Strasbourg : la ville cherche des volontaires pour traquer les voleurs de vélos

L'Eurométropole de Strasbourg, CADR 67 et le SIRAC s'allient dans la chasse aux voleurs de vélo avec un nouveau dispositif de traquage. Les vélos de 500 volontaires seront bientôt munis d'un capteur pour retrouver la trace des malfaiteurs.

Pour lutter contre le fléau du vol de vélo, la ville de Strasbourg lance l'opération "Vigivélo".
Pour lutter contre le fléau du vol de vélo, la ville de Strasbourg lance l'opération "Vigivélo". © Michel Houet / Maxppp
Strasbourg, première ville cyclable de France, mais aussi celle où les vols de vélos sont très nombreux. Pour lutter contre ce fléau, mais aussi ceux du recel et de la vente illicite, la ville lance l'opération "Vigivélo" en partenariat avec CADR 67 et le Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation (SIRAC). Le but est de dissuader les voleurs en installant un traqueur (non visible) sur le vélo des volontaires. 

Les chiffres de la Police nationale parlent d'eux-mêmes : 2.050 plaintes pour vols de vélos ont été déposées au cours de l'année 2017 sur l'Eurométropole. Ce chiffre ne reflète pourtant pas la réalité puisqu'on estime que 65,1% des propriétaires de vélo volé ne porteraient pas plainte. De quoi faire grimper le chiffre initial à 5.900 vélos volés par an.
  

500 volontaires

La phase de test de "Vigivélo" commence par la sélection de 500 volontaires (voir le tweet de la ville ci-dessous) qui seront retenus pour expérimenter le capteur et son application mobile. "Il doit y avoir déjà plus de 1.500 candidats, on aura de quoi faire", sourit Fabien Masson, directeur du CADR 67, une association de promotion du vélo qui sera en charge d'équiper les vélos. Pour lutter contre les vols, la structure a mis en place depuis plusieurs années le marquage "bicycode", gravé sur le cadre des vélos. "Ça fait des années qu'on pense à un nouveau système avec des puces et de la géolocalisation, mais ce n'est pas facile à mettre en place avec les règles, les normes et les problèmes de réseau", explique-t-il. 
 

Un traqueur invisible

Les porteurs du projet misent avant tout sur la dissuasion, comme l'indique le post Facebook de CADR 67 ci-dessous. L'idée est d'équiper certains vélos avec des "vrais traqueurs" et d'autres avec de "faux traqueurs. On ne saura pas où ils sont installés, certains seront des leurres", lance Fabien Masson. La technologie a été conçue par la société Anoloc, spécialisée dans les dispositifs de GPS à Schiltigheim. "C'est un petit GPS. Le but c'est de les généraliser et de les installer sur différents types de vélos, de les rendre indétectables, aussi bien sur des électriques que sur des classiques", indique le directeur Stéphane Bresson.
  

Une application mobile

En plus de l'installation du capteur, une application mobile, "Vigivélo", sera également disponible d'ici la fin de semaine. Elle servira uniquement pour signaler le vol d'un vélo et permettra ainsi d'activer le système du capteur. "Lors de la remise du vélo, le propriétaire disposera d'une carte scannée. Le traqueur est en mode veille mais passe en mode actif lorsque le vélo est volé. Les données sont collectées par le SIRAC seulement quand on signale le vol", précise Stéphane Bresson. Et pas de quoi s'inquiéter pour la batterie du mini GPS, le dispositif n'a pas besoin d'être chargé, il dispose d'une "autonomie de plusieurs années."

Si le pari est tenu, les volontaires pourront profiter des 700 km d'aménagements cyclables en toute sécurité cet été. L'opération devrait être lancée à la mi-juillet.
 
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