Stationnement à Strasbourg : "C'est une chasse à la voiture", après un premier recours pour excès de pouvoir, l'opposition demande un référendum

Depuis l'entrée en vigueur des nouvelles tarifications en centre-ville de Strasbourg, l'opposition municipale est vent debout. Après avoir déposé un recours pour excès de pouvoir, le groupe d'élus présidé par Catherine Trautmann demande un référendum local.

Les nouvelles règles de stationnement à Strasbourg sont entrées en vigueur le 3 avril 2023. Extension des zones payantes, hausse significative des tarifs, alignement sur le revenu fiscal : tous ces changements font grincer des dents.

Le 17 mai 2023, le groupe d'élus "Faire ensemble Strasbourg" présidé par Catherine Trautmann, déposait un recours pour excès de pouvoir devant le Tribunal Administratif de Strasbourg en vue de l'annulation de cette délibération.

Ce jeudi 26 mai 2023, Catherine Trautmann demande un référendum local. Elle s'en explique.

Pourquoi demander un référendum ?

"Nous souhaitons qu'il y ait un référendum  local pour demander l'avis des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises sur, d'une part les zones de stationnement payant qui sont étendues, et d'autres part sur la tarification. On ne peut pas parler de tarification solidaire dans la mesure où le tarif résident précédent était à 15 euros".

"Nous pensons qu'une autre réforme de stationnement possible et nous voulons qu'il y ait ce débat. S'il y a un référendum local qui s'adresse aux électeurs de la commune de Strasbourg, ça permet de poser une question. C'est à la maire de l'enclencher et c'est la raison pour laquelle, nous allons déposer une résolution au prochain conseil municipal pour qu'il y ait un vote du conseil sur le principe d'un référendum local".

"Le débat n'a pas eu lieu : les dispositifs n'ont pas été annoncés, ni dans la campagne électorale, ni préalablement dans ce que nous avions demandé, c'est-à-dire une grande conférence bilan sur le transport public, le stationnement, le plan vélo, le plan piéton, les tarifs".

"Aujourd'hui, on a augmenté les tarifs de la CTS, on augmente les tarifs du stationnement en ouvrage et le stationnement payant. Les gens me disent : "On nous enferme dans des augmentations". Ils perçoivent cela comme une agression, comme une sanction. C'est une chasse à la voiture. L'impact social et économique n'est pas pris en compte". 

Quelles propositions alternatives?

"Si on regarde la situation à Nantes, ils sont restés avec le stationnement référent à 15 euros et ils sont descendus en-dessous; c'est à dire que le stationnement solidaire, il est à 1,50 € par mois. 

Ici le stationnement qui se dit "solidaire" démarre à 15 euros par mois. Quand on pense à quelqu'un qui gagne le SMIC ou quand on pense à quelqu'un qui gagne un peu plus de 14.000 euros de revenus par an, celui qui gagne 14.000 euros va payer 480 euros par an de de charge de tarification, on ne peut pas qualifier cela de solidaire.

J'ajoute que les artisans, les commerçants, les services à la personne, les médecins, les services de santé sont vraiment en difficulté. Un certain nombre de Strasbourgeois décident de déménager, d'autres ont prévenu leur président de Chambre des métiers qu'ils ne viendraient plus travailler à Strasbourg".

Un référendum, à quelles conditions?

"Il faut qu'un peu plus que 50% des électeurs se déplacent pour voter. Ensuite, il faut qu'une majorité se soit prononcée, dans ce cas-là, le référendum est décisionnel, c'est-à-dire que le résultat est obligatoirement transcrit dans la réalité. Il est mis en application.

S'il y a une majorité mais qu'il n'y a pas le nombre d'électeurs, à ce moment-là, le référendum est considéré comme un avis donné par la population".