Les bénévoles, piliers du centre de vaccination d'Obernai

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Écrit par Sabine Pfeiffer
Le centre de vaccination dans la salle des fêtes d'Obernai
Le centre de vaccination dans la salle des fêtes d'Obernai © Christian Laemmel / France télévisions

Rund Um. La ville d'Obernai a ouvert un centre de vaccination dès février 2021. Après quelques semaines d'arrêt, l'automne dernier, cette activité a repris dans un autre local. Toujours grâce à l'implication de nombreux professionnels de santé, mais surtout l'enthousiasme de plus de 200 bénévoles.

Lorsqu'en janvier 2021, Jean Castex annonçait son intention de créer 500 centres de vaccination à travers la France, la ville d'Obernai s'est immédiatement lancée dans l'aventure. Son centre a ouvert dès le 15 février 2021, dans la halle des sports. Et ce, grâce à 300 intervenants médicaux, douze agents municipaux et pas moins de 220 bénévoles.  

A l'automne dernier, le 1er octobre, le centre d'Obernai a refermé ses portes, comme la majeure partie des centres français. Mais après à peine quelques semaines, la cinquième vague du Covid-19 a commencé sa déferlante. Et lorsque la Ville a décidé de réouvrir son centre, cette fois à la salle des fêtes, tous les bénévoles étaient dans les starting blocks, prêts à rempiler.  

"On a arrêté un petit mois, et après on s'est retrouvés" raconte l'une des bénévoles, Martine Bronner. Elle reconnaît que tous étaient "presque heureux de se revoir", tant l'ambiance est bonne, "et joyeuse, parfois."    

"Les gens s'y attendaient presque et sont contents de revenir" confirme un autre bénévole, Francis Janel. "Ça fait chaud au cœur de revoir des amis à chaque fois." Il se raconte même que le planning, préparé par la Ville, s'est rempli si rapidement que certains, pris de vitesse, étaient frustrés de ne pas avoir eu le temps de s'y inscrire.  

Une organisation bien rodée  

Depuis, le centre est ouvert en semaine dès 8 heures 30 du matin, douze heures d'affilée. Il assure six cents vaccinations quotidiennes programmées (près de 1.200 l'été dernier) – à quoi s'ajoutent jusqu'à une centaine d'injections pour les plus de 65 ans, qui peuvent venir sans rendez-vous.  

Au moment de la trêve des confiseurs, plusieurs centres de vaccination de petites villes alsaciennes se sont octroyé une pause méritée. Mais pas celui d'Obernai, qui a fonctionné jusqu'au 23 décembre au soir, et réouvert le 27 au matin.  

Je suis là presque tous les jours, cinq heures par jour.

Bernard Fuhrmann, bénévole

A côté des professionnels de santé qui font les injections, principalement des infirmières et des médecins libéraux, une trentaine de bénévoles se relaie quotidiennement. "Je suis là presque tous les jours, cinq heures par jour" précise Bernard Fuhrmann.  

A l'accueil et pour remplir les formulaires  

Ce jeune retraité vérifie que chaque nouveau candidat à l'injection est bien inscrit, et gère aussi ceux qui arrivent sans rendez-vous. Avec un petit mot gentil pour chacun. "Mon truc, c'est l'accueil", reconnaît-il. "C'est une passion, j'aime le contact avec les gens."

Penser aux autres et prendre soin de tout le monde.

Francis Janel, bénévole

Quelques mètres plus loin, à l'entrée de la salle, trois bénévoles aident les personnes à compléter le formulaire. Francis Janel est de ceux-là. Sa motivation ? "Penser aux autres et prendre soin de tout le monde, pour que tout ça se termine bientôt."  

La saisie informatique

Derrière les boxes de vaccination, discrètement isolés par un paravent, quatre autres bénévoles travaillent devant des ordinateurs. "Après chaque injection, le médecin ou l'infirmière nous apporte le dossier, et nous réalisons la saisie sur Ameli.fr" explique Martine Bronner.  

