Bas-Rhin : Alstom rejette l’offre de reprise de Punch pour sa filiale Aptis d’Hangenbieten

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Écrit par Marie Coulon
L'usine Aptis spécialisée dans la fabrication de de bus électriques ne sera pas vendue au groupe belge Punch.
L'usine Aptis spécialisée dans la fabrication de de bus électriques ne sera pas vendue au groupe belge Punch. © France Télévisions

Alstom annonce ce lundi 18 octobre avoir refusé l’offre formulée par le groupe Belge Punch pour le rachat de sa filiale Aptis, basée à Hangenbieten. Spécialisée dans la construction de bus électriques, les 141 salariés du site avaient vivement exprimé leur opposition à cette reprise.

Alstom a tranché. Lundi 18 octobre 2021, le groupe annonce avoir refusé l’offre émise par Punch pour la reprise de sa filiale Aptis basée à Hangenbieten, Bas-Rhin.

"Les analyses et les différentes expertises n’ont pas permis de mettre en évidence suffisamment de garanties durables pour l’ensemble des salariés en termes de croissance, de projets industriels et sociaux. En conséquence, Alstom a décidé de ne pas donner une suite favorable à l’offre de Punch", explique la direction.

La nouvelle est parvenue aux 141 salariés du site en toute fin de matinée. "C’est un soulagement", réagit Florian Bouché, délégué syndical CFDT. "C’est une décision logique. Alstom a estimé que l’offre n’était pas pérenne, ni pour l’industrie, ni pour l’emploi. Le business plan était trop ambitieux. La direction a entendu la grogne des salariés qui craignaient pour leur avenir".

Une offre de reprise contestée

Face aux problèmes de fiabilité rencontrés par son bus, Alstom avait annoncé la cessation d’activité du site, spécialisé dans l’électrique, en mai dernier. Un plan de sauvegarde de l’emploi jugé "satisfaisant" avait été négocié avec les instances syndicales et salué par l'ensemble du personnel pour ses mesures d'accompagnement. Un plan social compromis depuis la proposition de rachat formulée par Punch, le 4 octobre 2021, juste avant sa mise en œuvre.  

"Un bon PSE vaut mieux qu'un mauvais repreneur", s’étaient alors inquiété les salariés. En ayant pour objectif de développer un bus à hydrogène à Hangenbieten d’ici 2024, Punch prévoyait notamment le recours au chômage partiel pour plus de 15% d’entre eux, dès le rachat, et 22% de mobilités internes. Craignant de revivre un nouvel échec industriel et social, ces derniers avaient manifesté à plusieurs reprises,  notamment à Strasbourg la semaine dernière, pour affirmer leur préférence d’un plan de sauvegarde de l'emploi déjà négocié. 

Les derniers licenciements en 2022

Un PSE qui reprend dorénavant son cours. "Les salariés vont pouvoir se projeter et avoir le choix de leur avenir. Certains veulent par exemple entamer une reconversion professionnelle", reprend Florian Bouché.

Les premiers départs interviendront début novembre et s’étaleront jusqu’en juin 2022. D’ici là, la production devrait continuer et les négociations avec la direction d’Alstom se poursuivre concernant d’éventuels reclassements internes.  "L’entité bus intégrera prochainement la branche transports du groupe. Il faudra bien des compétences. On espère placer 10 à 15 postes", confirme le délégué syndical.

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