La radio FIP Strasbourg programmée à disparaître

Les locaux de FIP Strasbourg, rue Joseph Massol à Strasbourg, partagés avec France Bleu Alsace. Radio France veut supprimer les trois dernières stations locales de FIP d’ici juin 2020. / © FIP toujours Strasbourg / Facebook
Les locaux de FIP Strasbourg, rue Joseph Massol à Strasbourg, partagés avec France Bleu Alsace. Radio France veut supprimer les trois dernières stations locales de FIP d’ici juin 2020. / © FIP toujours Strasbourg / Facebook

La PDG de Radio France, Sibyle Veil, a présenté au Comité Social et Économique de Radio France, mi-novembre 2019, un plan visant à faire 60 millions d’économies d’ici 2022 avec notamment la suppression de 299 postes dont ceux des animatrices de FIP Strasbourg. L'une d'entre elles témoigne. 

Par Claude Lepiouff

Radio France va supprimer FIP Strasbourg, ainsi que dans ses deux dernières antennes locales musicales à Nantes et Bordeaux au 30 juin 2020. Cette décision s’inscrit dans un vaste plan d’économie présenté par la présidente de la radio publique Sybil Veil le vendredi 15 novembre 2019. A Strasbourg, dix emplois disparaîtront : une coordinatrice en chef à plein temps, quatre animatrices en CDI à 69 % et 5 animatrices remplaçantes en CDD.

Agnès Sternjacob, 62 ans, animatrice de cette radio musicale et métropolitaine publique, a accepté de répondre à nos questions avant de participer, ce mardi 19 novembre 2019 à 17 heures, à une réunion du comité de soutien à l'antenne locale de FIP.
 
 

"Les salariés de Radio France sont sonnés"

La fipette (c'est le nom qu'on donne aux animatrices) se souvient que la mort annoncée des locales ne date pas d'hier : "Quand j'ai débuté à Fip en 1984, il y avait plus d'une dizaine de stations FIP locales et, beaucoup ont déjà disparu depuis 1988. Avec la création de France Info, puis celle de France Bleu en 2000 et enfin de Mouv' en 2015, le réseau a été pillé de ses fréquences à Lille, Lyon, Metz par exemple. Et dans quelques mois, il ne restera que FIP à Paris qui va ressembler à beaucoup de radios commerciales musicales. Je vais écouter les propositions qui me seront faîtes, aller gonfler le surnombre à France Bleu Alsace, trouver une formation pour partir de l'entreprise ?"

L'animatrice, syndiquée à la CGT, évoque la suppression des 299 postes et l'état d'esprit général dans l'entreprise de service publique : " Les salariés de Radio France sont sonnés. Les résultats d'audience sont excellents et on leur demande encore des charges supplémentaires. Ils sont épuisés physiquement et moralement. Il doivent passer à sept pour faire le boulot qu'ils accomplissaient à douze. "


"FIP Strasbourg fait émerger la culture locale"

Agnès Sternjacob regrette : "FIP Strasbourg est le pendant de France Culture car il fait émerger la culture locale. Nous faisons entre 900 et 1.000 annonces culturelles par mois, nous offrons en moyenne 400 places de spectacle chaque mois, nous permettons de créer du lien social et de promouvoir l'économie culturelle locale. Nos auditeurs se sont des gens qui sortent, qui sont ouverts à ce qui se passe dans la cité." Agnès Sternjacob compte sur le soutien d'élus locaux qui sont attentifs à ce "déni de la culture locale que constitue la suppression de FIP Strasbourg".

De son côté, Bérénice Ravache, directrice de Fip reconnaît qu'il est "difficile de trouver un équilibre entre ambition éditoriale, ambition stratégique, enjeu économique et enjeu humain. Dans un contexte économique global radio France a dû faire des choix. Il y aura des suppressions de postes mais ça n’enlève rien aux ambitions que l’on a pour la chaîne." 

La directrice précise également, qu'un poste de délégué musical sera créé à Strasbourg et proposé en priorité aux animatrices. "Nous continuerons à garder le lien social que créé la radio avec le monde culturel local," assure-t-elle encore.

 

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