Strasbourg, capitale mondiale du livre : de l’écrivain à l’éditeur, avec Pierre Kretz

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Sujet Rund um en alsacien sous-titré ©France Télévisions

Suite de notre série de la semaine consacrée à « Strasbourg, capitale mondiale du livre ». Nous suivons la bien-nommée chaîne du livre, de l’écriture des premières lignes d’un roman par l’auteur à l’édition et la publication de l’ouvrage. Rencontre avec l’écrivain Pierre Kretz et son éditeur, Ebra éditions - La Nuée Bleue - Le Verger, pour tenter de savoir ce qui fait la recette d’un bon livre.

Assis à la table d'une brasserie, son ordinateur ouvert devant lui, Pierre Kretz travaille sur son nouveau roman. Un polar. Plus précisément, un roman d'espionnage, qui aura pour décor des mines d'uranium au pied du Haut-Koenigsbourg. "Tout le monde a oublié l'existence de ces mines. Moi, je sais qu'il y avait des espions russes là-bas", nous dit-il malicieusement pour planter le décor de son livre.

Celui-ci doit bientôt être publié dans la collection Enquêtes rhénanes, créée par Pierre Marchant, l'ancien directeur des éditions du Verger, reprises depuis l'an dernier par le groupe Ebra éditions - La Nuée Bleue.

Le succès de cette collection de polars régionaux a donné envie à Pierre Kretz "de faire partie de l'équipe". Ainsi, après avoir quitté la robe d'avocat (son ancien métier) à 50 ans, publié plus d'une dizaine d'essais politiques, de romans, de pièces de théâtre, en français et en alsacien, l'écrivain très éclectique s'est décidé à écrire Le disparu de la route des vins en ? Quelques années après, il en est à l'écriture de son deuxième polar.

Un auteur ancré dans le terroir

Antoine Vincent, éditeur au sein d'Ebra éditions, apprécie la plume de Pierre Kretz. "Il est important de travailler avec des auteurs comme lui, ancrés dans la région, témoins de la présence de personnes parfois disparues aujourd'hui. Il écrit de manière touchante". En outre, publier un auteur connu, comme lui, permet aussi, dans une collection, de mettre en lumière d'autres noms moins connus. Et parfois, le choix est ardu.

L'éditeur estime recevoir un manuscrit par semaine pour une éventuelle publication dans cette collection. Ce qui compte pour Eric Schultz, libraire et nouveau directeur de collection des Enquêtes rhénanes, c'est de "rester fidèle à l'esprit de la collection. Des polars régionaux, avec des références historiques, des protagonistes régionaux ou attachés à la région". Pour l'instant, 57 ouvrages ont été publiés dans la collection, avec des noms comme Jacques Fortier, Joël Henry ou Michel Hutt.

L'écriture s'impose à l'auteur

Lorsque l'on demande à Pierre Kretz pourquoi il écrit telle ou telle chose, il répond qu'il n'en sait rien. "A part pour les essais politiques, où je sais sur quelle thématique je vais écrire, les choses, les personnages s'imposent à vous. Vous vivez longtemps avec eux, jusqu'à ce qu'un jour, ils vous tapent sur l'épaule et vous disent : écris maintenant ! Vient ensuite la question du choix du français ou de l'alsacien. Là non plus, je ne sais pas pourquoi je choisis telle ou telle langue pour écrire."

Pour son oeuvre (14 livres en 24 ans), en français, en alsacien et les traductions en allemand, Pierre Kretz recevra le prix allemand Johann Peter Hebel cette année. L'un des prix littéraires les plus prestigieux décernés par le Land du Bade-Wurtemberg. "Je n'aurais jamais imaginé recevoir un tel prix. Cela montre que nous, Alsaciens, sommes des citoyens du Rhin supérieur, avec une culture ouverte sur les autres". Et cette ouverture se retrouvera certainement dans le roman d'espionnage des Enquêtes rhénanes à paraître avant la fin de l'année.