REPLAY - Concert de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg: Messiaen, Ravel et Strauss

Cet été, France 3 Grand Est vous propose spectacles et concerts pour pallier aux festivals reportés ou annulés en raison de la crise sanitaire. C'est avec un concert de musique classique donné par l'Orchestre Phiharmonique de Strasbourg  que l'on poursuit. À voir en replay.

Concert donné au palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg
Concert donné au palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg © Ozango
Du classique sur France 3 Grand Est en replay. Avec un concert donné par l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg au Palais de la Musique et des Congrès. Sous la direction du chef Marko Letonja, l'orchestre interprète trois oeuvres majeures du répertoire contemporain.
  1. L'Ascension, quatre méditations symphoniques d'Olivier Messiaen, composée entre 1932 et 1933
  2. Le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel composé entre 1929 et 1931 - interprété par le pianiste Pierre-Laurent Aimard
  3. Ainsi parlait Zarathoustra, opus 30 de Richard Strauss, composé en 1896
Près d'une heure trente de musique accessible à tous, amateurs ou non du genre. 

Olivier Messiaen : l'Ascension, quatre méditations symphoniques 

Des trois oeuvres jouées lors de ce concert, c'est peut-être la moins célèbre. Difficile d'évoquer une oeuvre classique sans avoir l'air de ressortir les lignes d'un célèbre dictionnaire en ligne. Les quatre mouvements de cette oeuvre de musique sacrée illustrent les textes des Évangiles qui correspondent à cet épisode de la vie du Christ, pour les croyants. Le premier mouvement portant le titre - un tantinet pompeux, avouons-le - de "Majesté du Christ demandant la gloire à son père" n'est interprété que par les cuivres étincelants. La mélodie y est à la fois planante et solennelle.

Le deuxième mouvement "Alléluias sereins d'une âme qui désire le ciel" est joué par les vents, bientôt rejoints par les cordes. La mélodie s'apparente à un chant léger et s'achève dans une envolée réjouissante. Vient ensuite "Alléluia sur la trompette, alléluia sur la cymbale" où tout l'orchestre semble pris d'un sentiment très fort qui fait battre son coeur. Les cymbales font boum boum et les cordes viennent appuyer et enfler l'émotion.

Enfin le dernier mouvement "Prière du Christ montant vers son père" joué par les seules cordes est empreint de douceur et de plénitude avec un final qui reste comme suspendu. Une trentaine de minutes au coeur de l'oeuvre d'un jeune homme qui n'avait pourtant que 24 ans lorsqu'il l'a composée.

Maurice Ravel : Concerto pour la main gauche

Est-il encore besoin de raconter l'histoire de concerto qui tient dans son titre ? Ravel reçu une commande de son - alors - ami pianiste Paul Wittgenstein. Le musicien avait perdu son bras droit sur le front russe pendant la Première Guerre mondiale. Ne voulant pas abandonner son art, il fit composer par plusieurs compositeurs de l'époque des oeuvres entièrement destinées à la main gauche. Le concerto pour la main gauche de Ravel est la plus célèbre de ces oeuvres, mais Strauss et Prokofiev furent également mis à contribution pour l'artiste interprète virtuose.

L'oeuvre attaque tout en puissance avec l'orchestre au complet qui installe une ambiance tragique et annonce l'arrivée du piano. L'entrée en scène de la main gauche est époustouflante de vélocité, de virtuosité et d'expressivité. Les mouvements s'enchainent alternant période de calme où la main s'apaise et où l'orchestre semble vouloir l'entourer pour enchaîner dans une sorte de marche trépidante, rythmée par les percussions et accompagnée des cuivres et des cordes. Avec un final en apothéose interprété par le soliste français Pierre-Laurent Aimard. 
Pierre-Laurent Aimard interprète le Concerto pour la main gauche de ravel
Pierre-Laurent Aimard interprète le Concerto pour la main gauche de ravel © Ozango
 

Richard Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra

Qui ne connait pas la célèbre ouverture reprise dans le film de Stanley Kubrick 2001, l'odyssée de l'espace ? Cette entrée en matière fracassante ne peut désormais plus être dissociée de l'oeuvre cinématographique du maître; elle a pourtant été composée en 1896 par Richard Strauss (qui n'a absolument rien à voir avec Johann, célèbre pour ses valse). Après la fameuse ouverture toute en fanfare et crescendo qui illustre le lever du soleil, l'oeuvre alterne les envolées lyriques typiques - bien plus tard - des musiques de films avec cordes et cuivres à gogo et des moment plus doux aux oreilles qui ramènent un peu de douceur dans ce monde brutal.

Que raconte cette oeuvre? Elle s'inspire librement de l'oeuvre éponyme de Nietzsche qui relate une histoire de l'humanité et fait apparaître la nation de "surhomme". Nieztsche s'étant lui-même inspiré d'écrits anciens racontant l'histoire d'un personnage réel ou mythologique - les avis des spécialistes divergent - nommé Zarathoustra, poète et prophète à la fois, inventeur d'une religion monothéiste qui se voulait plus humaine, à une époque où les religions pratiquaient encore les sacrifices d'animaux. Tout un programme.
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