Bas-Rhin : positifs à la Covid-19 et pourtant vaccinés, rien d’anormal après des cas dans un Ehpad à Marckolsheim

Sept cas positifs le 27 mars à la covid-19 dans un Ehpad de Marckolsheim dans le Bas-Rhin chez des résidents vaccinés et le doute s'installe. La vaccination n'empêche pas la contamination mais limite le développement de formes graves de la maladie. 

A l'Ehpad du Ried à Marckolsheim, sur les 12 résidents positifs au covid-19, sept avaient reçu deux doses de vaccin, mais rien d'anormal à cela
A l'Ehpad du Ried à Marckolsheim, sur les 12 résidents positifs au covid-19, sept avaient reçu deux doses de vaccin, mais rien d'anormal à cela © Claire Peyrot / France Télévisions

Sur la porte d'entrée de l'Ehpad de Marckolsheim, on peut lire que l'établissement est fermé au public depuis le 27 mars. En effet, 12 résidents ont été testés positifs à la covid-19, parmi eux sept avaient reçu la double injection du vaccin Pfizer. L'occasion de rappeler que la vaccination ne prémunit pas contre une éventuelle contamination mais permet en revanche de diminuer fortement le risque de développer des formes graves de la maladie. D'ailleurs parmi 12 les résidents positifs, trois ont été hospitalisés, deux n'avaient pas du tout été vaccinés et un n'avait eu qu'une seule injection.

Le docteur Stéphane Gayet, infectiologue et hygiéniste, explique aussi que les personnes âgées "ont une immunité qui décline, on appelle cela l'immunosénescence. C'est pour cela qu'il est important de vacciner massivement le personnel des Ehpads. Et puis, le virus grippal est un virus très particulier qui mute sans cesse. Enfin le délai d'immunisation est long, particulièrement chez les personnes âgées".

 

L'objectif est de limiter le nombre d'hospitalisations

Le professeur Yves Hansmann, chef du service des maladies infectieuses au NHC de Strasbourg de confirmer. "Après la première injection, il faut compter 15 jours avant que l'immunité ne commence à se mettre en place. La quantité d'anticorps augmente ensuite progressivement puis intervient la seconde injection, trois semaines plus tard pour une immunité complète". Mais encore une fois, cela ne signifie pas que l'on ne peut pas attraper le virus.

"Le vaccin est une bonne protection mais la probabilité de développer la maladie n'est pas nulle, explique Stéphane Gayet. Ce que les autorités demandent à ce vaccin, c'est de limiter les formes graves de la covid-19 pour ne pas engorger les hôpitaux, ajoute Yves Hansmann. On prend beaucoup Israël en exemple, mais avec la vaccination de masse, le fait est que le nombre d'hospitalisations a baissé."

Les deux infectiologues misent surtout sur une immunité collective qui permettra de ralentir la circulation du virus et de nous sortir de cette crise. Et de rappeler que la vaccination ne signifie pas la fin des gestes barrières. "Un strict respect du port du masque, des distances physiques et de l'hygiène des mains limite la quantité de charges virales qui peuvent être reçues et donc là encore, de limiter les risques de développer des formes graves de la maladie", rappelle Stéphane Gayet. D'ailleurs, l'ARS a lancé une campagne de communication à destination du grand public pour le maintien des gestes barrières.

Une campagne pour encourager la continuité des gestes barrières malgré la vaccination
Une campagne pour encourager la continuité des gestes barrières malgré la vaccination © Agence régionale de santé

 

L'Ehpad de Marckolsheim devrait pouvoir rouvrir ses portes le 8 avril en fonction de l'évolution de la situation. Aujourd'hui un peu moins de 80% des résidents en Ehpad et en USLD (unités de soins de longue durée) en Alsace ont reçu les deux doses de vaccins, tandis que 13% de la population régionale totale ont reçu au moins une dose.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société vaccins - covid-19