Haute-Marne : 15 routes repasseront bien à 90 km/h dès le 9 janvier

Le 9 janvier prochain, les panneaux "90" seront de retour en Haute-Marne. Le président du Département, Nicolas Lacroix, est le premier à s'être positionné pour l'assouplissement de la mesure des 80 km/h. 476 kilomètres, 15 axes sont concernés par cette augmentation de vitesse.

La Haute-Marne repassera certaines routes du département à 90 km/h au lieu de 80, à partir du 9 janvier 2020.
La Haute-Marne repassera certaines routes du département à 90 km/h au lieu de 80, à partir du 9 janvier 2020. © Hervé Kielwasser/ MaxPPP
"Le 9 janvier prochain, j'irai moi-même poser des panneaux "90"", Nicolas Lacroix, le président (LR) du conseil départemental de la Haute-Marne, s'est toujours battu contre l'abaissement de la limitation à 80 km/h sur certains axes. Il était l'un des premiers à vouloir faire marche arrière. Depuis le 26 décembre dernier, c'est possible. La loi d'orientation des mobilités a été publiée au Journal officiel.

La commission départementale de sécurité routière donnera son avis le 8 janvier 


En Haute-Marne, 476 kilomètres sont concernés par ce retour aux 90 km/h sur les 3700 que compte le réseau départemental. 476 km, 15 routes, pour commencer, et peut-être 500 de plus d'ici à cet été. La loi a été promulguée sans décret d'application, c'est-à-dire qu'elle est applicable de suite. Reste une seule étape obligatoire : obtenir l'avis de la commission départementale de sécurité routière. "Nous avons rendez-vous le 8 janvier en préfecture avec des experts nationaux mais quelle que soit la position de la commission (favorable ou non), il s'agit juste d'un avis consultatif, le 9 janvier, certaines routes départementales repasseront bien à 90 km/h" se félicite Nicolas Lacroix. 

C'est une façon pour le gouvernement de vous mettre une pression supplémentaire sur vos épaules, en cas d'accident, vous êtes responsable, mais je suis déjà responsable
-Nicolas Lacroix, président du conseil départemental de Haute-Marne.


"Je reste fidèle à mes engagements (...) Depuis mai, le conseil départemental de Haute-Marne est favorable au retour des 90 km/h. Ce qui a été voté n'a pas évolué, nous avions déjà tout anticipé, réalisé des études d'accidentologie, tronçon par tronçon." Le rapport du Conseil national de Sécurité routière a pu refroidir certains présidents mais comme le souligne Nicolas Lacroix  "il ne s'agit que de préconisations, de recommandations", "c'est une façon pour le gouvernement de vous mettre une pression supplémentaire sur vos épaules, en cas d'accident, vous êtes responsable, mais je suis déjà, tous les jours, responsable en tant que gestionnaire de la voiriele risque zéro n'existe pas." 

En Haute-Marne, la mobilité passe par la voiture
-Nicolas Lacroix, président du conseil départemental de Haute-Marne.
 

Pour Nicolas Lacroix, il n'y a jamais eu de concertation sur le sujet. Les départements n'ont pas eu leur mot à dire sur cette limitation de vitesse à 80 km/h. "La Haute-Marne a été très touchée par le mouvement des gilets jaunes, le passage aux 80 km/h a été très mal vécu. Le sujet revenait souvent sur les ronds-points, pendant les manifestations. Nous sommes un département rural, la mobilité passe quasiment à 100% par la voiture. Il y a peu de transports collectifs, hors zone urbaine ou péri-urbaine.

Le jour où l’on constatera que sur les routes où l’on a augmenté la vitesse, on a augmenté le nombre de morts, chacun devra aussi se regarder dans la glace
-Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur



Le 1er juillet 2018, l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires entrait en vigueur. Un an et demi après, les présidents départementaux peuvent revenir à 90 km/h, mais ils sont nombreux à freiner des quatre fers. Il faut dire que cet assouplissement ne plaît pas vraiment à certains membres du gouvernement. Christophe Castaner, notamment. Le lendemain de Noël, au micro de BFM TV, le ministre de l'Intérieur déclarait que "le jour où l’on constatera que sur les routes où l’on a augmenté la vitesse, on a augmenté le nombre de morts, chacun devra aussi se regarder dans la glace", de quoi stopper certains présidents. Mais pas, Nicolas Lacroix.
 
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