Coronavirus : les hôpitaux saturés dans le Haut-Rhin, déclenchement du Plan Blanc au CHU de Strasbourg

Les urgences de l'hôpital de Hautepierre à Strasbourg se préparent à un afflux massif de patients dans les jours à venir / © Jean-Marc Loos
Les urgences de l'hôpital de Hautepierre à Strasbourg se préparent à un afflux massif de patients dans les jours à venir / © Jean-Marc Loos

Face à la progression de l'épidémie de Covid 19, le Centre hospitalier de Strasbourg a décidé de déclencher le "Plan Blanc". Aux urgences de Mulhouse et de Colmar, on s'attend à une aggravation exponentielle de la situation.

Par Claire Peyrot

Dans le sud de l'Alsace, la situation est très critique dans les hôpitaux. Les établissements du Haut-Rhin ont deux semaines de recul sur l'épidémie, après l'infection de nombreuses personnes lors d'un rassemblement évangélique à Bourtzwiller. Une expérience qu'ils tiennent à partager avec leurs collègues pour qu'ils se préparent à un afflux massif de patients dans des conditions d'accueil difficiles. 

Ce lundi 16 mars, le chef des urgences de Mulhouse a envoyé un messsage à ses homologues bas-rhinois pour les prévenir face à l'aggravation annoncée de la situation  : "depuis trois jours, nous sommes submergés par un flux incessant de patients avec des critères d'hospitalisation". "L'ouverture des lits COVID ne suffit plus, l'établissement est quasi à bout des moyens qu'il peut déployer" écrit Marc Noizet.
 

A Mulhouse, l'entrée des urgences / © Géraldine Dreyer
A Mulhouse, l'entrée des urgences / © Géraldine Dreyer

"Durant ces 15 derniers jours, toutes les mesures que nous avons prises ont été dépassées" rapporte le médecin, qui précise qu'en 24 heures, une vingtaine de décès liés au coronavirus a été comptabilisée dans l'établissement. Selon lui, les équipes commencent à s'épuiser, et l'absentéisme grandit.

Coronavirus : "La situation s'aggrave nettement sur les trois derniers jours", alerte le chef du service des urgences de Mulhouse

Il va falloir faire des choix 

A Colmar, l'hôpital est également dépassé par les événements. Malgré le Plan Blanc déclenché le 11 mars, la situation est telle que les décisions prises sont obsolètes dans les douze heures qui suivent. Le manque de lits est constant, le manque de matériel également. "Nous attendons encore une dégradation croissante voire exponentielle" écrit le docteur Yannick Gottwalles, chef de pôle des urgences de l'hôpital Pasteur à Colmar, en réponse à son collègue mulhousien, qu'il trouve "encore trop peu alarmiste". "Il va falloir faire des choix sur nos critères d'admission" écrit le médecin. "Il y avait un avant Covid-19, il y aura un après Covid-19 avec de très lourdes cicatrices".

Déclenchement du Plan Blanc à Strasbourg

Ce lundi 16 mars, 115 patients sont hospitalisés aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), dont 55 sont en réanimation. Par ailleurs, 111 salariés des HUS sont également positifs au virus. Face à la progression de l'épidémie, le Plan Blanc est déclenché.

Libérer des places en réanination

L'objectif principal de ce dispositif est de pouvoir créer de nouvelles places en réanimation. Le Plan Blanc doit permettre à l'établissement de se réorganiser rapidement, de faire face à la masse d'appels téléphoniques au Centre 15. Il s'agit aussi d'accueillir, de dépister et d'hospitaliser si nécessaire davantage de patients. 

Pour permettre au personnel soignant de prendre en charge au mieux les patients, l'hôpital s'organise. Les crèches de l'hôpital sont maintenues et un système de garde des enfants du personnel est en cours de déploiement dans les écoles alentours.

La bétadine en remplacement du gel hydro-alcoolique

A l'hôpital de Hautepierre, il reste de la solution hydro-alcoolique pour trois à cinq jours. Face à cette pénurie annoncée, il a été décidé en cellule de crise de repasser au lavage à la bétadine pour l’accès au bloc opératoire. 

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