La qualité de l'air s'améliore mais reste mauvaise à Strasbourg, "on est dans les 10 villes les plus polluées de France"

Médiocre, moyen, sont des termes récurrents pour qualifier l'air à Strasbourg. Thomas Bourdrel, radiologue et fondateur de l'association Strasbourg Respire regrette que l'Eurométropole reste toujours parmi les plus mauvais élèves de France. Il donne des pistes pour améliorer la situation.

Notre santé dépend, en très grande partie, de la qualité de l'air que nous respirons. Alors quand après le journal météo, arrive le journal de la qualité de l'air, on a souvent de quoi faire la grimace. Exactement comme celle que l'on peut voir, trop fréquemment, sur les panneaux d'Atmo Grand Est

Cet organisme d’intérêt général réunit l’ensemble des acteurs régionaux engagés dans la surveillance, la communication sur l’air et la mise en œuvre d’actions conduisant à son amélioration.

Ce vendredi 13 octobre, il annonce que "les conditions météorologiques sont de nouveau estivales (soleil et températures élevées) sur une grande partie de la région et elles favorisent la formation d'ozone dont la concentration maximale augmentera par rapport à la veille. L'indice de la qualité de l'air sera moyen en région Grand Est, localement dégradé dans le Haut-Rhin."

Trafic routier, chauffage au bois et industrie : trois sources de pollution majeures

La chaleur y est donc pour quelque chose, si la qualité de l'air n'est pas bonne. Mais nos actions ont leur part de responsabilité aussi. Le médecin Thomas Bourdrel, radiologue et fondateur de "Strasbourg respire" est catégorique : "Nous, dans l'Eurométropole de Strasbourg, on est toujours dans les dix plus mauvais élèves, on fait partie des villes les plus polluées de France. Strasbourg est dans une cuvette, comme toute la plaine d'Alsace. On n'y a pas le vent nécessaire pour chasser les polluants, comme à Marseille."

D'où la demande de ce médecin, de ses collègues et autres scientifiques "que dans les villes soumises à un plan de protection de l'atmosphère, comme Strasbourg, que le bois soit interdit, mais comme il y a une subvention, davantage de familles se chauffent au bois !"

Il soutient aussi la lutte contre le trafic routier et l'interdiction dans toute l'EMS des vieux diesels, et précise :"On est très agacé de voir l'opposition vouloir gratter la ZFE. Éliminer les vieux diesels est vital."

Alors bien sûr, les émissions de dioxyde de carbone et les particules fines ont baissé de 40%, en 10 ans, et on ne peut que s'en réjouir, mais l'azote reste en hausse sur le territoire de l'Eurométropole. Ici, on se console en disant qu’on est sous les seuils réglementaires, mais attention, ils sont élevés, prévient le directeur de Atmo Grand Est. Le dioxyde d'azote émis par les voitures, puis les particules fines émises par chauffage au bois ont diminué, mais ce n'est pas suffisant.

"Les seuils réglementaires sont assez élevés par rapport à ce qu'il faudrait pour avoir une bonne qualité de l'air."

Etienne Koszul, Directeur d'Atmo Grand Est

Les seuils de références de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, ne sont que des valeurs guides. "Elles sont à 4 à 5 fois en dessous de ce que nous avons comme seuils réglementaires.", précise Etienne Koszul, directeur général d'ATMO Grand Est.

Que faire pour améliorer l'air que nous respirons ?

L'air que nous respirons au quotidien est constitué à 99% d'azote et d'oxygène, le 1% restant d'autres gaz. L'air a fait l'objet de plusieurs lois, revues et corrigés, après moult débats, sur les droits du citoyen à respirer un air non préjudiciable à sa santé.

Respire Strasbourg, le collectif qui se veut lanceur d'alerte sur les risques de la pollution de l'air sur la santé des citoyens, propose de limiter les utilitaires polluants en ville en mettant en place :

  • une plateforme de livraison équipée de véhicules électriques, vélos cargos, etc.
  • un service de location d’utilitaires propres
  • grouper les livraisons par quartier.

Interdire progressivement le diesel en ville (comme au Japon) car même les nouveaux diesels émettent des particules (PM) dites ultra-fines.

Développer les transports fluviaux, ferroviaires et réseaux tram. Favoriser la mise sur rail du transport de marchandises.

Des problèmes de pollution spécifiques à l'automne et à l'hiver

Et le changement de saison n'améliorera pas la situation. "Les allergènes d'automne, des acariens et la fumée des incendies de forêt sont des problèmes sérieux de qualité de l'air qui touchent tout le monde.", selon l'entreprise suisse IQAir, partenaire technologique du Programme des Nations Unies pour l'environnement, d'ONU Habitat et de Greenpeace.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, en France, 48 000 personnes sont mortes prématurément à cause de la pollution de l'air, dont environ 5 000 dans le grand Est.

Nous voilà prévenus, et comme nous ne pouvons pas tous aller vivre dans le Cantal, réputé bénéficié de l'air le moins pollué de France, nous pouvons au moins vérifier quelle est la qualité de l'air sur notre commune. Et penser à aérer nos maisons et appartements, car la qualité de l'air intérieur ne doit pas être négligée non plus. Il est souvent encore plus vicié que l'air extérieur, faute d'aération et de ventilation suffisante. 

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