Covid-19. Bas-Rhin : les capteurs de CO2 installés dans les classes divisent les communes

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Écrit par Marie Coulon
© STEPHANE LEF?VRE / MAXPPP

Recommandés par les autoritaires sanitaires pour mieux lutter contre les contaminations dans les établissements scolaires, les capteurs de CO2, à la charge des communes pour le primaire, ne font pas l’unanimité. Trop chers ou inutiles, leur déploiement en cours reste limité dans le Bas-Rhin.

Elle fait partie des leviers activés par le gouvernement et l’Education nationale pour lutter contre la propagation de la Covid-19 en milieu scolaire. En pleine semaine de rentrée, la maîtrise de l’aération, grâce à l’installation de capteurs de CO2, est en plein développement dans les établissements alsaciens.

Même s’il est difficile de dresser la liste exhaustive des communes qui ont choisi de s’équiper des précieux boitiers, "les commandes s’accélèrent dans le Bas-Rhin", confirme Vincent Debès, président de l'association des maires du Bas-Rhin.

Sa ville, Hœnheim, fait partie des premières à avoir sauter le pas l’année dernière, acquérant 42 engins, chargés de mesurer le taux de concentration de dioxygène de carbone en fonction d'un seuil donné, pour 7000 euros d’investissement.

Dernier exemple en date, Sélestat qui vient de recevoir 76 appareils destinés aux salles de classe et de repos de ses écoles primaires et élémentaires. "On voit bien que depuis la crise du Covid, il y a une attente très forte concernant la qualité de l’air, le renouvellement des espaces intérieurs. C’est important pour la santé des écoliers", affirme Charles Sitzenstuhl, adjoint aux finances.

Une aide financière bienvenue

Un "geste barrière" supplémentaire qui dans la petite classe de Monsieur Juillerat, instituteur et directeur de l’école Pestalozzi, n’est pas passé inaperçu auprès des jeunes élèves. Jusqu’à faire sonner le capteur en question, peu de temps après son installation, en raison d'une trop grande concentration humaine autour de lui. "C’est très visuel pour les enfants. On peut les associer au dispositif. Ce matin il y a des enfants qui sont restés un quart d’heure à l’observer", sourit-il, satisfait de voir arriver le dispositif. "Ça permet d’avoir une mesure que l’on n’avait pas. Avant on agissait de manière empirique. On aérait en ouvrant les fenêtres. Là, on sait si c’est vraiment efficient." 

A 75 euros le boitier, la ville du centre Alsace aura elle déboursé 5772 euros pour répondre aux recommandations sanitaires. Un engagement financier qualifié de "modeste", puisque subventionné à 60% par l’Etat, prêt à mettre la main à la poche pour accroître la cote des capteurs de dioxyde de carbone.

Installer ça, ce n’est pas une nécessité

Jean-Luc Leonhard

Maire d'Engwiller

"Il y a le matériel mais je ne parle pas du coût de l’installation, en temps et en moyen humain. Même avec une aide, ça reste conséquent et parfois dissuasif", reprend Vincent Debès. "Certaines communes choisissent de n’avoir que 4 ou 5 capteurs pour 20 salles de classe et elles mutualisent".

Et puis il a celles qui n’en voient pas vraiment l’intérêt. A Engwiller, près de 500 habitants, 2 salles de classe, on s’en passe carrément. "Tant que ce n’est pas obligatoire, on ne le fera pas", concède le maire, Jean-Luc Leonhard. "Nous avons de petits effectifs d’élèves, avec des locaux assez grands. Les institutrices aèrent toutes les heures, c’est ce que est préconisé, alors pour l’instant on reste comme ça. Installer ça, ce n’est pas une nécessité".

Selon le syndicat SE-UNSA, pour l’heure seuls 8,8% des écoles maternelles ou primaires du Bas-Rhin posséderaient des détecteurs de CO2.

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