• MÉTÉO
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS

Strasbourg : une issue dans la guerre qui oppose la clinique Rhéna et la clinique de l'Orangerie ?

Bloc opératoire de chirurgie cardiaque (photo d'illustration). / © Luc Nobout/MaxPPP
Bloc opératoire de chirurgie cardiaque (photo d'illustration). / © Luc Nobout/MaxPPP

Depuis 2017 à Strasbourg, la clinique Rhéna et la clinique de l’Orangerie s'opposent devant les tribunaux. Les deux adversaires viennent de trouver un accord. Une direction commune est mise en place. Elsan, propriétaire de l'Orangerie, prendrait 30% de Rhéna. Retour sur deux ans de conflit.

Par Claire Peyrot

Ouverte en février 2017 et inaugurée en octobre de la même année dans le quartier du port-du-Rhin, la clinique Rhéna est née de la fusion de trois anciens établissements confessionnels de Strasbourg : la clinique Adassa, le Diaconat et la clinique Sainte-Odile. La naissance de ce nouvel outil flambant neuf représente une opportunité de taille pour les cardiologues de la clinique de l'Orangerie : depuis de nombreuses années, ils cherchent un moyen de développer leurs activités. Regroupés au sein du Gerc (Groupement d'explorations radiologiques et cardiovasculaires), ils veulent rejoindre Rhéna pour avoir des locaux plus vastes, mieux équipés.


Les cardiologues au coeur du conflit

La clinique de l’Orangerie a été rachetée fin 2015 par le très puissant groupe Elsan. Ce géant de la santé détient à ce jour 123 établissements, son actionnaire principal est un fonds de pension luxembourgeois. Quand Elsan découvre que les cardiologues s'apprêtent à partir, la direction dénonce le contrat qui permet à ces spécialistes d'exercer à l'Orangerie. L'enjeu est de taille: le Gerc représente 25% des patients de l'Orangerie, et 35% de son chiffre d'affaires.


Sauver Rhéna sans léser l'Orangerie

S'engage une bataille juridique sur tous les fronts. Financier d'abord : l'Orangerie/Elsan attaque d'abord le bail emphytéotique de Rhéna. Celle-ci se voit forcée de débourser 16 millions d'euros pour acquérir les terrains qu'elle devait louer à la ville à tarif préférentiel.
 


Le soutien de la Ville et de l'ARS

Nouvelle attaque contre la garantie d'emprunt consentie par la ville de Strasbourg à Rhéna. Le maire Roland Ries et l'Agence régionale de santé (qui avait décidé de verser 20 millions d'euros de subventions à Rhéna) prennent les devants en organisant des rencontres pour calmer le jeu. Les consultations s'enchaînent. Il faut trouver un terrain d'entente pour sauver Rhéna, sans léser l'Orangerie. Au total, dix-huit procédures judiciaires sont en cours en mars 2018
 
 
En décembre 2017, Rhéna perd une bataille. Et elle est de taille : le tribunal administratif de Strasbourg annule les autorisations d'exploitation de Rhéna et du GERC. En février 2018, c'est au tour de l'Orangerie de "reculer" : le TGI de Strasbourg lui ordonne de garder - à titre provisoire - ses cardiologues dans ses murs. Deux mois plus tard, nouveau rebondissement : le TGI de Strasbourg juge les contrats des cardiologues résiliés. Un mois plus tard, la cour d'appel de Colmar suspend la décision de l'Orangerie. La partie de ping-pong judiciaire continue jusqu'à l'automne 2018.


Obligation d'association

En novembre 2018, un communiqué laconique annonce la création d'une direction commune entre les deux établissements. Le groupe Elsan prendra 30% du capital de Rhéna. Au passage, le directeur général de Rhéna, Guillaume Lohr, est débarqué et remplacé.

Les cardiologues eux se disent prêts à déménager au mois de mai. Ils ont investi plus de 3 millions d’euros d’équipement pour leur nouveau bâtiment mais sont exclus des négociations et ne savent pas du tout avec quel personne et quels statuts ils fonctionneront. Surtout, ils continuent à être étouffés juridiquement, les contentieux engagés par le groupe Elsan à leur encontre sont toujours en cours.

La situation est telle qu'on peut se demander si ce n'est pas la première étape d'un rachat complet par Elsan et si Rhéna resterea un établissement à but non lucratif.

A lire aussi

Sur le même sujet

Interview du doyen de la faculté des sciences de Nancy

Les + Lus