VOIR ou REVOIR - "Aujourd'hui, c'est une journée de deuil": R. Ries, le maire de Strasbourg dans notre émission spéciale

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Écrit par Cécile Poure
© Christoph Schmidt / MaxPPP

Nos équipes ont été mobilisées toute la nuit pour couvrir au plus près la fusillade qui a eu lieu hier, mardi 11 décembre, dans le centre-ville de Strasbourg. Tous les reportages et réactions de nos invités sont à retrouver dans notre émission spéciale. Résumé ici.

France 3 Grand Est était en direct ce mercredi 12 décembre pour une émission spéciale Attaque à Strasbourg. Nos équipes ont été mobilisées toute la nuit et le sont bien évidemment encore. Reportages, rappel des faits. Sur le plateau, les visages sont graves. Évidemment. Roland Ries donne le ton de cette journée si particulière "Aujourd'hui, c'est une journée de deuil." 
 

"Aujourd'hui c'est une journée de deuil"

Alain Fontanel, premier adjoint de Strasbourg, l'avait déjà évoqué dès l'aube :  " Strasbourg se réveille avec un goût de sang dans la bouche". Le bilan, provisoire, parle de lui-même : trois morts, 13 blessés dont 8 graves. Strasbourg en deuil mais pas seulement : la France et l'Europe aussi. Tous les drapeaux de la ville sont en berne. Ceux des institutions européennes, ceux des institutions étatiques aussi. Une ville sonnée, une ville déserte, une ville morte. Toutes les animations ont été annulées, tous les équipements culturels et sportifs fermés, tout comme le marché de Noël.
 

Aujourd'hui, je dois rassurer les Strasbourgeois et partager leur souffrance


"Aujourd'hui, une épée de Damocles pèse sur tous les Strasbourgeois, cela pèse sur leur vie quotidienne . Et continuera à peser aussi longtemps que l'individu ne sera pas appréhendé." Roland Ries rajoute : " Aujourd'hui, je dois rassurer les Strasbourgeois et partager leur souffrance." 
 

"Il faut mépriser ces gens, pas en faire des stars"

Mireille Oster, commerçante emblématique du marché de Noël, s'énerve : " Moi, je suis en colère. Je tiens à rappeler que, contrairement à ce que les médias laissent entendre, aucun des 10 sites du marché n'a été visé. Ce n'est pas parce qu'un individu, fâché que son domicile soit perquisitionné, décide de tirer sur les gens, qu'on doit fermer le marché de Noël. Non, je ne suis pas d'accord. C'est donné trop d'importance à cet individu. Il faut mépriser ces gens, surtout pas en faire des stars. "

Ce n'est pas parce qu'un individu, fâché que son domicile soit perquisitionné, décide de tirer sur les gens, qu'on doit fermer le marché de Noël

Roland Ries à ses côtés tente de justifier cette fermeture provisoire pas tant pour des raisons de sécurité que pour instaurer "une journée de recueillement". " J'ai souhaité qu'aujourd'hui, le marché soit fermé parce qu'il me semble normal que cette journée soit celle du rassemblement."  Robert Hermann, président de l'Eurométropole et adjoint de la ville de Strasbourg, ne dit pas autre chose : " Nous recevons énormément de messages de solidarité de toute la France, de nos collègues. Nous suivons tous ensemble l'actualité en espérant que puisse prendre fin cette cavale."
 

Pas de polémique aujourd'hui, pas d'amalgame non plus 

Interpellé sur les mesures de sécurité autour du marché de Noël et ses failles possibles, Roland Ries temporise : " Nous savons depuis longtemps que le marché de Noël, vieux de 450 ans, à bases chrétiennes et attirant près de deux millions de visiteurs est une cible idéale. Sans compter que Strasbourg est la capitale de l'Europe. Tous les ingrédients sont réunis pour que ce soit intéressant. Nous avons sécurisé le marché de Noël à partir de 2000 et l'attentat arrêté au tout dernier moment. Nous en avons fait une bulle. Moi j'ai le souvenir que quand on a mis en place le dispositif même cette année on nous a dit : c'est trop. Aujourd'hui, on me dit c'est pas assez."  Et de poursuivre : "Il faudra faire le bilan de tout ça c'est sûr mais pas aujourd'hui, pas de polémique"
 

Il faut rester prudent et ne pas tomber dans l'islamisation post attentat, l'islamisation de la radicalité
 

Les invités restent également prudents quant à la "tentation islamiste" post attentat. Gérald Arboit, directeur de recherches au Centre français de recherche sur le renseignement explique: "Il faut rester prudent et ne pas tomber dans l'islamisation post attentat, l'islamisation de la radicalité. Il était certes fiché S depuis 2016, mais son frère, lui, a des tendances islamistes plus affirmées et il était déjà fiché S. C'était déjà un point pour qu'il soit fiché S aussi. On n'a des raisons objectives de l'avoir fiché S.  Cela ne veut pas absolument rien dire. Ca veut dire simplement que son profil était porté à l'attention des forces de police et de justice et absolument pas qu'il soit coupable de quoique ce soit dans les questions de sûreté de l'Etat. Par contre, il a un passif de droit commun très lourd. ". Le tireur de 29 ans est en effet « un homme très défavorablement connu pour des faits de droit commun pour lesquels il a fait l'objet de condamnations en France et en Allemagne et pour lesquels il a purgé ses peines », a indiqué le Premier ministre Christophe Castaner cette nuit. 

Je rappelle que la vie est sacrée
 

Messaoud Boumaza, recteur de l'institut culturel El Andalous de Schiltigheim,  insiste lui aussi sur l'importance de calmer les esprits :" En dehors de la qualification terroriste ou pas, il s'agit d'un meurtrier. Je rappelle que la vie est sacrée, nous n'avons pas le droit de tuer des personnes qui sont là pour profiter de ces fêtes de fin d'année. Il faut à tout prix éviter les amalgames. La classe politique, à quelques exceptions près, a pris ses responsabilités et a tout fait pour les éviter et coller une étiquette religieuse ou islamiste à cet acte et je l'en remercie." 
 

"La fête des lumières ne doit pas être la fête des illuminés"

Le message est aussi unanime que clair. Demain, la vie continue. " La vie doit reprendre demain. RÉSISTANCE." a affirmé le maire de Strasbourg. Et Mireille Oster de conclure : " Venez à Strasbourg. Continuez. La fête des lumières ne doit pas être celle des illuminés.

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