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Pierre Le Crieur taquine le président de la République sur les marchés de Strasbourg

Pierre Siegwalt, plus connu sous le nom de « Pierre Le Crieur », anime des marchés strasbourgeois / © M. Kaiser /France 3 Alsace
Pierre Siegwalt, plus connu sous le nom de « Pierre Le Crieur », anime des marchés strasbourgeois / © M. Kaiser /France 3 Alsace

Pierre Siegwalt, plus connu sous le nom de « Pierre Le Crieur », anime le marché de la Krutenau tous les mercredis, et du Neudorf les samedis. À 39 ans, il murmure à l’oreille des passants pour les réunir et les inciter à débattre. 

Par Noémie Gaschy


Tantôt critique du président de la République, tantôt porte-parole des passants, Pierre Le Crieur ne passe pas inaperçu sur les marchés de la Krutenau le mercredi et du Neudorf le samedi. Toujours vêtu d’un costume repérable de loin, il fait s’arrêter les foules avec ses envolées poétiques ou sarcastiques.  Il a commencé le 31 janvier 2018, un mercredi sur deux avant d’attraper le virus et de multiplier les rendez-vous. Ce crieur public des temps modernes, loin du simple messager qui mettait autrefois la population au courant des nouvelles, se veut engagé. 

« Je suis crieur du peuple les semaines paires et crieur de la République les semaines impaires », lâche d’emblée le comédien pour attirer la curiosité. Crieur du peuple, comprenez son porte-parole. Il dévoile ainsi les petits mots que lui déposent les Strasbourgeois dans différents bars de la ville – le Chariot, le Marché Bar et le Local le mercredi – ou à la médiathèque du Neudorf le samedi. 
 
Une urne de criée publique place de Zurich à Strasbourg / © V. Ruiz Suri/France 3 Alsace
Une urne de criée publique place de Zurich à Strasbourg / © V. Ruiz Suri/France 3 Alsace

« On peut écrire des messages d’amour, d’humour, de colère, des recettes, des blagues. Il n’y a aucune limite. Ensuite, je les chante, je les murmure, je les clame lors du marché ». Pour jouer en quelque sorte les entremetteurs et pousser les passants à réagir et débattre. Le lieu n’est pas choisi au hasard. « Le marché, c’est un lieu d’échanges, de rencontres spéciales même entre des personnes qui ne se connaissent pas. Je veux créer du lien entre les gens et être critique envers une société de plus en plus libérale qui me plaît de moins en moins »
 

« Le président m’appelle tous les mardis soirs »


Questionner la société, c’est son thème favori lorsqu’il s’improvise « crieur officieux du président de la République ». « Le président m’appelle tous les mardis soirs une semaine sur deux, parfois même le mercredi matin lorsque l’actualité est brûlante. En ce moment, on parle beaucoup de GCO, mais aussi de l’Aquarius ou encore du plan pauvreté ».

Le propos, un brin provocateur, peut d’abord faire sourire, mais lorsque « Pierre le Crieur » fait tomber le masque, il revendique une démarche militante. Le comédien est loin de se contenter d’amuser la galerie. « J’essaye d’avoir un discours deuxième degré, je suis en fait critique du Président et de cette société. Le but est aussi que les gens s’interrogent sur des sujets qui me touchent ».
 
© M. Kaiser
© M. Kaiser

« Cher Peuple de Strasbourg,
le président est triste, affligé, il est désespéré par votre manque de compréhension. Il y a 15 jours, il vous a dit de rester chez vous, de ne plus manifester contre le GCO, de ne plus vous rendre à Kolbsheim et quelle a été votre réponse : des milliers de gens dans ce petit village de terroristes, une invitation au député Ruffin, des messages d'espoir et de lutte remis aux mains du crieur public.
Nous qui vous pensions raisonnables, responsables, résignés !! Vous nous décevez. Monsieur Macron ne peut que se réjouir de la décision du tribunal administratif de hier, que lui-même n’espérait pas et il m'a avoué qu'il avait bien ri après avoir lu les raisons invoquées pour ne pas suspendre les travaux, à savoir l'invocation de l’intérêt général. Même lui n'aurait pas osé vous la faire. »


Pour animer les deux marchés strasbourgeois, Pierre Siegwalt, comédien depuis 13 ans et formé à l’école LASSAAD à Bruxelles (Belgique), a rendu son tablier d’éducateur spécialisé en fin d’année 2017. Un changement de vie qui lui trottait dans la tête depuis un jour de 2011 où il a rencontré un crieur sur un festival. « J’ai trouvé ça poétique, engagé, drôle et j’ai eu envie de faire pareil »
 
Des petits mots déposés par les Strasbourgeois / © V. Ruiz Suri/France 3 Alsace
Des petits mots déposés par les Strasbourgeois / © V. Ruiz Suri/France 3 Alsace

A 39 ans, le jeune homme originaire de Muttersholtz dans le Centre Alsace, rêve désormais de vivre de son activité de comédien. Après chaque marché, il tient un chapeau et rassemble les quelques euros que lui laissent son public. Mais la criée doit surtout lui servir de tremplin et l’aider à avoir, à son tour, son nom à l’affiche de festivals et d’événements.
 
Pierre Le Crieur

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