Injures racistes lors d'un match de basket : l'auteur présumé sera jugé en juillet

Le parquet de Charleville-Mézières (Ardennes) a annoncé ce vendredi que l'auteur présumé de propos racistes lors d'un match de basket fin janvier entre l'Étoile de Charleville et Metz avait été identifié et qu'il sera jugé en juillet 2023.

L'auteur présumé de propos racistes lors d'un match de basket entre Charleville et Metz fin janvier, a été identifié et sera jugé en juillet 2023 notamment pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", a annoncé le parquet de Charleville-Mézières ce vendredi 17 février 2023.

"Le mis en cause, âgé de 73 ans, a été entendu en audition libre" jeudi, "et a reconnu avoir employé le terme 'bonobo'", alors qu'il assistait le 29 janvier à Charleville-Mezières à un match de l'équipe locale contre le club messin des Canonniers (Nationale 2, 4e division), a indiqué dans un communiqué la procureure de la ville, Magali Josse.

Convoqué en justice pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion" et "provocation à la haine lors d'une manifestation sportive", il sera jugé le 3 juillet, a-t-elle ajouté.

Il "encourt une peine d'un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, outre la peine complémentaire d'interdiction de pénétrer dans une enceinte sportive pendant une durée de cinq ans". Le parquet de Charleville-Mézières avait ouvert une enquête préliminaire après l'incident, dont le joueur messin Loïc Akono avait rendu compte sur Twitter.

"J'ai décidé de quitter le terrain aujourd'hui à Charleville-Mézières après cette phrase d'une personne dans les gradins 'Relève-toi bonobo'", avait écrit le joueur de 35 ans. Il avait ensuite, avec le club messin, déposé trois plaintes contre X.

Réunion de la commission de discipline le 22 février

À la suite de cette affaire, la Fédération française de basket-ball (FFBB) a imposé à titre conservatoire un huis clos total sur tous les matches à domicile du club de Charleville-Mézières.

Le président du club carolo, Luc Torres, ne cachait pas son amertume suite à cette décision. "Je ne sais pas ce que ça veut dire. J'ai l'impression que c'est juste pour dire qu'on fait quelque chose. Je trouve ça scandaleux. On ne peut pas condamner les gens uniquement sur des propos qui arrivent sur les réseaux sociaux", nous avait-il indiqué le 11 mars.

Il s'inquiète aussi pour le devenir du club si le huis clos se prolonge, car sans entrée d'argent liée à la billetterie, il affirme que le budget n'est pas tenable. "Si on fait tous les matchs à huis clos jusqu'à la fin de l'année, faites les comptes. On ne peut pas se passer de 30 000 euros dans notre budget. Donc, on verra bien. Si c'est comme ça que ça doit se passer, ça se passera comme ça. Si on doit fermer le club, on fermera le club", expliquait-il.

Une réunion de la commission de discipline doit par ailleurs se tenir à Paris le 22 février, au siège de la FFBB, à laquelle le club de Metz sera associé.

Vainqueur de la Coupe de France en 2005 avec Gravelines, champion de France de Pro B avec Boulogne-sur-Mer et Nanterre, le meneur a rapidement reçu un large soutien du monde du basket, de nombreux joueurs lui adressant des messages en ce sens sur les réseaux sociaux.

(avec AFP)