L'ADMR recherche des aides à domicile pour faire face à une population vieillissante et à des besoins accrus

Le 17 mars, c'est la journée nationale des aides à domicile. L'ADMR de l'Aube a installé pour l'occasion son bus itinérant sur le marché de Sainte-Savine avec la volonté de combler une quarantaine de postes sur le département.

« C'est un métier où je me sens utile. » Sophie Bakker a 18 ans quand elle débute sa carrière d’aide à domicile. Aujourd’hui, elle en a 18 de plus et elle n’a jamais regretté ce choix qu’elle a fait à l’aube de sa vie d’adulte. Chaque jour, cette Troyenne se porte au chevet d’une dizaine de personnes, âgées de 72 à 97 ans. Au programme : des toilettes, 4 à 5 le matin, des petits-déjeuners à préparer, puis des repas à donner jusqu'à 12h30/13h. L’après-midi, il y a du ménage, de l'accompagnement social, des rendez-vous chez les kinés. Arrive alors la fin de journée, ses dîners, les changes quand il y a besoin de les faire et, enfin, les couchers. « Je commence à 7h30 et je finis mes journées à 20h », explique Sophie. 

Vendredi matin, elle était présente sur le marché de Sainte-Savine à côté du "Proxibus » déployé par l’ADMR de l’Aube. Profitant de la journée nationale des aides à domicile, l’association est venue à la rencontre des Aubois qui pourraient être intéressés par un métier tourné vers les autres. « Aujourd’hui, il nous manque 40 professionnels. », précise son directeur, Sébastien Dary. « On accompagne 4000 personnes au quotidien dans les actes de la vie avec 650 professionnels, des auxiliaires de vie sociale, des aides aux familles, des aides à domicile, des aides-soignants… » 

Une centaine de CDI par an

Dans l’Aube, selon le recensement de l’Insee, 27,8% de la population est âgée de plus de 60 ans. C’est auprès de cette tranche d’âges que se concentre l’activité de l’ADMR puisqu’on y trouve 80% de ses bénéficiaires. « On est très axés sur la dépendance des seniors pour leur permettre de rester le plus longtemps possible autonomes à leur domicile », explique Sébastien Dary tout en affirmant que la tâche est de plus en plus difficile. Ce virage domiciliaire s’accompagne d’un vieillissement de la population et, par conséquent, les besoins s’accroissent. « L'an passé, nous n'avons jamais recruté autant de personne… 182 ! »

Chaque année, l'ADMR de l'Aube recrute environ une centaine de personnes en CDI, 2022 étant une exception. La porte de l’ADMR est ouverte à tous mais il faut remplir quelques conditions : « Ce qu'on veut, ce sont d'abord des hommes et des femmes qui ont une appétence pour accompagner les personnes, qui aiment les gens, qui le font avec leur coeur », détaille le directeur de l’ADMR. Pour ce qui est des gestes, de l’aspect purement technique du métier d’aide à domicile, l’association dispose d’un budget pour accompagner et former les candidats. « Dans l’Aube, on investit 200000 euros chaque année pour former nos professionnels », ajoute Sébastien Dary.

Initier le bouche à oreille

Pour combler ses 40 postes, l’ADMR met beaucoup d’espoir dans ce bus qui sillonne le département. Cinq nouvelles étapes sont prévues dans le courant du printemps. Cet affichage sur les marchés, sur les lieux de vie, est nécessaire et c’est souvent un préalable aux recrutements. Alexandra Merreaux, la Directrice des Ressources Humaines de l’association auboise, est aux commandes du bus. Pour elle, « Le but, c'est surtout de donner des flyers et de parler. ». « On ne rencontre pas forcément des gens qui cherchent du travail mais des gens qui connaissent du monde. On essaie de trouver des lieux avec une grosse fréquentation pour favoriser ensuite le bouche à oreille. »

Dans sa mission, la jeune DRH peut compter sur la volonté et l’amour du métier affichés par Sophie Bakker. Vendredi matin, elle l’accompagnait pour présenter son activité auprès des curieux ou de potentiels candidats. « C'est un métier très riche, très humain. C'est un métier qu'on fait par amour, on ne peut pas faire ce métier juste pour avoir une paye à la fin du mois. ». Un métier où il faut aussi composer avec de fortes contraintes. « Les amplitudes horaires sont un sujet », reconnait Sébastien Dary. « On travaille sur différentes solutions comme être sur du temps choisi plutôt que du temps subi ». L’idée ici est de permettre aux salariés de  participer à la réalisation des plannings. Il y a aussi une volonté d’organiser des tournées du matin et des tournées du soir. Toutefois, « Le manque de personnels nous limite dans ces moyens d'action mais c'est ce vers quoi on a envie de tendre pour le bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle. »

Mère de 3 enfants âgés de 6 à 12 ans, Sophie a réussi à trouver cet équilibre. Pour elle, pas question d’abandonner celles et ceux qui ont besoin d’elle, qui n’ont parfois qu’elle. « On arrive, ils n'ont peut-être pas forcément le moral, on repart, ils ont le sourire. » Ils lui en sont reconnaissants comme elle peut l’être à l’égard de son mari : « Sans lui, je ne pourrais pas faire ce métier mais il sait à quel point ça compte pour moi ». 

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