Coronavirus : Wepa sécurise la production du papier toilette, star du confinement

Elle a vu ses stocks fondre au mois de mars face à une demande en hausse de 150% pendant 3 semaines : l’usine de Torvilliers Wepa (Aube) qui fabrique des rouleaux de papier toilette, des essuie-tout et des mouchoirs multiplie les mesures de protection pour ses 270 salariés.

Les stocks de papier toilette ont diminué à vive allure !
Les stocks de papier toilette ont diminué à vive allure ! © Wepa - remise de photo
Il a fallu répondre à cette demande aussi soudaine qu'inattendue. La population s'est jetée sur le papier toilette ! Dans l'Aube, l’usine de Torvilliers Wepa fabrique des rouleaux, des essuie-tout et des mouchoirs. Ses stocks ont diminué au mois de mars. Il a donc fallu répondre à la demande pendant trois semaines : une augmentation de 150%.  
 
Difficile de s'en passer ! Le papier toilette est bien incontournable. Un artiste de Dordogne en a fait tout récemment l’élément essentiel de son monument au confinement, associé à des paquets de pâtes…
Quant aux usagers des réseaux sociaux, ils n’ont pu échapper aux  course pour chats avec des obstacles en papier toilette et autres joyeux détournements. Cet aspect viral, les dirigeants du groupe Wepa ne s’y attendaient pas mais ils ont pu mesurer ces derniers mois à quel point leur production était de première nécessité.
 
 

La peur de manquer

Présents à Torvilliers près de Troyes depuis 2015, date à laquelle l’entreprise familiale allemande a racheté l’usine à l’italien Lucart, les 270 salariés de Wepa fabriquent des rouleaux de marques distributeurs pour de nombreux hypermarchés.
Ils travaillent en 5x8 sept jours sur sept et il fallait ça pour répondre à la « peur de manquer » qui a débuté une semaine avant le confinement. Trois semaines plus tard, les stocks avaient singulièrement fondu mais il n’y a jamais eu de pénurie.

« Comme nous sommes une entreprise européenne avec 13 sites dont  3 en France et 2 en Italie, nous avions heureusement pu prendre les devants et monter une cellule de crise dès le 25 février » raconte Christophe Dorin, le dirigeant de Wepa Greenfield à l’échelle nationale. « L’usine troyenne ne s’est jamais arrêtée parce que nous avons lutté contre les peurs des uns et des autres en discutant avec les partenaires sociaux.» 

Pendant le confinement, Wepa a  tout de même dû gérer un absentéisme important. Environ 22 % des employés, vulnérables ou en gardes d’enfants sont restés chez eux à partir du 20 mars. « C’est un absentéisme moins important que sur les autres sites français (Lille-Bousbecque, le siège social et Château-Thierry, où nous fabriquons en partie notre matière première). Mais il a été plus important en revanche que dans les autres pays européens où nous sommes implantés, même sur nos sites Italiens le coup d’arrêt a été plus marginal ».
 

Des mesures de protection

Pour limiter les risques sanitaires, le site de Torvilliers a mis en place un grand nombre de mesures de protection. « Les masques sont déjà dans notre culture » explique François  Roposte le directeur de l’usine. « Lorsque nous nettoyons nos machines, nous devons déjà nous protéger de la poussière de papier. Simplement quand la pénurie est arrivée il a fallu se reporter vers les masques en tissu. Aujourd’hui on est revenu au jetable.» La société a par ailleurs installé des Algeco pour multiplier les zones de vestiaires et des portes automatiques pour limiter les transmissions par les poignées.

 

L'usine est implantée à Torvilliers dans l'Aube, près de Troyes.
L'usine est implantée à Torvilliers dans l'Aube, près de Troyes.


Où en sont les stocks et le marché aujourd’hui ?

Les responsables le reconnaissent, depuis le mois d’avril un fort tassement de la demande s’est fait sentir et les stocks se sont reconstitués. « Les gens consomment ce qu’ils ont acheté ! Comme tous les acteurs économiques, nous sommes inquiets car il va y avoir une récession et lorsque le pouvoir d’achat s’écroule il y a toujours un risque de report sur des produits très bas de gamme et d’importation. Ce serait dommage car contrairement à l’Australie, très dépendante de la Chine sur ce terrain, l’Europe était jusqu’ici autosuffisante, » explique Christophe Dorin.

« Malgré tout, notre caractère indispensable a été confirmé et nous continuons à investir et à embaucher, conclut François Roposte. Nous cherchons régulièrement des conducteurs de lignes et des spécialistes de la maintenance, qui sont des postes très techniques et qualifiés, qu’on se le dise ! »

 

Les bobines pèsent trois tonnes chacune.
Les bobines pèsent trois tonnes chacune. © Wepa - remise de document


WEPA, un poids lourd du secteur 

A l’échelle européenne, le groupe Wepa est le 3e fournisseur de Papier toilette en volume de ventes derrière Essity (Lotus, Moltonel..) et Sofidel (Marques distributeurs). Chaque jour, l’usine de Torvilliers produit d’abord sa ouate de cellulose à partir de fibres naturelles issues de forêts (Scandinavie, Amérique du Sud) mais aussi de fibres recyclées issues de vieux papiers. L’utilisation de ce dernier type de matière première est l’un des chevaux de bataille actuels de Wepa. (Une matière première préparée dans son usine Greenfield à Château-Thierry dans l'Aisne).

Elle élabore ensuite des balles de pâte à papier sous forme d’énormes bobines de 3 tonnes chacune. Redécoupées puis conditionnées, elles sont transformées en  1 M400 000 rouleaux de papier toilette et essuie-tout ainsi que 100 000 boites de mouchoirs en papier. 

 
 
 

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