Fabien Roussel pris pour cible dans des tags tracés sur le rideau de la fédération communiste des Ardennes

Le rideau du bâtiment hébergeant les instances locales du parti communiste et de son mouvement jeunesse à Charleville-Mézières (Ardennes) a été dégradé, a-t-on appris ce mardi 26 septembre. Des tags à la peinture rouge s'en sont pris à Fabien Roussel, le secrétaire national du parti.

Un rideau couvert de tags tracés à la peinture rouge. Voilà ce qu'ont découvert les militantes et militants du Parti communiste français (PCF) et du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) en se rendant devant le siège local de leur fédération, à Charleville-Mézières (Ardennes).

Les faits ont été révélés ce mardi 26 septembre 2023. Sur le réseau social Twitter (renommé X par Elon Musk), un militant du PCF et du MJCF a relayé des photographies du rideau couvert de tags, dénonçant une "attaque" qui est "inexcusable" (voir ci-dessous). 

Des barrières ont été placées devant le siège, et les inscriptions ont été très rapidement effacées. France 3 Champagne-Ardenne a appris que ce serait la deuxième dégradation de ce type sur le rideau du PCF, et qu'une plainte allait être déposée. Les responsables locaux du parti n'étaient pas disponibles ce matin pour répondre à nos questions.

Des attaques ad hominem

Les inscriptions, notamment tracées à la bombe aérosol de peinture rouge, font référence à la révolte de Kronstadt. Il s'agit d'une des ultimes manifestations anti-bolcheviques lors de la guerre civile russe, en 1921, par une troupe de marins et ouvriers qui contestaient le tournant totalitaire pris par le nouveau pouvoir russe, pourtant théoriquement issu du peuple et pour le peuple.

Une référence moins littéraire et historique est faite sur le rideau de droite, appelant à "niker" (sic) Fabien Roussel, assortie d'un dessin de phallus et de vulve. Fabien Roussel est le secrétaire national du PCF, récemment réélu à une large majorité à la tête du parti. 

Les affiches personnalisées de Fabien Roussel, tout comme celles appelant à adhérer au parti, ont été couvertes de mentions expliquant que "Fabien Roussel n'est pas un camarade". Tracées au feutre ou au crayon sous son portrait, elles sous-entendent même que Fabien Roussel pourrait être "un ami communiste du Medef", le Mouvement des entreprises de France, principal rassemblement des patrons en France.

Le dirigeant communiste fait l'objet de critiques régulières de la part de la gauche. Il a déclaré ne pas vouloir participer à la manifestation contre les violences policières du 23 septembre car "je n'ai pas envie de manifester en entendant que tout le monde déteste la police" (le Parti socialiste n'a pas non plus participé). Et l'Insoumise Mathilde Panot l'a appelé à "choisir son camp" car "lorsque Fabien Roussel parle des frontières qui seraient devenues des passoires [...], de la France des allocs [...], je m'inquiète de certaines idées qui avalisent des thèses de droite voire d'extrême-droite". Fabien Roussel a enfin "appelé au respect" après avoir été comparé par Sophia Chikirou à Jacques Doriot, figure communiste et collaborationniste pendant l'Occupation, une publication ultérieurement relayée par Jean-Luc Mélenchon.