TÉMOIGNAGE : étudiant, il parodie "L'Équipe" pour trouver un stage dans le sport et dans l'événementiel

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Écrit par Matthieu Mercier
Étudiant en marketing du sport, Julien Oliveira a déguisé son CV en une du magazine L'Équipe.
Étudiant en marketing du sport, Julien Oliveira a déguisé son CV en une du magazine L'Équipe. © Julien Oliveira

Julien a 21 ans et comme de nombreux autres étudiants, il cherche un stage pour valider son diplôme de Master. Mais le Covid-19 réduit ses chances, d'autant qu'il cherche dans le secteur du marketing sportif. Il en est à une centaine de demandes, en vain. Alors il tente de se démarquer. 

Trouver un stage en pleine pandémie de Covid-19, et par ailleurs un stage rémunéré, l'équation est complexe pour ne pas dire insoluble, pour de nombreux étudiants en ce début 2021. Dans sa chambre à Strasbourg, Julien Oliveira, 21 ans, originaire de l'Aube, et étudiant en sciences et techniques des activités physiques et sportives, (STAPS) en fait l'amère expérience. Il doit trouver un stage pour mi février, d'une durée de quatre mois dans le secteur du marketing évenementiel. Autant dire que l'équation est bourrée d'inconnues. Son objetcif est de trouver "dans le marketing ou la com, lié au monde du sport, dans un club professionnel, une fédération ou équipementier". Or, ces deux secteurs, la communication et l'événementiel sont à l'arrêt depuis mars 2020. Alors Julien tente de se démarquer. 

S'il n'est pas encore parvenu à décrocher son rêve, il est devenu spécialiste sur la situation des clubs sportifs. "Partout on me répond la même chose : à cause du Covid, on n'a pas de budget pour recruter des stagiaires, il n'y a pas de mission. Pas de supporter donc pas de mission et les employés sont souvent au chômage technique". Ce stage de 4 à 6 mois dans l’optique de son master marketing du sport à Strasbourg, reste pour l'instant un mirage.

 

"C'est compliqué de trouver un stage aujourd'hui"

Julien a pourtant commencé les recherches en septembre 2020. "J’ai commencé à postuler début octobre et après j’ai posté un CV vidéo, et j’ai fait une parodie du journal l’Équipe. Honnêtement je ne peux pas dire le nombre de demandes que j'ai envoyées, sans doute une centaine, j’ai eu deux entretiens pour le moment. C’est pareil pour tout le monde, j’ai des collègues en master 2 qui sont retournés dans la structure qui les avait accueilli l’an dernier, moi je suis en master 1, c’est plus compliqué". Les enseignants se veulent rassurant, disant que les offres vont arriver à partir de maintenant, mais rien n'est moins sûr. 

 

Il transforme "L'Equipe" en CV

Les journées de Julien sont les mêmes depuis des mois pour Julien, mais il ne perd pas espoir. "Je suis à Strasbourg, je passe mes journées devant l’écran. J’ai des partiels en présentiel en ce moment, deux heures par semaine, sinon les cours sont en distanciel, on a eu une semaine de sport du 4 au 11,janvier, mais depuis fin octobre je ne suis pas allé à la fac, les cours n'ont pas repris en amphi". Devant son ordinateur, il enchaîne les visios sur Zoom, et autre Teams. Les contacts humain sont limités. "C’est assez compliqué, psychologiquement ça va, mais il y a un impact, à force. On est dans une situation, où c’est très compliqué, on n'ira plus en cours cette année, on se dit : quel avenir ? Pour le secteur du sport c’est catastrophique, le sport et l'évenementiuel. On se dit, dans un an comment je fais ? Je rentre sur le marché du travail dans cette situation". 

Pour se démarquer Julien a pris les grands moyens, il utilise à plein les réseaux sociaux et s'est fait remarquer. Certains clubs, comme l'Estac (club de football à Troyes) l'ont même encouragé et mis en avant sur le fil Twitter. "Une belle opportunité sur le mercato estudiantin ! Grosse force à tous les étudiants en recherche de stages/alternances". Mais sans pouvoir l'accueillir. Sa dernière idée : créer une parodie de son journal préféré, L'Equipe, pour en faire un CV. Son tweet publié le 6 janvier a été déjà retweeté près de 400 fois. 

L'espoir le fait vivre, mais même côté enseignant, c’est compliqué, dit-il. "Car les profs se posent plein de questions aussi, ils n’ont pas forcément les solutions, on se sent abandonnés comme tous les étudiants, je parle de ceux qui sont en master et L3, ils savent à quel point c’est important la valeur du diplôme". Natif de Troyes au lycée, puis étudiant Reims pour sa licence en STAPS, et depuis septembre à Strasbourg, il a créé une vidéo, une parodie du journal L’Equipe, pour tenter d'améliorer sa visibilité. Il a également parodié le site Kombini, pour se présengter en vidéo. 

 

Cet étudiant reste exigeant sur son avenir. "Je cherche un stage dans mon domaine, je veux tout faire pour avoir ce stage". Arbitre de foot en temps normal, Julien perd aussi son complément de revenu. Un stage serait aussi, pour cette raison, le bienvenu. 

Du côté de l'université de Reims-Champagne-Ardenne, le constat est établi. Et des mesures sont mises en oeuvre pour aider les étudiants. "On a mis en place des outils à distance pour préparer l’entretien, aider à la rédaction de CV. deux plate-forme, career center et e-stage-dating sont opérationnelles, pour mettre en relation, stagiaires et entreprises. On a fait appel aux entreprises partenaires. On demande aux étudiants de s‘inscrire, on crée le lien. En effet certaines entreprises ne prennent pas de stagiaires et on a transformé des stages à distance avec des travaux à réaliser depuis chez eux. On n’a pas connaissance de beaucoup d’étudiants en difficulté, ça démarre en février, on attend les consignes sanitaires", explique Damien Jouet, vice-président encrage formation et de la vie universitaire.

Une opportunité liée au premier confinement a permis de prolonger les stages jusqu’à après fin août, au lieu de février à août. La période sera sans doute allongée. "On attend les nouvelles consignes, on s’adaptera". La Région Grand Est va également aider financièrement les entreprises.

 

 

 

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