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Ardennes : elles le découpent à la tronçonneuse et s’y attaquent à la hache ne laissant que le tronc

Nadine, Laure, Aude, et Rachel à la hache, les quatre bûcheronnes sportive du Timbersports féminin français à Sedan / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne
Nadine, Laure, Aude, et Rachel à la hache, les quatre bûcheronnes sportive du Timbersports féminin français à Sedan / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne

Inédit en France, la foire agricole et forestière de Sedan dans les Ardennes a accueilli ce week-end une compétition féminine européenne de bûcheronnage sportif. Quatre alsaciennes ont affronté sept autres athlètes polonaises, allemandes et suisses pour un podium.
 

Par Daniel Samulczyk

Ça sentait la sciure et le bois fraîchement coupé autour du chapiteau réunissant quelques unes des meilleures compétitrices de France et d’Europe pour la Ladies Cup européenne féminine de bûcheronnage sportif sur la prairie de la foire agricole de Sedan.
Si on peut avoir, à juste raison, une petite hésitation en pénétrant dans la grande tente blanche où se préparent les pros de la découpe, (de bois), la première rencontre rassure de suite une fois les haches posées.

A quelques minutes de la montée sur scène la tronçonneuse à la main, dans le camp alsacien, l’heure est aux derniers conseils techniques de l’entraîneur et à la sécurité pendant la compétition. Rachel, Aude, Nadine et Laure, les "Sérials Killeuses" de troncs d’arbres, font quelques étirements histoire de s’échauffer et enfilent leurs chaussettes de protection en cotte de mailles pour éviter tous dons d’organes prématurés.
Aude Seel, 22 ans, protège ses jambes et ses pieds avec de la cotte de maille avant la compétition de bûcheronnage / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne
Aude Seel, 22 ans, protège ses jambes et ses pieds avec de la cotte de maille avant la compétition de bûcheronnage / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne

Que la force soit avec toi

L’image même du bûcheron massif en chemise à carreaux, et avec souvent l’accent canadien disparaît lorsqu'on découvre les jeunes visages de nos quatre Françaises. Les allures sont plutôt frêles et l’on cherche les gros muscles, mais le talent est ailleurs, dans une préparation méthodique des corps et des esprits, et une recherche de la meilleure technique de coupe.

Il faut tester la discipline au début. Moi, la première fois, j’avais jamais touché une hache, c’est lourd, on se demande comment on va faire, mais on a les équipement de protection ce qui permet d’être rassuré, et après il faut travailler avec des personnes en qui on a confiance et ça permet d’avoir confiance en soi aussi,  car ça peut être un peu compliqué devant un morceau de bois de manier ces outils là qui sont un peu dangereux.
- Aude Seel, étudiante en économie sociale et bûcheronne sportive

Mieux vaut ne pas s’appeler Jacques Dutronc

La panoplie d’outils de ce quatuor de la découpe est impressionnante : sur le podium, en trois épreuves et en un temps record, il va falloir débiter des grumes de 30 à 40 cm de diamètres à la tronçonneuse, fendre des troncs en cadence à la hache, et scier des rondins avec une scie passe-partout longue de deux mètres. Quand les binômes alsaciens se présentent sur scène devant le juge de la Ladies Cup compétition, la concentration est totale et le public retient son souffle.
la fine équipe alsacienne du Timbersports féminin français / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne
la fine équipe alsacienne du Timbersports féminin français / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne

Au coup de sifflet, le chrono se déclenche, et les lames attaquent la fibre du bois de peuplier. Les mouvements de la hache sont mesurés et précis et l’effort est incroyable. L’athlète Suisse et les allemandes sont les patronnes dès le début de la compétition avec des coupes à moins d’une minute trente à la hache.

Tout est exotique dans cet affrontement forestier, même les outils ont pris un accent US. La tronçonneuse de série devient la Stock saw, la hache horizontale s’appelle l’Underhand chop et la grande scie passe-partout de deux mètres est rebaptisée le Single buck.
l'épreuve du passe-partout, une scie de deux mètres dont l'affûtage demande 12h de travail / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne
l'épreuve du passe-partout, une scie de deux mètres dont l'affûtage demande 12h de travail / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne

Ils en pensent quoi les bûcherons ?

Alors que la compétition masculine se poursuit dimanche 8 septembre, nous avons voulu savoir ce qu'en pensait les bûcherons présents ce jour là pour la compétition. Et notamment un professionnel de la découpe. 

C’est honorifique de voir des femmes qui se mettent la compétition, ça démasculinise le bûcheronnage. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes dans les écoles de bûcheronnage et  la preuve qu’elles se mettent à faire des compétitions, c’est un joli héritage. Mine de rien, elles ont quand même une certaine pression pendant les épreuves de se retrouver sur scène, quand il y a 1000 personnes qui vous regardent, il faut rester lucide tout le temps.
- Maximilien, démonstrateur chez Sthil France

 
Maximilien, démonstrateur et bûcheron chez Sthil, voit d'un bon œil l'arrivée de femmes dans la compétition / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne
Maximilien, démonstrateur et bûcheron chez Sthil, voit d'un bon œil l'arrivée de femmes dans la compétition / © Daniel Samulczyk, France3 Champagne-Ardenne

Le classement final du concours féminin n'a pas été à la hauteur des espérances de nos Alsaciennes. Rachel Paggin termine 6ème, Laure Strebler 8ème, Aude Seel 9ème, et Nadine Hoffmann 10ème. Mais qu'importe le score, ces femmes ont prouvé s'il le fallait encore, qu'aucun métier ne leur résiste. 

 

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