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Le défi d'un Troyen, conjuguer sport et handicap

Jean-Baptiste François-Jubert au dernier marathon de Troyes en 2018 / © Usac Athlétisme photos
Jean-Baptiste François-Jubert au dernier marathon de Troyes en 2018 / © Usac Athlétisme photos

Jean-Baptiste François-Jubert est un passionné d'athlétisme. Le Troyen de 35 ans est à mobilité réduite, mais jure que le sport et le handicap sont compatibles.
 

Par Monique Cugnot

Poursuivre un rêve, le toucher du doigt, l'effleurer, s'en approcher à nouveau, se battre, tomber, se relever, ne jamais renoncer malgré les doutes, les déceptions et une remise en question

énonce Jean-Baptiste François-Jubert, avec aplomb.

À la suite d'un accident en saut en longueur, en 2008, il souffre d'une fracture au bas de la colonne vertébrale qui touche ses lombaires. Si sa lésion est désormais consolidée, ses vertèbres se soudent et l'empêchent de faire des courses ordinaires. On le dit souvent, un malheur peut en attirer un autre. En juillet 2018, le Troyen est de nouveau victime d'un accident. Cette fois-ci, il chute sur son lieu de travail et s'en sort avec une entorse cervicale et un traumatisme crânien. Depuis, il souffre de la maladie de Scheuermann, une pathologie qui fragilise ses os. 

 

Jean-Baptiste François-Jubert au dernier marathon de Troyes en 2018 / © Usac athlétisme photos
Jean-Baptiste François-Jubert au dernier marathon de Troyes en 2018 / © Usac athlétisme photos

Cela ne l'empêche pas de s'engager au sein de la section handisport athlétisme de l'AV3S dans l'Aube, sensibilisé au sport pour tous. "J'ai choisi ce club parce qu'il a créé une branche handisport et s'y implique beaucoup depuis septembre dernier. Je peux également compter sur mon épouse et mon coach qui sont également énormément impliqués", témoigne-t-il avec émotion. Effectivement, le club est rattaché à la Fédération française handisport et travaille en collaboration avec le comité départemental handisport de l'Aube (CDH10), dont Jean-Baptiste François-Jubert est membre du bureau.
 

Un élan de solidarité pour nourrir un rêve

Passionné par la course à pied, je me dois, pour réaliser mon rêve, de travailler davantage dans cette discipline en fauteuil que je découvre depuis septembre. Cependant, pour pouvoir encore progresser, je dois investir dans du matériel de compétition sur-mesure

dit-il avec ardeur. Pour l'instant, il se débrouille avec un fauteuil que lui prête le CDH10. Ce qui ne l'empêche pas de s'entraîner assidûment, comme il le montre sur sa page Facebook :
 


Une passion si prenante que Jean-Baptiste cumule les objectifs. "Je me prépare pour la course de l'intégration ouverte aux valides et non-valides des Noës-près-Troyes du 16 mars, au semi-marathon de Troyes du 12 mai. Je souhaite surtout sortir du département et me mesurer aux autres marathoniens. À ceux du lac du Der en juin, au Run in Reims en octobre, et pourquoi pas, en 2020 ou 2021, au marathon de Paris. C'est mon objectif ultime", énumère-t-il avec engouement. 

Une détermination que constate Cédric Martin, son coach sportif et référent de la section handisport, à chaque entraînement : 

Jean-Baptiste est un athlète déterminé, courageux et très joyeux. C'est un véritable rayon de soleil, il apporte beaucoup de motivation à son coéquipier [lui aussi sportif à mobilité réduite, NDLR]. Je le soutiens en tant qu'entraîneur et suis persuadé qu'il réussira à atteindre ses objectifs.

 
Pour se rapprocher de son rêve, il a besoin de matériel mais cela coûte cher. Sans compter les frais de logistique et de déplacement… De quoi décourager les personnes vulnérables, qui subissent à la fois leur maladie et une forme de discrimination, regrette-t-il.
  
Afin de financer son équipement et ses autres frais, il fait appel à la générosité des donateurs qui pourront lui permettre de réaliser son rêve : "J'ouvre une cagnotte de 4.000 € et me fixe comme objectif de l’atteindre dans les 90 jours." Aujourd'hui, elle s'élève à 230 € auxquels vont se rajouter 400 € de promesse de ses gérants-employeurs Memphis Saint-Parres-aux-Tertres, comme en témoigne sa publication Facebook du vendredi 1er février.
 

Les personnes à mobilité réduite n'ont pas forcément les moyens d'acquérir du matériel et il est anormal selon lui, de n'obtenir aucune aide. Outre récolter des dons, Jean-Baptiste souhaite pousser un cri d'espoir, "telle l'adrénaline que l'on peut avoir lorsque l'on s'approche de la ligne d'arrivée."
 

En savoir plus sur Jean-Baptiste François-Jubert :

Né à Beaune, en Côte-d'Or en 1983, il découvre la ville de Troyes à 2 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Cette ville, il la chérit, tout autant que son épouse et ses 4 enfants, âgés de 10, 8, 5 et 2 ans. Il y a notamment fait ses armes en cuisine, restauration et hôtellerie au Centre de formation et d'apprentissage (CFA) de Pont-Sainte-Marie et a poursuivi par une mention complémentaire traiteur au CFA de Châlons-en-Champagne dès ses 19 ans.

D'ailleurs, si son nom ou son visage ne vous sont pas inconnus, c'est que vous l'avez déjà croisé au Memphis de Saint-Parres-aux-Tertres, un restaurant à thème venu tout droit des États-Unis, où il officie comme directeur.
 
 

Un matériel sportif onéreux et aucune aide pour en acquérir

Non seulement, aucune subvention n'est octroyée pour l'acquisition d'un équipement handisport ou sport adapté et surtout, il est onéreux. Le montant d'un fauteuil d'athlétisme d'entrée de gamme s'élève à 4.000 € et peut monter jusqu'à 12.000 € s'il est en carbone. 

Par exemple, une roue arrière en carbone d'un fauteuil handisport d'athlétisme coûte 900 €, une paire de gants kevlar s'élève à 230 €. Des prix élevés, qui s'expliquent par la qualité des matériaux utilisés détaille David Soraruffe, gérant de la boutique Aube médical : "Les gants sont d'une immense résistance et disposent d'un système d'accroche qui permet d'adhérer au maximum la main courante de la roue."

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