Electrolux, unique client de la SAI de Revin et ancien propriétaire de l'usine ardennaise, pourrait être placé en redressement judiciaire ce vendredi après-midi. Va-t-il alors tenir sa promesse : verser une prime de licenciement aux salariés ? Retour sur ce feuilleton social en 5 points.

C'est une longue agonie. Autrefois fierté des Ardennes, le site mythique d'électroménager de Revin est en train de disparaître.

Des années qu'ils sont dans l'incertitude. Les salariés de la SAI, la Société Ardennaise Industrielle, sont à bout. Alors que l'usine revinoise attend l'annonce de sa liquidation le 28 février, nouveau rebondissement, ce vendredi, leur unique client et ancien patron, Electrolux, pourrait être placé en redressement judiciaire cet après-midi. Seulement voilà, il avait fait une promesse : indemniser les salariés si l'entreprise venait à fermer. 


5 dates pour comprendre


  • 1976 :  Fleuron de l'électroménager, le fabricant de lave-linges Arthur Martin employait 3600 personnes à Revin.

  • Automne 2014 : L'entreprise Selni, spécialisée dans la fabrication de moteurs, rachète l'usine Electrolux de Revin. Mais lors de ce PSE, de ce Plan de Sauvegarde de l'Emploi, Electrolux fait une promesse : il continue de passer commandes pour pérenniser l'activité. Il s'engage également à verser une prime de licenciement de 2300 euros par année d'ancienneté si le site venait à faire faillite. Soit un engagement de 12 millions d'euros. 

  • Septembre 2017 : La production à Revin est à l'arrêt. L'unique client de l'entreprise, le groupe Electrolux, ne veut plus des moteurs fabriqués dans les Ardennes, ils ne seraient plus conformes, trop bruyants. La SAI, la Société Ardennaise Industrielle, rentre en liquidation judiciaire. 

  • 23 février 2018 : Ce vendredi après-midi, Electrolux pourrait être placé en redressement judiciaire. Le tribunal doit rendre sa décision à 15h. Si c'est le cas, le groupe va-t-il tenir ses engagements et verser les primes de licenciement aux salariés de la SAI qui vont perdre leur emploi ? 

  • 28 février 2018 : Les salariés de la SAI de Revin sauront si l'offre de reprise de l'entreprise bretonne Delta Dore est validée par le tribunal de commerce de Compiègne. Le projet prévoit de conserver seulement 24 emplois sur les 181 actuels. 

Les explications sur place à Revin de Céline Lang, Daniel Samulczyk. Montage : Elisa Beaugé