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A l'Université de Strasbourg, Lola continue le blocage: “nous demandons le retrait de la loi ORE”

Lola Romieux devant le Patio, bâtiment de l'Université de Strasbourg, le 16 avril 2018 / © V. Ballester
Lola Romieux devant le Patio, bâtiment de l'Université de Strasbourg, le 16 avril 2018 / © V. Ballester

Lola Romieux participe aux AG et aux différents blocages de l'université strasbourgeoise depuis le début. Elle explique pourquoi les membres du syndicat étudiant UNI ont été interdits de vote lors des AG, elle fait le point sur leurs revendications et sur ses propres aspirations .

Par Florence Grandon

Ils s'appellent l'assemblée générale des étudiant.e.s en lutte, c'est le nom des étudiants strasbourgeois qui se réunissent depuis maintenant plusieurs semaines pour discuter de la réforme de l'Université et de la sélection à l'entrée. Puis ils ont décidé ensemble, toujours après un vote à main levée, de bloquer le Palais universitaire, puis le Patio sur le campus. Une manière de se faire entendre plus haut et plus loin, pour rejoindre aussi les luttes des autres étudiants dans d'autre universités (Toulouse, Nantes, Montpellier, la Sorbonne, Tolbiac, Nanterre...).

Lola en est membre. Pas de hiérarchie, pas de commandement. Pas non plus de porte-parole. Enfin pas officiellement. Parce que ceux qui parlent bien, ceux qui font l'ordre du jour et arrivent les premiers avec les porte-voix et les banderoles ont fini par s'organiser.

Ce lundi 16 avril, Lola prend la parole pendant l'AG, devant le Patio, d'un ton déterminé. 

La moitié des gens qui sont présentes, sont là seulement depuis lundi parce qu'ils avaient vu le blocage et qu'ils s'étaient rendus compte à ce moment-là que les lois étaient en cours et qu'elles allaient leur niquer leur avenir. Donc si on bloque, c'est parce que c'est le seul moyen pour qu'on nous entende, et pour que les gens nous voient.

A 20 ans, Lola Romieux termine sa deuxième année d'histoire à l'Université de Strasbourg. Elle travaille en parallèle de ses études et elle est aussi membre du Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin. Très impliquée dans le mouvement des étudiants, elle avoue mettre en danger son semestre. Elle voudrait faire un master recherche, alors si elle redouble une année de licence, elle risque de ne pas pouvoir le faire. Mais pour elle, cet enjeu vaut le coup :

Je ne serai pas la première concernée par les réformes, mais je défends le principe d’une université libre et accessible à tous.​

Lola Romieux devant le Patio, bâtiment de l'Université de Strasbourg, le 16 avril 2018 / © V. Ballester
Lola Romieux devant le Patio, bâtiment de l'Université de Strasbourg, le 16 avril 2018 / © V. Ballester



Pourquoi les membres de l'UNI (syndicat étudiant) ont été exclus de l'AG la semaine dernière? Et pourquoi leur avez-vous interdit de voter ou prendre la parole lors de l'AG d'aujourd'hui?

"Ce n'est pas une assemblée générale de tous les étudiants de l'université. Seulement des ceux qui sont en lutte. Certains sont contre le blocage et peuvent d'ailleurs s'exprimer et voter dans les AG. Mais les membres de l'UNI sont en contradiction totale avec tous les arguments, donc pourquoi leur permettre de "bordéliser les AG" ? Ils sont clairement perturbateurs."

"Régulièrement, lors des AG, ils ont hué des étudiants qui prenaient la parole ou crié "ta gueule", ils ont eu entre eux des propos sexistes, en disant par exemple que certaines femmes étaient hystériques. L'UNI est pour la loi ORE, elle a participé aussi à la manif pour tous et elle est pour la loi Asile et Immigration, alors que nous venons de voter contre. Ils n'ont rien à faire dans les AG en lutte. En plus, ils ont participé au déblocage mardi soir, alors que la majorité avait voté pour juste avant. Mercredi ils étaient présents et nombreux, ils ont réussi à obtenir par le vote la fin du blocage jeudi et vendredi, et tout le monde l'a respecté. Ca ne peut pas continuer."


Certains dénoncent le blocage de l'université par une minorité, pourquoi ne pas organiser un vote électronique aux AG, pour permettre au plus grand nombre de voter?

"Personnellement, je suis contre. Il n'y a pas de position de l’AG sur ce sujet. De toutes façons, nous n'avons pas les moyens de le mettre en place, il faut que la présidence de l’université l'organise. Mais qui nous dit que le vote serait transparent ? Le mieux c’est le vote à main à levée lors des AG. Tous ceux qui respectent l'AG et le temps de parole des uns et des autres peuvent y venir."


Quelles sont vos revendications aujourd'hui?

"Nous demandons le retrait de la loi ORE. Nous sommes contre la fin de l'arrêté licence (qui oblige toutes les facultés à proposer des rattrapages et une compensation entre les deux semestres). A l'avenir, chaque université pourrait décider de ne plus faire de rattrapage ou/et de compensation pour ses étudiants. Nous sommes contre la loi Asile et Immigration, ça été voté aujourd’hui lors de l'AG, comme la fermeture de l'Arcadia parce que nous sommes contre les idées d’extrêmes-droite."

"Nous avons aussi voté en AG aujourd'hui la fin des grandes écoles et le refus de la sélection à l’université. Nous soutenons aussi la ZAD de ND des Landes. Nous rejoignons aussi les revendications de la fonction publique et des cheminots. Et enfin, c'est important pour nous que la franchise universitaire soit respectée : il faut que la police ne puisse pas entrer dans les facs."

"Notre mouvement prend de l'ampleur à chaque AG, maintenant nous souhaitons une banalisation des examens : c'est-à-dire soit un semestre blanc (tout le monde obtient son semestre) ou alors il faut prévoir les examens plus tard. Nous souhaiterions que le président de l'université vienne à l'une des AG pour nous parler à tous. C'est pour ça que nous n'avons par répondu à son offre de rencontrer une délégation. Nous voulons lui poser des questions, et notamment savoir ce qu'il compte faire à Strasbourg à la rentrée prochaine : au niveau de l'arrêté licence et de la sélection des lycéens. Il pourrait aussi prendre position sur l'une ou l'autre de nos revendications. La fac de sciences historiques vient d'annoncer qu'elle ne selectionnera pas les lycéens."


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