Le “déclic” au Racing Club de Strasbourg, c'est pour quand ?

Les supporters jouent leur rôle de douzième homme à la Meinau, mais le Racing peine à l'extérieur. / © Jean-Marc Loos/France 3 Alsace
Les supporters jouent leur rôle de douzième homme à la Meinau, mais le Racing peine à l'extérieur. / © Jean-Marc Loos/France 3 Alsace

Encore battu à l'extérieur par Dijon, samedi 5 octobre, le Racing Club de Strasbourg aborde la trêve internationale à la 17e place du classement de Ligue 1. Il a quinze jours pour trouver des solutions et repartir avec plus de certitudes, dans le jeu et l'état d'esprit. 

Par Noémie Gaschy

"A un moment donné, il va falloir qu’il y ait un déclic pour que les choses tournent". Thierry Laurey a mis les pieds dans le plat après la défaite de son équipe à Dijon (1-0) lors de la 9e journée de Ligue 1, samedi 5 octobre. Le coach du Racing Club de Strasbourg sait que ses joueurs réalisent un début de championnat compliqué, loin de l'euphorie suscitée par la "parenthèse coupe d'Europe" aux mois de juillet et d'août.

La trêve internationale qui s'ouvre doit leur permettre de retrouver de la sérénité, au moyen de "travail" et d'"une remise en cause de tout le monde" pour "inverser la tendance", selon les dires de Thierry Laurey. Car à l'issue du premier quart de la saison, le Racing ne s'est imposé que deux fois (pour trois matches nuls et quatre défaites) et n'est que 17e, avec neuf points.

Certes, à cinq longueurs seulement du 6e, Reims, mais aussi avec à peine une de plus que la lanterne rouge, Metz.  Toutes les équipes se tiennent dans un mouchoir de poche. Si lors de certaines saisons, des clubs étaient déjà détachés après neuf journées, seuls trois points séparent le 11e du dernier du classement. 
 

Des déplacements peu fructueux et une attaque en berne 

Et ce n'est pas la qualité de jeu affichée qui est de nature à rassurer. A Dijon, la deuxième période a été d'un niveau très faible. Strasbourg est globalement décevant, voire parfois franchement inquiétant, tant au niveau footballistique que dans l'état d'esprit. A l'extérieur, le Racing n'a pris qu'un point, à Reims (0-0, le 18 août), et surtout, il est le seul club à ne pas avoir marqué le moindre but en déplacement
 

L'animation offensive choisie par Thierry Laurey fait l'objet de vives critiques"Les joueurs sont sensiblement les mêmes que l’an dernier et pourtant l’an dernier, on marquait des buts à l’extérieur. L’animation, c’est sensiblement la même aussi", se défend l'entraîneur, qui préfère pointer du doigt l'animation collective, mais reconnaît un manque d'efficacité offensive. 

"Si on ne marquait pas de but du tout, je comprendrais qu’on se pose la question. Ce n’est pas les consignes qui sont données avant le match qui font qu’on bride l’équipe, les consignes sont les mêmes à la maison qu’à l’extérieur. Pourquoi ça fonctionne à la maison et ça ne fonctionne pas à l’extérieur, c’est ça la clé du problème. C’est à nous staff avec les joueurs, de trouver la réponse".

La série noire des Strasbourgeois loin de leurs bases se poursuit depuis de longs mois. Ils ne comptent qu'une victoire sur leurs douze derniers matches à l'extérieur, c'était à Nantes le 24 mai (0-2). Il faut remonter au 19 janvier pour trouver trace d'un autre succès loin de la Meinau (1-5).
 

Le Racing en retard par rapport à la saison précédente

Strasbourg est habitué à lutter jusqu'à la dernière journée du championnat pour remplir ses objectifs. L'an dernier, ponctué par la victoire en coupe de la Ligue, avait presque fait figure d'exception. Cette saison, le Racing est bien parti pour trembler jusqu'au bout : après neuf journées, il est en retard par rapport à son bilan d'il y a un an, lorsqu'il se classait neuvième avec douze points (trois succès, trois nuls et trois défaites). A pareille époque en 2018, il avait ramené cinq points de ses déplacements. Surtout, il avait marqué quasiment trois fois plus : seize buts entre la première et la neuvième journée, six seulement cette saison. 

La formation alsacienne a perdu des joueurs cadres, sur le terrain et dans le vestiaire, lors du mercato estival. Pablo Martinez et Anthony Gonçalves ont rejoint Nîmes et Caen. Ils ont été remplacés numériquement, mais leur grinta manque terriblement au groupe de Thierry Laurey, qui n'a pas enregistré l'arrivée d'une grosse recrue pour pouvoir franchir un palier cette saison. 
 

Les supporters inquiets et impatients

Certains cadres de l'équipe, comme Kenny Lala, sont régulièrement pris pour cible. Les supporters et la presse leur reprochent de ne pas tout donner. Un manque d'allant et d'envie dénoncé sur les réseaux sociaux par les suiveurs du Racing.
 

Thierry Laurey, lui, n'a pas caché que le comportement de ses troupes ne lui a pas plus à Dijon : "Je ne comprends pas qu’on n’ait pas eu plus de maîtrise et plus d’autorité dans le jeu pour être les maîtres du jeu. On l’était en première temps. Il faudrait que j’en discute avec les garçons, c’est peut-être physique, c’est peut-être psychologique. Mais c’est sûr que ce que j’ai vu en deuxième mi-temps, ça ne peut pas satisfaire un entraîneur".

De leur côté, les supporters s'en prennent à ses choix tactiques et lui demandent de revenir à un système de défense à quatre, plutôt qu'à cinq (avec trois défenseurs centraux).


Et maintenant ? 

Les Strasbourgeois se doivent désormais de réagir. Le dimanche 20 octobre à 21 heures, ils iront défier Marseille au stade Vélodrome. "C'est le début du championnat, on va travailler pour gagner enfin à l'extérieur. On a gros match à Marseille après la trêve et on va tout faire pour gagner là-bas", assure l'attaquant Ludovic Ajorque, qui n'avait pas pris part à la défaite du Racing en terre phocéenne la saison dernière, le 26 septembre 2018 (3-2). 

Mais la mission ne sera pas facile pour les Alsaciens face à une équipe marseillaise pas franchement en forme elle non plus et qui reste sur quatre matches sans victoire, avec notamment une lourde défaite à Amiens (3-1), vendredi 4 octobre.

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