Bas-Rhin : mobilisation contre les violences faites aux femmes, "tout le monde est concerné" rappelle #NousToutes

Samedi 21 novembre 2020, le collectif féministe #NousToutes organise une journée de mobilisation pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles. Au programme, des formations et des lives disponibles en ligne mais aussi des actions menées sur le terrain, dans les rues de Strasbourg.
 
Les membres du collectif #NousToutes 67 mobilisés à Strasbourg
Les membres du collectif #NousToutes 67 mobilisés à Strasbourg © David Meneu/France Télévisions
Le confinement n’empêche pas de manifester. A quelques jours de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le collectif  #NousToutes donne de la voix sur les réseaux sociaux mais pas seulement. Pour apporter de la visibilité aux victimes et appeler les pouvoirs publics à l’action, il organise ce samedi 21 novembre des formations et des lives accessibles sur les réseaux sociaux tout en étant présent dans les rues de Strasbourg, sur les marchés notamment, et à 14h30 devant le palais de justice pour un rassemblement porté par l'association Osez le féminisme.

"On est encore très loin d’avoir atteint l’égalité dans les rapports entre les femmes et les hommes en France. Les violences sont encore massives", rappelle Caroline De Haas, membre du collectif. "

Lundi 16 novembre, le ministère de l'Intérieur a annoncé une hausse de 16% des violences conjugales en 2019. Elles ont touché 142.310 personnes tous sexes confondus. Cette même année, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit 25 de plus que l'année précédente.
 

"Des chiffres alarmants qui ne baissent pas"


Dans le Bas-Rhin, les chiffres des violences faites aux femmes "ne sont pas publics" regrette #NousToutes. Toutefois, en extrapolant à partir des enquêtes nationales, il estime que 3 femmes seraient violées ou victimes de tentatives de viols chaque jour. 10 femmes seraient victimes de violences conjugales, insultées, frappées, contraintes par leur compagnon ou ex-compagnon quotidiennement et 8300 femmes seraient victimes d’agression sexuelle.

Concernant le harcèlement de rue, autre phénomène qui serait en recrudescence sur le territoire, 80 % des femmes en seraient victimes. Enfin, une adolescente sur cinq serait victime de sexisme et de harcèlement sur internet.

"Les mentalités progressent mais il y a encore énormément de travail de sensibilisation à faire dans toutes les sphères de la société. Tout à l'heure, un commerçant nous a dit "vous devriez intervenir sur un autre marché parce qu'ici c'est pas la partie de la société qui est concernée", eh bien ce n'est pas vrai, tout le monde l'est concerné", insiste Eve Ballorain, militante NousToutes 67.
 
Des constats alarmants qui tendraient à s’aggraver avec le confinement. La plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes à enregistrer une hausse de 15% des appels de victimes depuis le reconfinement le 30 octobre, a indiqué mardi 17 novembre Marlène Schiappa. Le premier confinement, "terreau hélas propice aux violences conjugales", avait déjà vu "une explosion" des signalements sur la plateforme, cinq fois plus qu'en temps normal, a également rappelé la ministre déléguée à l'Intérieur. "Nous craignons que les deux confinements aient repoussé le départ de nombreuses femmes victimes et alertons sur une possible recrudescence des meurtres en sortie de confinement", réagit de son côté le collectif.

 


"Plus de transparence et d’actions"


Depuis 2014, la formation initiale et continue des personnels de police, gendarmerie, justice et de l’éducation nationale est une obligation légale. Depuis 2001, tous les élèves doivent suivre chaque année des séances d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, "or, nous constatons des défaillances dans l’application de ces lois", s’indigne-t-il.

Ses membres souhaiteraient des rapports annuels détaillant le nombre de formation suivies par les personnels et les séances d’éducation suivies par les élèves ainsi que d’avantage de moyens financiers permettant d’augmenter le nombre de places d’hébergement destinées aux femmes victimes de violences conjugales.

"Pour en finir avec les violences, il y a deux leviers", avance Caroline De Haas. "Le premier c’est des politiques publiques qui permettent de faire de la prévention, de l’éducation, de la formation, et de prendre en charge de manière efficace toutes les personnes victimes pour que ça cesse le plus rapidement possible. Le deuxième, c’est chacun et chacune de convaincre notre entourage de sensibiliser, de former, d’informer, nos proches, nos amis".

Depuis le 1er janvier 2020, 82 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint selon le collectif Féminicides par compagnons ou ex.

La préfecture du Bas-Rhin rappelle que les personnes qui se sentent en danger peuvent quitter leur domicile avec leurs enfants à tout moment, sans devoir disposer d’une attestation. Les forces de l’ordre ont été formées à ces situations d’urgence. En cas d’urgence, elles peuvent appeler le 17 ou utiliser le 114 pour alerter discrètement par SMS. Pour signaler un fait de violence, il est également possible de contacter le 39 19. Les victimes ont également la possibilité de se manifester auprès de leur pharmacien qui contactera en toute discrétion les forces de l’ordre.


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
féminicide société femmes manifestation économie social