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Suicides à la SNCF : un décès dans les Ardennes

Les syndicats évoquent une "souffrance" au travail qui interroge sur la réorganisation du groupe ferroviaire public. / © Alexandre MARCHI / MaxPPP
Les syndicats évoquent une "souffrance" au travail qui interroge sur la réorganisation du groupe ferroviaire public. / © Alexandre MARCHI / MaxPPP

Un cheminot de Charleville-Mézières s'est donné la mort en novembre dernier, a révélé Mediapart qui dénonce des suicides à répétition dans l'entreprise ferroviaire.

Par IG

Le 21 novembre dernier, un cheminot de 45 ans décède en se plaçant devant un train, à Vrigne-Meuse. Il portait "son gilet orange, la tenue identifiable du cheminot", précise un article paru ce mardi sur Mediapart. Le site d'informations y dénonce des "suicides à répétition que la SNCF ne veut pas voir".

Ce conducteur de train était "descendu de machine", comme on dit entre cheminots. Il travaillait dans un bureau à Charleville-Mézières. "Son décès a choqué tous les collègues", confie Nordine Kadri, secrétaire régional Sud-Rail qui estime que "sur cette affaire, la SNCF a fait correctement son travail", citant  notamment la cellule d'aide psychologique qui s'est mise en place. "Dans tout cas de suicide, les causes entre vie privée et vie professionnelle sont difficiles à déterminer."
 

"Management agressif"

Le syndicaliste ardennais reconnaît par contre "une réelle souffrance au travail", dénonçant un "management agressif". Ouverture à la concurrence, réorganisation du travail, mutation des métiers... de nombreux facteurs sont responsables, selon lui, du mal-être des agents. "La direction pourrait faire quelque chose pour éviter tous ces suicides", estime Nordine Kadri.

En 2017, 57 cheminots se seraient donné la mort sur les "emprises ferroviaires", à savoir les voies, gares et bureaux de l'entreprise, selon la CGT. Un chiffre à peu près similaire à celui avancé par la Sud-Rail. La SNCF qui compte environ 150.000 agents ne confirme pas ces chiffres.

"L'entreprise se défausse de ses responsabilités", déplore Sébastien Neau, représentant la CGT en Champagne-Ardenne. "Il y a clairement un manque de suivi social dans l'entreprise. On supprime des postes, des services, on placardise certaines personnes, ce qui engendre de la souffrance." Le syndicaliste dénonce la "logique financière et comptable" qui prime désormais à la SNCF, regrettant la perte de la fameuse "culture cheminote".

 

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