Les élèves du théâtre national de Strasbourg occupent leur école pour défendre la culture

Les élèves de l’école d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg occupent depuis ce mardi 9 mars 17h le bâtiment du TNS pour une durée indéterminée. Objectif : alerter sur la situation des professionnels de la culture mise à terre depuis des mois.

© Gulliver

Ils sont 51 à passer la tête par la fenêtre du TNS. Théâtre National de Strasbourg. Pas par la porte. Surtout pas. Tous ces apprentis scénographes, costumiers, comédiens, metteurs en scène, dramaturges, régisseurs ont décidé de passer la nuit dans leur école. Et plus si leurs cris de détresse ne sont pas entendus. Pour eux, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une question de survie. De la culture et de tous les métiers qu'elle nourrit.

© Gulliver

Par cette occupation, les élèves du TNS s’associent aux intermittents qui occupent actuellement le Théâtre de l’Odéon à Paris.

Une question de survie

 

Emilie Lehuraux, élève en section jeu, est devenue en l'espace de quelques minutes, le porte-parole de cette rébellion bon enfant. " On suit le mouvement initié à l'Odéon mais à une échelle moindre. Là, on est chez nous, on occupe un lieu intime où on vient tous les jours. On est complétement découragés. On vient tous les jours mais on fait comme si de rien n'était depuis trois mois. A un moment on ne peut plus. A quoi ca sert de répéter sans public ? De faire des spectacles sans public ? Nos amis, nos profs sont au chômage. Les spectateurs sont en demande de culture. Tout le monde a besoin de ça mais ça devient normal que tout soit fermé. C'est là que c'est dérangeant, on ne peut plus l'accepter d'autant que les spectacles sont tout à fait possibles dans le respect des gestes barrières. "

On vient tous les jours mais on fait comme si de rien n'était depuis trois mois. A un moment on ne peut plus. A quoi ca sert de répéter sans public ?

Emilie Lehuraux, élève du TNS

"Y a un lâcher prise de nos dirigeants, plus de nouvelles, rien, on sait pas quoi faire. Personne ne sait quoi faire. Quand ça fait un an qu'on a pas eu un seul contrat même moralement c'est invivable. Nous notre but c'est pas d'être violent ni de pousser à l'insurrection, on est pacifistes. Non nous on dit juste écoutez nous, on a besoin de vous, faites quelque chose pour nous."

© Gulliver

Un manifeste pour la culture

Leurs revendications sont simples, un manifeste pour la survie de la culture.

- La réouverture des lieux de cultures dans le respect des consignes sanitaires 

- Une prolongation de l’année blanche, son élargissement à tous.te.s les travailleur.se.s précaires, extras et saisonnier.ère.s entre autres, qui subissent les effets, à la fois de la crise et des politiques patronales, ainsi qu’une baisse du seuil d’heures minimum d’accès à l’indemnisation chômage pour les primo-entrant.e.s ou intermittent.e.s en rupture de droits ;

- Des mesures d’urgence face à la précarité financière et psychologique des étudiant.e.s ;

- Un plan d’accompagnement des étudiant.e.s du secteur culturel en cours d’étude et à la sortie pour leur permettre d’accéder à l’emploi ;

- De toute urgence, des mesures pour garantir l’accès à tous.tes les travailleur.e.s à l’emploi discontinu et auteur.rices aux congés maternité et maladie indemnisés ;

- Un retrait pur et simple de la réforme de l’assurance chômage ;

- Un financement du secteur culturel passant par un plan massif de soutien à l’emploi en concertation avec les organisations représentatives des salarié.e.s de la culture ;

- Des moyens pour garantir les droits sociaux – retraite, formation, médecine du travail, congés payés etc. - dont les caisses sont menacées par l’arrêt des cotisations. Pour porter ces revendications, nous exigeons, dans les plus brefs délais, une réunion du CNPS (Conseil National des Professions du Spectacle) avec le Premier Ministre ;

Sous les pavés, la scène ? Toutes les écoles nationales supérieures d’art dramatique de France et conservatoires devraient à terme rejoindre leur mouvement.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
culture spectacle vivant société covid-19 santé