étudiantes et étudiants. © Julien Oliveira


Il prend l'exemple du campus de Bobigny (Seine-Saint-Denis). "Il y a des stations extérieures, des agrès... C'est de la marque Airfit, j'avais fait des photos. Ce plateau est récent et très bien pensé, on peut tout faire avec, tous les exercices, et pas que de la musculation..."

Il est vrai que "les Staps sont plus touchés. Mais tous les étudiants ont envie de s'évader en faisant du sport, même si c'est pendant 15 ou 30 minutes. Et pas que, ce sont les gens en général. D'autant plus dans une ville, Strasbourg, qui met l'accent sur le sport-santé. Ce serait un plus, ce serait bénéfique, d'autant que les salles de sport sont fermées à cause du covid."
 

La ville ne peut pas construire sur le campus

L'adjoint aux sports, Owusu Tufuor, également sollicité le 1er mars, ne partage pas de constat. "Ça m'étonne. Et je n'ai pas la compétence pour construire sur le campus universitaire." Pour lui, les stations en plein air, ce n'est pas le modèle à privilégier. "La situation actuelle nous impose un modèle plus adapté, il en faut des abrités. À Hautepierre, on a un préau sportif adapté. On va équiper ainsi chaque bassin de vie - je préfère ce terme à quartier - et il en reste trois à bâtir."

La crise sanitaire participe à ce choix : l'adjoint ne souhaite pas voir tout le monde s'agglutiner sur un petit équipement extérieur. Le footing serait à privilégier. Via les Vitaboucles, par exemple, dont le parcours comporte systématiquement des agrès"Il y en a qui ne se trouvent pas à plus de 500 mètres [il fait référence aux Vitaboucles Orangerie ou Centre-ville, qui passent par le parc de la Citadelle voisin de l'Esplanade; ndlr]. Les équipements présents, comme des agrès, deux plateaux de basket, ou un terrain multisports, répondent à cette logique."
 

Les gens veulent tout à côté d'eux, mais on ne peut pas tout bétonner.

Owusu Tufuor, adjoint aux sports de la maire de Strasbourg


"Je parlais de bassin de vie : le sport, c'est justement la vie." Comprendre qu'il ne faut pas hésiter à se déplacer vers les lieux où existent déjà de tels équipements. Des aménagements rénovés et complémentaires sont d'ailleurs prévus à la Citadelle et à la Laiterie. Le point doit être abordé au conseil municipal de mars, et plus d'un million d'euros doit y être consacré.
 

Le sport en extérieur, un enjeu. via GIPHY


Utiliser ce qui existe déjà, plutôt que d'aller créer de nouvelles structures ex nihilo, c'est une vision plutôt écologiste. "On a des gens qui veulent tout avoir à côté d'eux, mais il nous faut aussi ne pas tout bétonner. Il faut apprendre à sortir du centre-ville. Il y a le parcours du Baggersee, par exemple." Certes, mais ça s'éloigne un peu de l'étudiant(e) qui veut se défouler un peu en faisant du sport pendant un intercours de dix minutes, donc sur place.

Les projets sportifs de l'Unistra

Que Julien Oliveira se rassure, la situation pourrait tout de même évoluer sur le campus. "Nous disposons actuellement d'un terrain de football en libre accès", explique au 1er mars Benoît Tock, chargé de mission sur la formation à l'Unistra. "Je ne pense pas qu'on puisse installer d'autres terrains, la place disponible étant réduite. Le contexte actuel nous encourage cependant à réétudier le projet, un temps évoqué, de créer un parcours sportif."
 

La présence forte des étudiants en automne/hiver/ début de printemps incite plus à favoriser les installations couvertes que les espaces extérieurs.

Yves Larmet, chargé de mission sur le patrimoine à l'Unistra


Ce serait même déjà dans les tuyaux, complète Yves Larmet, chargé de mission sur le patrimoine. "Même si les espaces sont vastes, les contraintes techniques, et d'accès des pompiers à proximité des bâtiments, limitent de fait la mise en place de ces installations. Le principe général est que le campus central soit un espace à tous, la pratique du sport étant l'un des usages possible. Ainsi, nous y voyons souvent de nombreuses personnes pratiquant le jogging, qui continuent leurs parcours vers d'autres espaces limitrophes, comme le long des canaux ou le parc de la Citadelle."

"L'université ne dispose pas d'installations sportives en extérieur sur l'ensemble de ses campus. Cette absence a des raisons historiques, mais s'explique aussi  par le manque de place. L'université a décidé d'investir dans des installations couvertes - c'est l'opération campus - et de reconstruire un nouveau centre sportif dont les travaux doivent débuter au cours de l'année 2021. À noter, que la présence forte des étudiants en automne, hiver, et début du printemps, incite plus à favoriser les installations couvertes que les espaces extérieurs."
Ne reste donc... qu'à attendre encore un peu.
 

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