Couvre-feu dans le Bas-Rhin : la préfecture remet les choses au point et durcit les règles pour la restauration

Après un premier week-end de couvre-feu dans le Bas-Rhin, la préfète a jugé nécessaire de remettre les choses au clair sur des règles parfois  - volontairement ou pas - mal interprétées. Il ne sera plus possible de ne servir que des boissons, et les horaires des restaurants seront réduits.

Les bars qui ne servent pas de restauration doivent rester fermés, a reprécisé la préfète. Et les restaurants ne peuvent ouvrir qu'aux heures de service : entre 11h et 15h, puis de 18h à 20h30.
Les bars qui ne servent pas de restauration doivent rester fermés, a reprécisé la préfète. Et les restaurants ne peuvent ouvrir qu'aux heures de service : entre 11h et 15h, puis de 18h à 20h30. © Jean-Marc Loos/MaxPPP
Le premier week-end de couvre-feu dans le Bas-Rhin, et les premiers contrôles de police, ont permis de faire remonter des failles, ou en tout cas une mauvaise interprétation des règles édictées pour la restauration. La préfète du Bas-Rhin a donc décidé de les clarifier, en mettant en place des horaires très précis d'ouverture : "il s'agit de servir des vrais repas, avec une vraie carte. Les vrais repas se mangent aux horaires de midi et du soir. Nous avons donc décidé, en accord avec l'UMIH (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), de fixer des horaires : les restaurants pourront servir entre 11h et 15h, puis entre 18h et 20h30. Mettre en place ces horaires, c'est clarifier ce qu'est un restaurant, avec une vraie cuisine, et donc aider les professionnels à mieux les appliquer, et aux forces de police de mieux contrôler."


Pas de planchettes à grignoter autour d'un verre

Quant aux bars, il a été nécessaire de repréciser qu'ils sont bel et bien fermés. "Tous les débits de boissons sont fermés, c'est clair. Servir une planchette à quatre personnes autour d'un verre, ce n'est pas autorisé. Ni aller boire un verre dans un restaurant à 16h l'après-midi."

Il faut absolument éviter les contacts sociaux. Nous ne voulons plus voir de terrasses pleines de gens qui boivent un verre

Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin


Les seuls bars qui restent ouverts sont ceux qui proposent des activités annexes, comme le tabac, la livraison de colis, mais ils doivent se contenter d'assurer ces services annexes, et ne pas servir de boissons en parallèle.


Plus de service continu dans les restaurants

"Nous n'avons pas envie de revenir à un confinement, souligne Roger Sengel, le président de l'UMIH. Nous voulons diminuer les contaminations, respecter les soignants et leur travail, pour pouvoir retravailler normalement à l'avenir." 

Certains professionnels grincent pourtant des dents. "Tout le monde ne joue pas le jeu et on est tous pénalisé, martèle Gilles Egloff, gérant de plusieurs établissements strasbourgeois. Il faudrait davantage de contrôles, que les règles soient respectées, pour qu'il n'y en ait pas tous les jours des nouvelles."
Dans ses restaurants, un service continu est habituellement assuré. Il devra désormais s'interrompre entre 15h et 18h, un nouveau manque à gagner. "Ca permettait de combler un peu le gros trou laissé par les services de soirée. Surtout les week-ends, les gens passent du temps à table dans l'après-midi... En quoi boire un café à 15h est-il plus dangereux que manger une pizza à midi? Le problème, c'est la cohérence des décisions...".

Et de prendre un exemple : "au mois de décembre, un Colmarien qui voudra venir se balader au centre-ville, pour voir les lumières de Noël, il ne pourra même grignoter quelque chose et boire un verre à 17h... c'est dommage!" Dernier coup de gueule : "et pendant, ce temps, les centres commerciaux sont noirs de monde"... Avant de conclure : "malgré tout, on comprend bien que la situation sanitaire est dégradée et que les décisions sont difficiles à prendre".

A noter que les boulangeries-pâtisseries et surtout les établissements de restauration rapide ne sont PAS concernés par ces restrictions horaires. Une différence de traitement qui ne contribuera pas à apaiser l'agacement des professionnels de la restauration.

Le plan blanc déclenché dans les hôpitaux du Grand Est

Situation sanitaire "grave et sérieuse", affirme Laure Pain, médecin de l'Agence régionale de santé. "Le rebond épidémique a démarré le 4 octobre et depuis les chiffres s'envolent. Nous en sommes aujourd'hui à un taux d'incidence supérieur à 400 dans le Bas-Rhin. Dans les hôpitaux également, les chiffres sont alarmants : le nombre de malades hospitalisés à plus que doublé dans le département en une semaine. Il y a 164 patients ce lundi."  Le plan blanc a donc été déclenché ce 26 octobre pour l'ensemble de la région Grand Est.
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