"Il y a encore du chemin à faire" : des militants de la cause animale réunis place d'Austerlitz à Strasbourg

L'antenne alsacienne de l'association One Voice organisait une manifestation ce samedi place d'Austerlitz, aux côtés du "Parti animaliste". Au cœur de leurs revendications : le sort des animaux de cirque et de parc aquatique.

La cause n'était pas locale, et c'est sans doute en partie la raison pour laquelle l'affluence a été très moyenne. Il s'agissait de défendre l'intérêt des animaux de cirque et d'évoquer le cas des delphinariums, deux réalités qui ne touchent pas particulièrement l'Alsace. Mais la singularité du mode d'action a probablement marqué les Strasbourgeois présents ce samedi, à la manifestation de l'association One Voice place d'Austerlitz. 

Les bénévoles étaient disposés en triangle, debout, le regard fixe et grave, avec un fond de musique classique. L'une d'entre elles scandait un texte percutant, pointant la responsabilité de chacun dans "le mal-être animal". "Sans les culpabiliser, je veux qu'ils comprennent qu'on est responsable quand on se rend au cirque pour faire plaisir aux enfants. On alimente le système, on le fait vivre, même si on n'a pas l'intention de faire du mal."

 

Les animaux de cirque sont la cible et la thématique de cette manifestation. Un sujet choisi par One Voice au niveau national, et décliné dans ses antennes locales depuis plusieurs semaines désormais. "Le grand public pense qu'il n'y a plus d'animaux dans les cirques en France mais ce n'est pas totalement vrai, estime Cédric Altherr, référent local de l'association. La loi ne désigne que les animaux dits sauvages, ce qui peut exclure les chevaux par exemple, qui peuvent être domestiqués." Cette loi contre la maltraitance animale de novembre 2021 s'appliquera aux cirques itinérants en 2028.

Des réactions parfois hostiles des passants

One Voice cible également les delphinariums, les aquariums à dauphins, coupables selon eux de maltraitance envers les animaux marins. "Il ne faut surtout pas arrêter de parler de ces choses, c'est la pression de l'opinion publique qui ouvre la voie à des changements", explique Cédric Altherr. Il existe aujourd’hui deux delphinariums en France, à Nantes et à Antibes. La loi de 2021 prévoit d'interdir ces spectacles à partir de 2026.

Malgré une cause qu'ils estiment tous bienveillante, les sept bénévoles de One Voice essuient parfois des remarques hostiles ou sarcastiques de la part des passants : "Et les humains qui souffrent, vous y pensez ?" "Vous n'avez pas mieux à faire ?" L'impassibilité est alors de rigueur. Ou la réponse argumentée. "On est habitués, ce n'est pas ce qui va nous décourager. Et puis, il y en a qui s'arrêtent pour vraiment se renseigner." Un homme passe alors et les interpelle "Vous êtes vegan j'espère ?" "Oui!" "Alors je suis avec vous !" L'argumentation n'aura même pas été nécessaire.