Basket. "Si on doit fermer le club, on fermera" : l'impact du huis-clos pour insultes racistes inquiète le président de l'Étoile de Charleville

Une victoire dans une salle vide. L'Étoile de Charleville a remporté son match face à Cambrai samedi 11 février, mais à huis clos après les insultes racistes proférées lors d’un match précédant. Une situation dont les joueurs et le staff se seraient bien passés.

D'habitude, l'Étoile de Charleville joue devant 800 personnes. Samedi 11 février 2023, la salle était vide. La Fédération française de basketball a décidé le 2 février que le club devait jouer à huis clos jusqu'à nouvel ordre. Une décision prise après qu'une insulte raciste a été proférée lors du match opposant Charleville à Metz le 28 janvier à l'encontre du joueur messin Loïc Akono. 

Après une première mi-temps difficile pour Charleville, le club est parvenu à revenir au score pour s'imposer samedi soir 104 à 84. "Jouer dans une salle vide, forcément ce n'est pas la même chose. On l'a ressenti un peu au début du match. On a eu du mal à se mettre dedans. Mais on a bien fini en deuxième mi-temps. On peut être fier de ce qu'on a fait et de l'image qu'on a montré", a confié à l'issue du match le joueur de l'Étoile, Martin Courtois.

"On ne peut pas se passer de 30.000 euros dans notre budget"

L'absence de public représente un manque à gagner important pour l'Étoile, entre 3.000 et 5.000 euros par match selon les rencontres. Si le huis clos se prolonge, le président craint pour l’avenir de son club. "Si on fait tous les matchs à huis clos jusqu'à la fin de l'année, faites les comptes. On ne peut pas se passer de 30.000 euros dans notre budget. Donc on verra bien. Si c'est comme ça que ça doit se passer, ça se passera comme ça. Si on doit fermer le club, on fermera le club", a expliqué Luc Torres, le président de l'Étoile de Charleville.

Silencieux jusqu'ici, Luc Torres a pris la parole face à la presse après la rencontre. Il dit vivre difficilement la période. "Ça fait dix jours que c'est très compliqué. Je n'ai jamais vécu ça. Même quand on était en redressement judiciaire, c'était même plus simple que ça. J'ai même du mal à travailler, et pourtant c'est ça qui me fait gagner ma vie. Ce n'est pas le basket."

Le propos raciste est scandaleux, mais la façon dont c'est relayé sur les réseaux et dont on en parle, je ne trouve pas ça plus glorieux.

Luc Torres, président de l'Étoile de Charleville

Il dit ne pas comprendre la réaction de la fédération, qui a imposé un huis clos jusqu'à nouvel ordre. "Je ne sais pas ce que ça veut dire. J'ai l'impression que c'est juste pour dire qu'on fait quelque chose. Je trouve ça scandaleux. On ne peut pas condamner les gens uniquement sur des propos qui arrivent sur les réseaux sociaux", a-t-il ajouté.

Une séance disciplinaire doit se tenir au siège de la fédération à Paris le 22 février prochain pour décider des suites de l’affaire.