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Marche des visibilités à Strasbourg : “Il reste beaucoup à faire pour plus de tolérance”

Des milliers de marcheurs et danseurs aux couleurs de l'arc-en-ciel dans les rues de Strasbourg ce 15 juin 2019 / © Marie-Christine Lang / France 3 Alsace
Des milliers de marcheurs et danseurs aux couleurs de l'arc-en-ciel dans les rues de Strasbourg ce 15 juin 2019 / © Marie-Christine Lang / France 3 Alsace

Le rapport de l'association SOS homophobie est alarmant, plus 15% d'actes homophobes en 2018 par rapport à 2017. Un chiffre qui donne encore davantage de légitimité à la marche des visibilités organisée à Strasbourg ce samedi 15 juin et qui a rassemblé plus de 6.000 personnes.

Par Anne-Laure Marie

La gay pride à Strasbourg est loin d'être une nouveauté. Organisée par l'association Festigays depuis 2002, elle a rassemblé encore cette année des milliers de personnes dans les rues de la capitale européenne, toutes avec un message de tolérance et d'acceptation de soi.

Rien de neuf si ce n'est les chiffres alarmants publiés dans son rapport annuel le 14 mai dernier par SOS homophobie, + 15% d'actes homophobes en 2018 par rapport à 2017 et surtout une augmentation des agressions physiques à hauteur de 66%. Autrement dit la communauté LGBT continue de susciter la haine et l'intolérance. Encore la semaine dernière, deux jeunes femmes ont été violement agressées dans un bus à Londres, suscitant l'indignation dans le monde entier.
 

Mon corps n'est pas un second placard

La marche des visibilités, plus que jamais d'actualité, s'est élancée dans les rues de Strasbourg à 14 heures avec un mot d'ordre : "mon corps n'est pas un second placard", en référence au premier placard qui dans la communauté LGBT désigne ceux, parmi les gays, bi et trans qui ne s'assument pas, une façon de dénoncer les discriminations qui se font au cœur même de la communauté. Le poids, le handicap sont parfois des motifs de rejet dans la communauté LGBT. 
 

Couleurs arc-en-ciel

Malgré cela, l'ambiance était évidemment festive dans les rues de la parade avec musique au taquet, couleurs partout : dans les vêtements, les cheveux, les drapeaux et surtout les yeux. 
 
Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, porté par les manifestants / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace
Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, porté par les manifestants / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace

Dans le cortège, Carmen, Victoria et Zvana forment un trio de travestis magnifiques. Présentes à chaque marche des visibilités, elles choisissent leur costume avec soin. "Aujourd'hui, nous rendons hommage à ceux qui se sont battus le 28 juin 1968 dans le bar le Stonewall du Greenwich Village à New York. Ce soir là, la police a fait une descente et la communauté gay présente s'est révoltée permettant une plus large prise de conscience", raconte Victoria haut perchée et visiblement émue.
 
Zvana, Victoria et Carmen pour la marche de visibilités de Strasbourg / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace
Zvana, Victoria et Carmen pour la marche de visibilités de Strasbourg / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace

"Je n'ai même pas osé le dire à mon père"

Alan lui vient d'Amsterdam. Il est venu en touriste et se régale. "Je suis qui je suis, c'est ce que permet cette marche, en plus il fait beau, c'est très agréable", se réjouit le jeune homme. Non loin de lui, Lucie, bisexuelle assumée, étudiante en archéologie à Strasbourg est ravie d'être présente. "Je n'ai jamais rencontré de discriminations me concernant mais je suis ici pour soutenir la cause, je voudrais qu'il y ait encore plus de monde !"

Vincent et Guillaume, étudiants également, arborent fièrement leur drapeau arc-en-ciel. C'est leur première marche des visibilités. "Je sais qui je suis, c'est cela qui est important, l'acceptation de soi, peu importe sous quelle forme, sans étiquette, c'est le message. Ce qui est génial, c'est qu'il y a beaucoup plus de monde qu'on pensait !" s'enthousiasme Vincent. "C'est vrai que ce type de manifestation donne de l'espoir, renchérit Guillaume, mais il reste beaucoup à faire".  

Enfin je croise la route d'Astrid, 42 ans. "Je suis ici parce que je suis une bi assumée. J'étais avec une femme autrefois mais ma mère n'a pas compris et je n'ai même pas osé le dire à mon père. Parmi les amis aussi, certains ont quitté le navire. Aujourd'hui je suis mariée avec un homme et tout le monde est content, s'amuse-t-elle, un brin ironique. Vous aussi j'espère, j'ajoute. Mais oui bien sûr !" Et elle éclate d'un rire franc et sonore.
 

Des personnalités hautes en couleur au cœur de la marche des visibilités / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace
Des personnalités hautes en couleur au cœur de la marche des visibilités / © Anne-Laure Marie / France 3 Alsace

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