Strasbourg - Confinement : "Une œuvre à la maison", de quoi patienter jusqu’à l’ouverture des musées et des galeries

A Strasbourg, la galerie d’art Bertrand Gillig propose aux particuliers d’accrocher chez eux l’oeuvre d’une de ses artistes en attendant la sortie du confinement. Cette offre s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale "Une œuvre à la maison".

La Galerie Bertrand Gillig propose d'accrocher chez vous cette oeuvre d'Ayline Olukman intitulée "Grenade".
La Galerie Bertrand Gillig propose d'accrocher chez vous cette oeuvre d'Ayline Olukman intitulée "Grenade". © Dezarts

Né dans l’esprit d’un artiste peintre parisien, Olivier Masmonteil, l’opération " Une œuvre à la maison " offre la possibilité aux particuliers d’accrocher une œuvre d’art chez eux pour deux mois maximum en attendant la fin du confinement et la réouverture des lieux culturels.

Des artistes en constante adaptation

Depuis son atelier à St Ouen, en Seine-Saint-Denis, Olivier Masmonteil raconte : " Chaque confinement a été source d’une nouvelle idée. Au premier, on a eu l’idée de créer un petit journal pour parler des expos qui auraient dû se tenir. Il existe toujours aujourd’hui Traversée, c’est son nom, qui est mis en ligne tous les mois ". Pour le second confinement, à l’approche de Noël, il a eu l’idée de "l’Atelier en boîte", des box dédiées à l’art en guise de cadeaux de fin d’année.

Et puis arrive la troisième vague et avec elle le troisième confinement : " Cela fait un an que les Français n’ont pas eu accès à l’art en direct. Alors j’ai voulu transformer la France en artothèque géante en proposant aux artistes, aux galeries et même aux musées de prêter une œuvre pendant deux mois maximum à des particuliers qui en feraient la demande ".

Depuis le lancement du projet il y a une semaine via instagram @uneoeuvrealamaison, les demandes affluent, tant du côté des artistes que des particuliers.

LBONNEL, Foule 11 silhouettes, 2018. Bronze, 31 x 27 x 45 cm. Exemplaire unique. Œuvre réalisée par la fonderie Fusions. ©Tous droits réservés.
LBONNEL, Foule 11 silhouettes, 2018. Bronze, 31 x 27 x 45 cm. Exemplaire unique. Œuvre réalisée par la fonderie Fusions. ©Tous droits réservés. © Dezarts

Une attribution au coup de cœur et dans un rayon de 10 km

Pour avoir la chance d’accrocher une des œuvres proposées dans son salon, deux conditions : habiter dans un rayon inférieur à 10 kilomètres de la localisation des œuvres proposées et envoyer un petit mot de motivation.

Olivier Masmonteil raconte avoir accroché sa première œuvre il y a quelques jours dans le 18e arrondissement de Paris : " C’est un jeune couple qui venait d’emménager. Ils disaient n’avoir chez eux, qu’un lit et un canapé et qu’ils avaient besoin d’une fenêtre sur l’horizon. Ils m'ont touché. J’étais ravi d’installer chez eux ma toile avec cette ligne d’horizon verte ".

Olivier Masmonteil, Paysage, 2019. Huile sur toile, 38 x 46 cm. ©Tous droits réservés.
Olivier Masmonteil, Paysage, 2019. Huile sur toile, 38 x 46 cm. ©Tous droits réservés. © Dezarts

Pour mener à bien son projet, Olivier Masmonteil s’appuie sur un partenariat avec Appia Art & Assurances qui prend en charge l’assurance tous risques du dépôt des œuvres. A ce titre, la société a posé trois conditions : l’œuvre ne doit pas dépasser 10.000 euros en valeur d’assurance, elle ne doit pas être fragile et l’artiste ou le galeriste doivent venir l’accrocher en personne, histoire d’être sûr que la toile ne se retrouve pas accrochée au-dessus d’une gazinière ou dans une salle de bain.

La galerie Bertrand Gillig joue le jeu pour l’Alsace

A Strasbourg, la galerie d’art contemporain Bertrand Gillig participe à l’opération. Bertrand Gillig a choisi de mettre en avant une artiste avec laquelle il travaille depuis 18 ans, Ayline Olukman. Cette jeune quadragénaire réalise des peintures à partir de photos qu’elle a prises, imprimées en noir et blanc avant de les reprendre avec ses pinceaux. Elle fait aussi beaucoup de photos de nature morte ; c’est d’ailleurs une d’entre elles qui est proposée en prêt.

S’il participe à cette opération " Une œuvre à la maison ", c’est avant tout " pour le symbole ", explique Bertrand Gillig. Pour le Strasbourgeois, " c’est une façon d’être civique et de montrer qu’on est toujours là ".

Sa galerie est fermée depuis le début du troisième confinement mais il reçoit sur rendez-vous pour du click and collect. Au fil des derniers mois, il a su, lui-aussi, s’adapter en mettant en place un site internet de vente en ligne et propose des expositions en 3D virtuel. Son chiffre d’affaires a reculé de 25% l’an passé mais il ne perd pas de vue sa ligne d’horizon : l’exposition conjointe de Patrick Cornillet et Patrick Bastardoz prévue à partir de la mi-mai. Deux Patrick, sinon rien.

De son côté, Olivier Masmonteil espère pouvoir organiser un grand happening au moment du déconfinement en demandant à tous ceux qui auront hébergé une œuvre de venir la raccrocher tous en même temps dans les galeries et les musées.

Marie Raynaud, Imagine, 2020. Huile sur toile, 40 x 80 cm. ©Tous droits réservés.
Marie Raynaud, Imagine, 2020. Huile sur toile, 40 x 80 cm. ©Tous droits réservés. © Dezarts

 

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