Incendie à Schiltigheim : “c'est un soulagement que le suspect ait reconnu les faits”, pour la maire Danielle Dambach

Un incendie d'origine criminelle s'est déclaré le 3 septembre dans un immeuble à Schiltigheim / © Laurent REA/MaxPPP
Un incendie d'origine criminelle s'est déclaré le 3 septembre dans un immeuble à Schiltigheim / © Laurent REA/MaxPPP

Au lendemain de l'incendie criminel qui a coûté la vie à un garçon âgé de 11 ans et blessé onze personnes, Danielle Dambach, maire de la commune a évoqué les aveux du suspect, la solidarité des habitants et le relogement des familles.

Par M.C.

Mardi 3 septembre vers 3h50 du matin, un violent incendie d'origine criminelle s'est déclaré dans un immeuble de la rue Principale à Schiltigheim. Un enfant, âgé de 11 ans, est mort. Onze autres victimes ont été blessées. Un jeune homme de 22 ans interpellé ce jour-là a reconnu les faits. 
 

Au lendemain de ce drame, Danielle Dambach, maire écologiste de la ville, s'est exprimée devant les médias. Après avoir rappelé être "de tout coeur avec la famille de la victime", dont la mère a été opérée ce mercredi, la maire a évoqué des aveux du suspect, l'avenir des sinistrés, et l'élan de solidarité exprimé par les Schilikois. Elle a également demandé à l'Etat d'affecter des moyens supplémentaires la nuit.


Le suspect qui a avoué est-il aussi l'auteur d'autres incendies récents ?

"C'est un soulagement qu’il ait reconnu les faits indique la maire. J’ai eu le procureur de la République au téléphone, l'enquête se poursuit. A l’heure actuelle, nous ne savons pas encore s’il a agi seul ou pas, et si cet incendie a un lien avec les autres incendie qui ont eu lieu fin août".

L'homme "était ivre, même paraît-il, avant d’avoir commis les faits. Il a reconnu le feu de poubelles, rue des Chasseurs." La possibilité d’un acte raciste, "n’est pas avérée", précise-t-elle. S'il "n'a pas donné d'explications précises sur les motivations de son geste (...), en l'état de l'enquête, il n'existe aucun élément en faveur d'un acte à caractère raciste", a indiqué le parquet plus tôt dans la journée. "Aucun élément" ne permet de soupçonner une éventuelle complicité, a ajouté une source proche du dossier. Cet homme âgé de 22 ans sans profession a déjà été condamné dans le passé pour des dégradations volontaires par incendie.  
 


Où en est le relogement des familles ?

La nuit dernière, beaucoup de personnes ont été "relogées par des particuliers, ou par leurs propres assurances". "Seulement une dizaine de personnes ont passé la nuit dans le gymnase". L'accueil de jour est maintenu au quatrième étage de l’Hôtel de Ville, "avec des repas et aussi un lieu où parler". Des bailleurs ont proposé des logements, mais il faut trouver des appartements de taille adéquate aux demandes des familles, notamment des T5 ou des T6. 

Peuvent-elles rentrer chez elles ?

Le feu est complètement éteint, mais "il faut voir si les conditions de sécurité et de salubrité" sont bonnes. Neuf logements ont été totalement détruits par le feu - l’un par une explosion - et certains ont subi d'importants dégâts des eaux. Ces familles "devront être relogées. Pour elles, ça va être très difficile de récupérer des affaires. Des solutions sont en cours aujourd'hui ou demain". Pour les 34 autres familles, "les dégâts sont moindres". Elles pourront réintégrer leur logement, "dont certaines très vite".

La chaîne de solidarité est-elle suffisante ? 

"C'est une belle mobilisation. La Croix Rouge récolte des dons de vêtements qui affluent et des biens de première nécessité". La maire estime que les dons en vêtements peuvent être stoppés, mais qu'il est toujours possible d'envoyer des biens de première nécessité comme du savon. Ce qui manque le plus, "ce sont des meubles et de l’électroménager", qu'il est possible de déposer au centre technique municipal. Des dons en espèce peuvent également être effectués, mais pas au nom de la ville. "Un compte va être ouvert dans les prochaines heures intitulé "Croix rouge Schiltigheim sinistre incendie". Ils serviront essentiellement à rééquiper les familles. L'élan de solidarité se poursuivra en fin de semaine. Une minute de silence sera organisée samedi 7 septembre à 11h du matin place de l’Hôtel de Ville.


Faut-il des moyens supplémentaires pour patrouiller la nuit ?

Danielle Dambach demande à l'Etat des renforts, la nuit, "là où il y a le moins d’effectif , parce qu’il y a eu toute une série d’incendies qui se sont déclarés entre 2h et 4 h du matin", et qu'il n'est pas possible de savoir aujourd'hui si ces faits peuvent être imputés à l'homme placé en garde à vue. Elle recommande aussi aux habitants "la plus grande vigilance par rapport à leur habitat, sans tomber dans la paranoïa, en évitant de laisser les poubelles à l’extérieur ou un garage mal fermé par exemple.

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