Parfois, certains documents complémentaires sont à scanner. En un petit quart d'heure, l'ensemble des papiers à remettre au patient doit être imprimé – dont son pass sanitaire, nouveau ou remis à jour. "Parfois on a beaucoup de dossiers d'un coup, et il faut rester concentrés pour que les gens n'attendent pas trop" précise Martine Bronner.  

Et l'équipe n'est jamais à l'abri d'un pépin d'ordinateur, ou d'un moment de stress. "Parfois, nous mettons un peu plus de temps, mais dans l'ensemble, les gens sont compréhensifs" reconnaît la bénévole.   

"Les gens râlement rarement, si on le leur explique" confirme sa collègue, Bernadette Obrecht. Pour preuve, les boîtes de friandises qui trônent à côté des claviers : "Beaucoup nous apportent des bonbons, des bredele. Et les médecins aussi. Donc, tout va bien."  

Beaucoup de gens nous apportent des bonbons, des bredele.

Bernadette Obrecht, bénévole

Benjamin de l'équipe, Lucas Springer, un étudiant de 18 ans. Il a déjà participé l'été dernier, et revient dès qu'il a des congés. "A la maison je m'ennuie, je ne suis pas fan de jeux vidéo" reconnaît-il. "Donc, si je peux servir… Ça me fait plaisir d'aider la nation."  

Selon les jours et les besoins, Lucas délaisse ce travail administratif et "passe par tous les postes." Tout comme Christian Menard, jeune retraité qui, ce jour-là, surveille les patients à l'issue de l'injection. Liste et montre en main, il ne les laisse repartir qu'un quart d'heure plus tard, afin d'être certain qu'ils ne feront pas de malaise.  

"Fondamentalement, ce qui me motive, c'est de réaliser un acte citoyen" explique-t-il. "D'être tous impliqués, tous des maillons dans la grande chaîne de la vaccination." 

La motivation, c'est d'être tous impliqués, tous des maillons dans la grande chaîne de la vaccination.

Christian Menard, bénévole

Présent "trois à quatre jours par semaine", il est aussi prêt à sauter dans la brèche en cas de "désistements ponctuels." D'ailleurs, pour faciliter les ajustements du planning et soulager les agents municipaux, les bénévoles s'organisent désormais entre eux pour gérer les éventuels remplacements, via un fil Whatsapp.   

Un gros travail en coulisses à la mairie  

A la mairie, une bonne dizaine de personnes est largement impliquée, pour l'organisation globale. La directrice générale des services, en contact constant avec l'ARS, assure les commandes et le suivi des doses de vaccin.  

Le personnel administratif, dont l'équipe communication, remplit des tâches de secrétariat médical, et paramètre les créneaux de rendez-vous sur le site de Doctolib. Et malgré cela, le service accueil doit gérer de trop nombreux coups de fil de personnes, souvent âgées et sans ordinateurs, qui téléphonent encore directement à la mairie pour prendre leur rendez-vous vaccinal.  

Trois équipes de bénévoles chaque jour

Au centre de vaccination, les équipes de bénévoles se relaient par longues plages horaires : la première équipe est présente dès 8 heures 15, la seconde arrive vers 12 heures 45, et la dernière vient pour 17 heures 30 et reste jusqu'à près de 21 heures. Certains un seul jour par semaine, d'autres trois ou quatre.  

Le soir, pouvoir se dire : Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose d'important.

Isabelle Obrecht, bénévole

"On ne peut pas compter ses heures, sinon on ne le fait pas. On le fait parce que ça en vaut la peine" explique Isabelle Obrecht. Elle-même est adjointe au maire et responsable du CCAS, mais elle vient au centre de vaccination avec sa casquette de bénévole, comme tous les autres. Pour "venir, aider, être utile. Et le soir, pouvoir se dire : Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose d'important."  

Chantal Gloeckler, elle, formule un vœu : "Que tout le monde se fasse vacciner, qu'on retrouve une vie normale et qu'on puisse enfin enlever ces masques." 

"Si cette crise peut ne pas continuer, c'est mieux" résume Bernard Fuhrmann. En ajoutant, avec un sourire malicieux : "Mais si non, tant pis. On sera là tout le temps."

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