Féminicide : le mari de la femme tuée à Givet mis en examen

Le mari de la femme tuée à Givet (Ardennes) ce week-end a été mis en examen pour "meurtre sur conjoint" et "viol sur conjoint" selon le procureur de la République de Reims ce mardi 7 janvier. Le suspect conformément aux réquisitions du parquet a été placé en détention provisoire.


 
Le mari de la femme tuée à Givet ce week-end a été mis en examen. Il s'agit du 4e féminicide de 2020 en France.
Le mari de la femme tuée à Givet ce week-end a été mis en examen. Il s'agit du 4e féminicide de 2020 en France. © Maxppp - Alexandre Marchi (photo d'illustration)
On en sait désormais un peu plus sur le déroulement de cette terrible nuit à Givet (Ardennes) le 5 janvier 2020. Le procureur de la république de Reims Matthieu Bourrette a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la mise en examen pour "meurtre sur conjoint" et "viol sur conjoint" d'un homme de 54 ans. Il est le principal suspect dans cette nouvelle affaire de féminicide. 
 

Le corps découvert dans le lit conjugal

Un peu avant 7 heures du matin, les gendarmes arrivent sur les lieux, ils découvrent le corps inanimé de cette dame de 48 ans, vétue d’un simple tee-shirt, allongée sur le lit de la chambre conjugale. La chambre est en grand désordre et particulièrement sale, selon les gendarmes. 

Quelques heures auparavant, le mari - principal suspect - s'était réfugié chez son fils. Les enquêteurs l'y découvrent aviné et endormi. Le fils est encore mineur de 17 ans, mais aussi père de famille d’un jeune bébé. Le garçon vit depuis quelques mois en concubinage avec une jeune femme de 20 ans, dans le même immeuble que son père. Le fils du couple et sa compagne s'entendent mal avec son père et beau-père. Tous les deux précisent aux enquêteurs "que peu après minuit, l'homme les avait appelés par téléphone pour leur dire que son épouse était morte et qu’ils devaient venir en urgence."

Selon les deux jeunes, le meurtrier présumé leur demande de ne pas prévenir les gendarmes, "faute de quoi ils seraient des collabos ..." Ils se retrouvent ensuite tous les trois dans l’appartement du jeune couple. Après bien des tergiversations, le fils se décide à solliciter une voisine afin que celle-ci prévienne les forces de l’ordre. Ce qu'elle fait. 
 

Rapport sexuel violent ? 

"L’autopsie pratiquée dans le cadre de l’enquête pénale fait état de multiples plaies, ecchymoses et traces de violences récentes," explique le procureur Matthieu Bourrette."Elles résultent de coups portés à main nue ayant notamment entraîné au front un hématome sous-dural aigu qui est la cause principale du décès. Il est également constaté l’existence d’ecchymose de la vulve laissant penser à un rapport sexuel violent," ajoute le parquet. 


Placé en garde à vue, l'homme ne peut pas être immédiatement entendu, étant donné qu'il est très alcoolisé. Il fournissait diverses versions des faits. Commençant par nier toute intervention de sa part, et parlant d’une chute accidentelle de la part de son épouse en raison de son état d’ivresse, il finissait par admettre avoir à plusieurs reprises très violemment frappé celle-ci et l’avoir étranglée. "Il niait en revanche tout acte sexuel imposé, parlant d’un acte consenti mais non-complet," précise le procureur.

L’enquête a pu établir que le soir du 4 janvier, le couple avait dîné chez un voisin, dans le même immeuble. "La soirée s’était fort bien passée, sans tension entre le couple," raconte un témoin. Le couple qui était arrivé dans les Ardennes à l’été 2017 était connu des riverains pour être deux personnes souvent alcoolisées, sans activité professionnelle, les deux semblant être en invalidité. "Le milieu social apparaît comme particulièrement pauvre et carencé," explique le procureur. 

Des scellés ont été posés par les gendarmes sur la porte de l'appartement où s'est déroulé le drame à Givet.
Des scellés ont été posés par les gendarmes sur la porte de l'appartement où s'est déroulé le drame à Givet. © France 3 Champagne-Ardenne
 

Un couple reconnu violent depuis des années

La victime -elle-même - avait été condamnée il y a 15 ans pour des violences aggravées sur son mari, aujourd'hui mis en cause. Elle lui avait asséné des coups de couteau. Lui-même avait lui été condamné à quatre reprises entre 2009 et 2013, pour des faits de violences et menaces de mort, sur sa conjointe. 

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, le fils du couple et sa compagne avaient appelé la gendarmerie pour faire état de cris au sein du couple, ils avaient également évoqué de la violence et des coups. Mais les gendarmes intervenus vers 4 heures du matin, n’avaient plus rien entendu et n'avait pas pu rentrer dans l'appartement. Aucune enquête n’a été ouverte pour ces faits.
 
Une information judiciaire est ouverte ce 7 janvier 2020 des chefs de meurtre sur conjoint et viol sur conjoint, il a été placé en détention provisoire. 




 
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