Burnhaupt-le-Bas: troisième dépôt de pneus sauvage en moins d'un an, le maire veut renforcer les sanctions

Une soixantaine de pneus en avril dernier, environ 140 en août, et à nouveau une centaine de pneus retrouvés ce lundi / © Alain Grieneisen
Une soixantaine de pneus en avril dernier, environ 140 en août, et à nouveau une centaine de pneus retrouvés ce lundi / © Alain Grieneisen

Une centaine de pneus usagés ont été retrouvés ce lundi 17 février dans la forêt de Burnhaupt-le-Bas dans le Sundgau. C’est le troisième dépôt sauvage en mois d’un an sur le ban communal. Excédé, le maire déposera plainte et veut réunir les acteurs de la forêt pour trouver des solutions.

Par Loïc Schaeffer

Jamais deux sans trois, le célèbre adage a malheureusement prouvé ce lundi qu'il n'était pas qu'un vieux poncif. Un nouveau dépôt illégal d’une centaine de pneus a été constaté ce lundi dans la forêt de Burnhaupt-le-Bas (Haut-Rhin), non loin de la D325, par une poignée de chasseurs. C’est le troisième après avril et août derniers, lorsqu’environ 60 et 140 avaient été respectivement retrouvés dans le même secteur.
 

"Ça commence à bien faire, confie excédé Alain Grieneisen, le maire (SE) de la commune sundgauvienne. Dimanche, je me suis promené précisément par ici avec mes enfants et un jour plus tard, on voit ça. C’est vraiment triste."

Un faisceau d'indices à exploiter

A la tristesse viennent s’ajouter une certaine impuissance et de la frustration, puisque même si l’édile a prévu de déposer plainte ce mardi en gendarmerie, les coupables sont très difficilement identifiables. Car comment quadriller en permanence cette zone boisée, au sud-ouest du village, de près de 200 hectares ?

On ne va quand même pas installer des caméras le long des routes et des chemins?
- Alain Grieneisen, maire de Burnhaupt-le-Bas

"Et puis, ça a lieu la nuit, on ne va pas quand même pas installer des caméras de surveillance le long des routes et des chemins ?" ironise Alain Grieneisen, qui aimerait pourtant que ces dépôts sauvages cessent.

En août dernier, l’opération d’évacuation des pneus avait monopolisé trois agents pendant une journée entière. "Et encore, nous avions réussi à trouver un professionnel qui nous les avait repris gratuitement, glisse l’élu. Franchement, on a mieux à faire."
L’enquête, elle, ne fait que démarrer. Mais déjà des convergences sont à relever avec les dépôts précédents. "Sur la rainure, les pneus portent les inscriptions V et H, sans doute pour ‘Vorne’ et ‘Hinten’. Ça laisse penser que ça vient d’Allemagne."
 
Le dépôt serait l'oeuvre d'un professionnel allemand. / © Alain Grieneisen. Document remis.
Le dépôt serait l'oeuvre d'un professionnel allemand. / © Alain Grieneisen. Document remis.

D’un garage allemand sans doute, parce que difficile d’imaginer qu’il s’agisse d’un particulier vu la taille de la montagne de caoutchouc. "Sans doute quelqu’un qui bosse hors filière…", ajoute le maire de Burnhaupt-le-Bas.

Réunir les acteurs de la forêt

Cela réduit le casting des responsables potentiels, en attendant cependant que faire? Alain Grieneisen souhaite dans un premier temps organiser une table ronde avec tous les acteurs de la forêt, "l’ONF, les chasseurs, les entreprises qui exploitent le bois et le sous-préfet."

L’autre levier consiste à interpeller les parlementaires. "Il faudrait mettre en place des sanctions exemplaires. Ces gars-là, il faut les assommer", estime l’élu. La force de dissuasion des amendes prévues actuellement par la loi demeure en effet très faible: 1.500 euros pour un dépôt de pneus, 3.000 euros en cas de récidive.

Car "au-delà des faits", conclut le maire de Burnhaupt-le-Bas, c’est bien "de pollution, d’environnement et d’écologie" dont il est question.

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