Bas-Rhin : comment une gravière qui produit des granulats pour le BTP est devenu un espace de biodiversité

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Ce vendredi 13 mai, la gravière de Bischoffsheim ouvre ses portes au public. L'occasion de découvrir ce site industriel qui est devenu en 48 ans d'exploitation un lieu qui abrite une riche biodiversité.

A l'occasion de la 16e édition de la fête de la nature qui se déroule du 18 au 22 mai, la gravière de Bischoffsheim (Bas-Rhin) ouvre ses portes au public ce vendredi 13 mai. Située à proximité de Strasbourg et du Rhin, la gravière alluvionnaire d'Eqiom produit des granulats destinés aux professionnels du BTP mais elle est aussi devenue un lieu de biodiversité. 

Avec ses îlots graveleux, de roselières, ses mares à crapauds ou encore ses falaises à hirondelles, la gravière de Bischoffsheim est un site où de nombreuses espèces protégées peuvent y vivre ou se développer. En effet, depuis les années 2000, "le site est adapté et aménagé quotidiennement pour favoriser la protection et la préservation de la faune et de la flore" explique Arthur Bommier, le responsable d'exploitation Alsace Lorraine d'Eqiom. Et de poursuivre "nous avons ainsi sur notre site, une cinquantaine de crapauds verts par exemple, une espèce menacée d'extinction en France et en Alsace" se réjouit Arthuer Bommier.

Il faut dire que la réglementation environnementale y est aussi pour beaucoup. Avec les directives ERC (Eviter, réduire, compenser) de 2014, les carriéristes ont dû intensifier leurs efforts pour créer sur leurs exploitations des îlots de biodiversité.

La profondeur d'une carrière peut atteindre parfois les 40 mètres. Difficile dans ces conditions d'y voir la vie. Mais les exploitants doivent depuis le durcissement de la réglementation aménager des haut-fond ce qui permet aux petits animaux d'y vivre, de se reproduire, ou encore des petites plages.

"Au départ, les carriéristes avaient signifié leur mécontentement, aujourd'hui la préservation de l'environnement fait partie de la vie de l'exploitation", précise Pascal Lajujie, responsable de l'unité départementale de la Dreal. " Ce qui est intéressant, c'est que certains animaux ou plantes avaient quasiment disparu dans certains secteurs du fait de l'urbanisation ou de l'exploitation agricole des sols. Ces gravières ou carrières vont recréer des zones humides si nécessaire pour le développement de la faune et la flore".

Ce vendredi 13 mai donc, EQIOM organise, en collaboration avec la LPO, Ligue de la Protection des Oiseaux et l’association BUFO, des ateliers d’observation des espèces animales pour découvrir les amphibiens, les oiseaux et l’éco-pâturage. Une visite guidée du site en compagnie d’un écologue est également proposée aux visiteurs qui auront l’occasion d’observer les différentes facettes de la biodiversité présente sur le site.