Troyes : drame du Vouldy, le jeune conducteur ivre condamné à cinq ans de prison dont deux ferme

Dans l'affaire du dramatique accident de voiture qui avait coûté la vie à trois jeunes dans la nuit du 13 au 14 janvier 2020, le conducteur ivre, a été condamné à cinq années de prison dont deux ferme, mardi 15 juin, par le tribunal correctionnel de Troyes.

Le palais de justice de Troyes, mardi 15 juin 2021
Le palais de justice de Troyes, mardi 15 juin 2021 © Olivia Garrett Alais/France Télévisions

Depuis plus d'un an, les trois familles des victimes attendaient une condamnation. Dans la nuit du 13 au 14 janvier 2020, Malik B prend le volant de son véhicule avec à bord trois jeunes passagers. Vitesse excessive, alcool, le véhicule fini son parcours dans la Seine, Chaussée du Vouldy à Troyes, à quelques mètres de la caserne des pompiers. Le conducteur en sort indemne, ses passagers périssent, noyés. Un fait divers qui avait suscité beaucoup d'émotions.
 

Les lieux de l'accident, Chaussée du Vouldy à Troyes.
Les lieux de l'accident, Chaussée du Vouldy à Troyes. © Laetitia Fouque/ France Télévisions


Le 18 mai 2021, devant le tribunal correctionnel de Troyes, le ministère public avait requis quatre ans d’emprisonnement, dont trois ans de sursis probatoire pendant deux ans, à l’encontre de Malik B, poursuivi pour homicide involontaire.

Ce mardi 15 juin, le tribunal est allé au delà des réquisitions en condamnant Malik B à cinq ans de prison dont trois avec sursis sur une période probatoire de deux ans, sans mandat de dépôt. Un jugement justifié par la gravité des faits et le comportement adopté par l'accusé depuis le soir du drame. Comme lors de l'audience du 18 mai, ce dernier n'a pas montré d'émotion particulière. Il a par ailleurs l'obligation d'exercer une activité professionnelle et de se soumettre à un traitement. Son permis est annulé avec impossibilité de le repasser pendant deux ans et sa voiture est confisquée. Sa peine de deux ans de prison ferme est aménageable selon l'appréciation du juge d'application des peines.

Ce n'est pas un bon exemple pour les jeunes

Alexandre Gyé-Jacquot, père d’Enzo Gyé-Jacquot, décédé dans l'accident

"Un jugement en demi-teinte"

"On est déçu, lâche Alexandre Gyé-Jacquot, père d’Enzo Gyé-Jacquot, décédé dans l'accident. De ce que j'ai compris, il y a la possibilité qu'il ne fasse jamais de prison puisque ses deux ans de prison ferme sont aménageables. Pour moi, ce n'est pas un bon exemple pour les jeunes. On ne comprend pas du tout qu'il ne fasse pas de prison ferme pour montrer aux jeunes qu'il ne faut pas faire n'importe quoi sur la route et pour qu'il prenne conscience de ce qu'il a fait.

"C'est un jugement en demi-teinte, estime quant à lui maître Jean-Philippe Honnet, avocat de la famille de Corantin Hennequière, une autre victime. Le tribunal va plus loin que les quatre ans demandés initialement par le Parquet mais sans mandat de dépôt et avec une peine aménageable. Je pense qu'il aurait fallu prévoir une peine, si courte soit-elle, de détention. Qu'au moins l'interessé se rende compte de ce que c'est que la prison et qu'il n'ait pas le goût d'y retourner même quand il fait la fête avec ses copains."

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