Coronavirus : les infirmiers libéraux alsaciens appelés en renfort pour suivre les malades à domicile

La CPAM du Bas-Rhin souhaite recenser les infirmiers libéraux du département prêts à prendre le relais pour soulager les médecins de ville qui croulent sous les appels de leurs patients. Leur mission : permettre un suivi à domicile des patients covid-19.

Les infirmiers libéraux devraient être sollicités dans les prochains jours pour venir en aide aux médecins de ville.
Les infirmiers libéraux devraient être sollicités dans les prochains jours pour venir en aide aux médecins de ville. © Fabien Dubessay/ Maxppp
Le cabinet d'infirmiers libéraux dans lequel officie François Kopp à Strasbourg a reçu le mail de la CPAM du Bas-Rhin, le vendredi 13 mars. Un couriel dans lequel l'assurance maladie appelle aux volontaires, infirmiers libéraux, médecins, qui pourraient prendre le relais pour soulager les médécins de ville désormais en première ligne dans le combat face au coronavirus en Alsace. "Nous avons répondu présent à cet appel. Notre cabinet de 12 infirmiers libéraux, viendra en aide aux médecins de ville qui assurent désormais la prise en charge des malades du Covid-19, les cas graves étant dirigés vers les hôpitaux", explique François Kopp. 


Quelle sera leur mission dans un premier temps?


Deux cas de figure. Les patients atteints du Covid-19 ont un médécin traitant mais ce dernier n'est plus en mesure d'assurer le suivi de ses patients. Les infirmiers libéraux pourront pratiquer la téléconsultation. A savoir, par téléphone ou visiophone, prendre des nouvelles des patients. "A Strasbourg, les médecins de ville sont pour certains déjà débordés. Il faut assurer les consultations habituelles, mais aussi suivre l'état de santé des malades confinés chez eux. Certains n'y parviennent plus ou n'y parviendront plus dans quelques jours. Nous serons là pour leur apporter le soutien nécessaire", raconte François Kopp.


l'état de santé de certains patients s'est considérablement détériorié après une semaine. Nous devons pouvoir repérer ces cas pour une prise en charge rapide à l'hôpital


Des malades qui n'ont pas déclaré de médecin traitant. Et "il y en a beaucoup plus qu'on le pense". Si les symptômes ne nécessitent pas d'hospitalisation à priori, il faut tout de même suivre l'évolution de la maladie. "Nous avons vu des patients avoir seulement un peu de fièvre durant quelques jours. Puis l'état de santé s'est considérablement détériorié après une semaine avec des insuffisances respiratoires graves. Nous devons pouvoir repérer ce genre d'aggravation pour une prise en charge rapide à l'hôpital." Les infirmiers libéraux pourront ainsi suivre, toujours par téléphone ou visiophone l'évolution de l'état de santé des patients Covid-19 avec un ou deux appels par jour selon les cas.
Le cabinet a dû fait appel à son réseau pour pouvoir s'approvisionner en masques chirurgicaux.
Le cabinet a dû fait appel à son réseau pour pouvoir s'approvisionner en masques chirurgicaux. © François Kopp / Document remis


Intervention à domicile ?

L'objectif de cet appel aux forces vives du secteur de la santé, éviter que les hôpitaux soient surchargés. Des interventions à domicile seront également possibles pour les infirmiers libéraux. Ils sont formés et peuvent par exemple, pour les patients qui présenteraient des difficultés respiratoires mettre en place des masques à oxygène. "Et fonction des cas, nous pouvons également nous déplacer auprès des personnes dites à risques." Des patients atteints de maladies chroniques, immunodéprimés.
 

Masques, gels hydroalcooliques, avec quels moyens ?

Avec les moyens du bord. Le cabinet s'est organisé en interne et les tournées ont été modifiés pour que les infirmiers n'enchaînent pas patients habituels et patients covid-19 dans la même journée. "Le risque de contamination est trop important pour nos patients et pour nous également, malgré toutes les mesures de précaution que nous pourrions prendre"
 

Nous avons deux semaines de masques chirurgicaux, masques récupérés grâce à notre réseau
 

Quid du matériel ? Comme partout en France. Les masques et autres gels hydroalcooliques sont en rupture de stock. Même pour les infirmiers. "Nous avons fait tourner notre réseau et avons pu récupérer des masques chirurgicaux chez des connaissances travaillant dans le traitement laser de la vision et dont la clinique est fermée durant le confinement. On en a deux par personne et par jour, et nous devrions tenir deux semaines" détaille François Kopp. L'infirmier libéral qui est néanmoins soulagé après l'allocution du président de la République, lundi soir. Emmanuel Macron qui a annoncé l'arrivée de masques dans les territoires les plus touchés par l'épidémie pour équiper les personnels soignants et ce, dès ce mardi 17 mars. Et d'ajouter "en ce qui concerne le gel hydroalcoolique nous l'avons fabriqué nous-mêmes. 25 litres, de quoi tenir un bon mois."  


Ce mardi 17 mars, le cabinet strasbourgeois est en ordre de bataille. Pour le moment, les infirmiers libéraux n'ont pas été sollicités ni par les médecins traitants ni par la CPAM. Mais se disent prêts à prendre le relais dès que la situation l'exigera.

 
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